[03/12/2011] Tournay

Troyes avait été mon grand coup de coeur 2010 et j’avais super envie de découvrir la suite de ce grand jeu original et fin, en l’occurrence Tournay. Les auteurs y ont mis un peu
tout ce qu’ils n’avaient pas pu garder dans Troyes,  ce qui nous donne une curieuse sensation d’évoluer en terrain connu, encore renforcée par le look absolument identique des composants du jeu et des illustrations (superbes !). Là où Troyes m’avait séduit immédiatement, par son système de jeu rapide à appréhender malgré de multiples divisions à faire, Tournay m’a rapidement rebuté avec ses combos de cartes à outrance ! L’iconographie, moins évidente que dans son grand frère, est vraiment délicate à intégrer lors d’une première partie et, j’en conviens facilement, cela doit très largement s’estomper au fur et à mesure des parties. Cependant, cette première partie m’a tellement fait mal à la tête que je ne suis que pas complètement motivé à cette perspective…

 

TOURNAY :

 


On devine directement, à la boîte, que ce jeu est bel et bien la suite de Troyes des mêmes auteurs ! Cependant, celle-ci est moins épaisse et moins remplie, ne comportant pas de
plateau et pourvue d’un gros set de cartes, quelques jetons et de pions personnages (rouges = militaires, blancs = religieux et jaunes = civils). Au centre de la table, on commence
par étaler neuf piles de cartes, couleur par couleur et valeur par valeur, chacune comportant un crieur public mélangé en son sein…

Au-dessus de l’étalage de cartes figure une zone de réserve de personnages (3 de chaque couleur) et la file des événements à combattre collectivement. A chaque fois qu’un crieur
public est pioché, on ajoute une pièce d’un denier sur chaque carte événement et toute la file affecte tous les joueurs, autant de fois qu’il y a de pièces sur une carte. A noter
que, en vainquant un événement, on remporte sa carte (côté rempart) laquelle pourra être jouée plus tard pour éviter les effets d’une autre carte événement …

Chaque joueur dispose d’une place individuelle, sur laquelle il place debout deux personnages par couleur au départ (possiblité d’en recruter de nouveaux via des cartes de
bâtiments). Chacun démarre avec 6 deniers. Je suis premier joueur de la partie…

Première action facultative : poser une carte de ma main sur la table en en payant le coût (impossible car je n’en ai aucune pour le moment). Deuxième action obligatoire : utiliser
des personnages d’une couleur, en l’occurrence un personnage blanc de ma place que je couche à côté pour piocher deux cartes blanches dans la pile I blanche, en mettre une dans ma
main (l’hôpital) et reposer l’autre face visible sur la pile correspondante …

Chaque joueur dispose d’une aide de jeu hyper-fournie, écrite en tout-petit, que Julie est en train de consulter avec inquiétude (pour ne pas dire effroi !). En effet, les
pictogrammes qui figurent sur les cartes (les effets) sont assez difficiles à comprendre et lorsqu’il faut choisir une carte parmi deux, c’est loin d’être évident…

Un peu plus tard, je pose une carte jaune d’habitation, pour un coût de 1 denier, puis je pose un personnage jaune dessus pour l’activer. Contre 3 deniers, je peux ajouter un
personnage jaune debout sur ma place. Jugeant que je dois me développer rapidement, j’ai déjà mis dans ma main une carte analogue pour enrôler des personnages blancs…

Le premier crieur public est pioché par Julie, dans la pile II rouge, et elle interrompt son tour pour en appliquer les effets…

Elle commence par placer 1 denier sur chaque carte puis nous en subissons les effets : perte de deux fois 1 denier et blocage d’une carte jaune libre de son qiartier. Et bien…

Première récupération de mes personnages sur ma place, ce qui constitue la deuxième action de mon tour. A noter que parmi les actions possibles à son tour, on peut piocher une
carte, encaisser des deniers (1 pour 1 personnage), activer un bâtiment de son quartier, combattre un événement ou encore, donc, récupérer tous ses personnages sur sa place. Simple
à mémoriser, ça…

Petite vue générale alors que je récupère à nouveau tous mes personnages sur ma place. J’ai maintenant 2 rouges, 3 blancs et 4 jaunes, ce qui me donne de superbes possibilités que
Julie n’a pas. En contre-partie, elle a beaucoup plus étalé son quartier et ses bâtiments et personnages sont très forts. je m’interroge déjà sur mon développement choisi :
n’exagère-je pas ?

