[05/07/2003] Râ

Participants
– Julie, amoureuse de Knizia et de l’Egypte et séduite par la gamme Alea, tout un programme donc !
– Coline, joueuse motivée qui se distingue par sa compréhension très rapide de la logique des mécanismes de jeux,
– Yvan, joueur fatigué qui se distingue par sa capacité à s’endormir très rapidement pendant l’exposé des règles de jeux,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Râ est le premier jeu de la gamme Alea et en même temps le dernier que je me sois procuré. Amusant raccourci…
Comme nos invités de ce soir ne souhaitent pas jouer pendant des heures et des heures, j’oublie mes envies d’Age of Steam ou de Löwenherz et je propose une partie de Râ, certain du succès de ce jeu auprès de joueurs qui apprécient les mécanismes de ce genre de jeux.

Chacun d’entre nous prend un tableau d’aide
de jeu individuel résumant les manières de marquer des points
de renommée (merci Jeuxsoc)
et nous nous répartissons les soleils selon la disposition initiale
du jeu à 4 joueurs.
Coline se retrouve première joueuse puisqu’elle recueille le soleil
comportant la valeur la plus élevée, à savoir le
13.

Les premiers tours incitent à piocher
une tuile et à la placer sur l’emplacement prévu, mais le
tirage de tuiles Râ perturbe notre cheminement en imposant des enchères.
Comme aucun de nous ne maîtrise le jeu, même si j’ai déjà
une partie au compteur, nous ne savons pas très bien combien peuvent
valoir les tuiles présentées. Je décide de m’approprier
le lot, en misant mon soleil de plus grande valeur, le 11, et je ramasse
le plus petit, le 1 placé au centre du plateau. Qu’à cela
ne tienne, je me satisfais de mon acquisition : plusieurs tuiles de pharaons,
une tuile Dieu et des monuments (je présume qu’il est vraiment
important de se blinder en pharaons, sachant que ces tuiles ne sont jamais
défaussées et qu’elles peuvent me rapporter 5 points par
époque, soit 15 points en tout).


Combien vaut vraiment le lot de tuiles proposé aux enchères
?

Le jeu est assez tendu, et malgré les
difficultés pour mesurer quand et combien miser, chacun semble
apprécier le mécanisme unique du jeu : l’enchère.
Le jeu se déroule donc dans une ambiance sympathique, sans nécessiter
trop de temps de réflexion, ce qui convient idéalement à
cette fin de soirée.


Ce lot de tuiles, très peu lucratif à première
vue, surtout en prévision du soleil de valeur 2, me permettra de
disposer d’une tuile de civilisation dans mes effectifs : toujours important
et qu’espérer de mieux avec un soleil de valeur 4 ?

La troisième époque promet d’être
disputée, surtout en raison de la magnifique collection de monuments
de Julie (20 points pour l’instant) et de la nécessité de
ramasser des soleils lucratifs pour le décompte les concernant.
Je décide, donc, de proposer une enchère dès l’entame
pour le soleil de valeur 11 présent au centre du plateau, même
si le lot ne comporte qu’une seule tuile (une civilisation). Je remporte
cette enchère, en essayant de ne pas trop montrer son intérêt
: gain de 10 points immédiat (quasi-certitude de ne pas être
dernier dans les soleils et d’avoir au moins une civilisation). En plus,
cerise sur le gâteau, je positionne ainsi un soleil de très
faible valeur au centre du plateau, ce qui devrait ravir mes partenaires
de jeu !


Pour un lot, c’est un lot ! Dommage, je ne participe plus…

Les tuiles Râ se succèdent et ni Julie, ni
Coline, ni Yvan ne semblent trop se méfier de leurs apparitions.
Je rigole en douce, car, de cette manière, il risque de se retrouver
avec des soleils inutilisés et donc sans gain… Seule Coline aurait
intérêt à être prudente, car elle possède
en l’état le plus de valeurs sur ses soleils.

La partie va bientôt se terminer et l’enchère
générée par la sortie de l’avant-dernière
tuile Râ est mémorable : qui va pouvoir en bénéficier
sans pour autant que le lot soit intéressant ? Amusant…


La collection de tuiles de Julie, dont ses 20 points obtenus grâce
à ses monuments…

Lorsque le dernier Râ sort, le temps
des regrets est venu pour les 3 autres joueurs, et surtout pour Julie
qui n’aura pas réussi à améliorer encore les gains
de ses monuments et à revenir sur les pharaons (elle en a un de
moins que moi).
Le décompte final peut avoir lieu.


Le début de partie…

Le problème c’est que je vais devoir
jouer une seconde époque de folie, avec le soleil de valeur 1
déjà collecté et le soleil de valeur 2 que je ne
tarde pas à récupérer…
Dans le même temps, je réussis à reculer le moment
de jouer mon dernier soleil, ce qui me permet de terminer tout seul
la première époque en m’adjugeant un lot très intéressant,
lorsque l’avant-dernier Râ est sorti (on ne va pas tenter le diable
quand même…).


Yvan, au milieu des volutes de cigare, se tâte pour acquérir
un lot comportant notamment deux crues…

La seconde époque démarre
de manière très automatique pour moi : ne possédant
qu’un seul soleil intéressant et les deux soleils les plus faibles,
le 1 et le 2, je lance systématiquement une enchère lorsque
revient mon tour de jeu. Je fractionne ainsi les lots en de petits groupes
de tuiles et, au pire, je ramasse des lots pour quasiment rien. Très
agréable pour moi et très embêtant pour mes adversaires…
Plus la manche avance, plus il semble qu’il faille me laisser prendre
un lot avec mon soleil de valeur 1, histoire que je « lâche
l’affaire » avec mes fractionnement de llots qui n’arrangent que
moi. C’est ainsi que je réussis enfin une belle acquisition avec
mon soleil de misère… Je renforce ma présence en pharaons,
je rajoute des nil et j’attends une précieuse crue pour les comptabiliser.
En fin d’époque, Coline réalise la même technique
que la mienne lors de la première : finir toute seule la manche
en rajoutant le maximum de tuiles, avant que le Râ fatidique ne
sorte. Elle poussera même le vice jusqu’à en tirer deux
de plus alors que l’avant-dernier Râ est déjà sorti…


Je rajoute une tuile au lot qui se constitue petit à petit,
sous les yeux d’Yvan qui n’en revient pas, habitué à ce
que je provoque enchère sur enchère…