Je ne suis pas mécontent de cette petite combo : en activant mon hôpital, j’empoche normalement 4 deniers, mais comme j’ai un prêtre dans la même colonne, je peux refaire l’action,
ce qui me permet d’mepocher 8 deniers en tout ! Dommage que j’ai aussi mal placé mon évêque, lequel m’aurait permis, sans rien faire de plsu, s’il avait été aligné avec l’hôpital,
de relever tous mes personnages…

Julie a complété son quartier, a même commencé à recouvrir certaines cartes et ne va pas tarder à construire deux bâtiments de prestige. Je suis clairement en retard, surtout si
elle accélère le jeu (ce qui serait le plus logique pour elle)…

Mon quartier alors que je viens de récupérer à nouveau tous mes personnages (notez que j’ai augmenté encore mon total de jaunes et de blancs !)….

Hésitante, Julie a bien construit un premier bâtiment de prestige, mettra-t-elle le second dans son quartier (ce qui amènera presque à la fin de partie) ?

Le deuxième crieur public sort et les événements vont donc nous accabler (un peu moins quand même, car nous avons tous deux des cartes de rempart). Le vrai souci pour moi est que la
partie est sur le point de se terminer (plus qu’un crieur public et ce sera le cas)…

Aïe, aïe, aïe, le voici déjà ce fatidique troisième crieur public ! Heureusement que j’ai réussi à placer deux cartes de prestige dans mon quartier (la deuxième juste avant). Il
nous reste donc un tour chacun, puis une éventuelle pose ultime d’une carte dans notre quartier…

Convaincu que je suis très loin de Julie au score, je ne réfléchis qu’à peine à mon tour, optant pour la prise d’une carte de niveau II jaune, en plaçant un personnage jaune sur la
grange. A noter que, à cause des événements qui viennent de nous affecter, j’ai perdu 2 deniers, ce qui a abaissé mon total à 18 deniers. Comme j’ai un bâtiment de prestige qui me
rapportera 2PV pour 4 deniers, je couine un peu de ne plus être à 20 deniers. Je ne pense même pas que j’aurais pu défausser mon personnage jaune pour les reprendre à la banque…

La zone finale au centre de la table, une fois que la partie est entièrement terminée. Nous allons procéder au décompte des quartiers de chaque joueur et je ne me fais aucune
illusion, espérant simplement que ma petite boulette de 2PV perdue lors du dernier tour (car je n’ai pas pu bonifier mon quartier avec mon ultime carte jaune de niveau II piochée)
ne me fera pas couiner de trop…

Voici la zone de Julie une fois la partie achevée. Elle ne marque pas tant que ça sur les bâtiments de prestige qu’elle a construits, mais elle a tellement empilé de cartes que son
score devrait être éloquent…

Ma zone individuelle, comportant in-extremis deux bâtiments de prestige fort lucratifs pour votre serviteur et nettement moins pour Julie. Mais bon, je n’ai aucune carte empilée…
Verdict : hyper couinant pour moi, puisque, contre toute attente, j’échoue à 1 misérable point de ma dame, la faute à cette énormissime boulette du dernier tour qui m’aurait
finalement fait passer devant !!!
Bilan synthétique :

On a aimé
– Le look des composants et le plaisir d’avoir l’impression de jouer à la suite de Troyes,
– Les possibilités stratégiques du jeu, très nombreuses et renouvelées, nécessitant, j’en suis certain, plusieurs parties pour en savourer la substantifique moelle,
– Le système des remparts, que l’on obtient en combattant les cartes d’événements (un peu double-effet : on en élimine un, ce qui nous permettra d’en éviter un autre),
– Les règles additionnelles pour rendre le jeu encore plus riche (je n’en suis pas là).

 

On a moins aimé
– L’aspect hyper prise de tête du jeu, en tout cas en partie de découverte, avec une iconographie trop complexe à mon goût, le tout baigén de combos de la mort et d’enchaînements
alambiqués,
– Le faux côté petit jeu de Tournay : je le juge plus lourd que Troyes, moins intuitif et moins agréable.

 

Scores de la partie :

  

 

Bât. de prestige Autres bât. Remparts Total
Julie (orange) 4+4+4+2 16 2 32
Ludo le gars (vert) 5+8+10 7 1 31

 

 

Note du jeu (sur cette partie) : 15 / 20


Durée de la partie : 1 heure 45 minutes

 

 

 

 

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6 commentaires à propos de “[03/12/2011] Tournay”

  1. Hello,

    A la lecture du CR, je ne suis pas sûr que tu es bien joué le pretre…Tu aurais pu effectivement activer 2 fois ton hopital pour empocher 8 deniers mais en faisant 2 actions durant 2 tours
    distincts.

    Perso, et comme beaucoup, je partage ton avis sur l’iconographie : ce n’est pas trés intuitif et cela demande une 1ere partie d’apprentissage (quoique même aprés…). Par contre, plus lourd que
    Troyes, je suis étonné ! Je le trouve au contraire plus léger, plus fluide…La durée de votre partie me parait également importante ! M’enfin, si tu as l’occasion de retenter l’expérience, moi
    je le prefere à Troyes (dont je n’aime pas du tout le final).

  2. marrant de lire des réserves sur ce jeu partout ailleurs plébiscité. Comme quoi …

    les goûts et les couleurs. Cet avis me fait pensé à tout ceux qui n’apprécie pas Troyes qu’ils trouvent trop cérébral. A quoi, je répond que parfois, il m’arrive de jouer de façon plus
    dilletante, juste pour le plaisir,  sans forcément chercher à trop otpimiser parce qu’évidemment cela peut s’avérer prise de tête.

    En fait cela dépend souvent des adversaires. 

  3. Je découvre le jeu actuellement. Et depuis la rédaction de cet article, heureusement, des aides de jeux sont apparues pour décrire chaque carte (sur BGG par exemple). Ces aides permettent une
    levée de doute lors de la première partie qui rendent l’icônographie finalement très claire pour les parties suivantes.

    Je m’étonne aussi de la durée de votre partie. Le jeu semble bien étudier pour des parties d’1 heure maximum. Vous avez dû avoir vraiment peu de chances sur le tirage des crieurs.

     

     

  4. Hello,

    A la lecture du CR, je ne suis pas sûr que tu es bien joué le pretre…Tu aurais pu effectivement activer 2 fois ton hopital pour empocher 8 deniers mais en faisant 2 actions durant 2 tours
    distincts.

    Perso, et comme beaucoup, je partage ton avis sur l’iconographie : ce n’est pas trés intuitif et cela demande une 1ere partie d’apprentissage (quoique même aprés…). Par contre, plus lourd que
    Troyes, je suis étonné ! Je le trouve au contraire plus léger, plus fluide…La durée de votre partie me parait également importante ! M’enfin, si tu as l’occasion de retenter l’expérience, moi
    je le prefere à Troyes (dont je n’aime pas du tout le final).

  5. marrant de lire des réserves sur ce jeu partout ailleurs plébiscité. Comme quoi …

    les goûts et les couleurs. Cet avis me fait pensé à tout ceux qui n’apprécie pas Troyes qu’ils trouvent trop cérébral. A quoi, je répond que parfois, il m’arrive de jouer de façon plus
    dilletante, juste pour le plaisir,  sans forcément chercher à trop otpimiser parce qu’évidemment cela peut s’avérer prise de tête.

    En fait cela dépend souvent des adversaires. 

  6. Je découvre le jeu actuellement. Et depuis la rédaction de cet article, heureusement, des aides de jeux sont apparues pour décrire chaque carte (sur BGG par exemple). Ces aides permettent une
    levée de doute lors de la première partie qui rendent l’icônographie finalement très claire pour les parties suivantes.

    Je m’étonne aussi de la durée de votre partie. Le jeu semble bien étudier pour des parties d’1 heure maximum. Vous avez dû avoir vraiment peu de chances sur le tirage des crieurs.

     

     

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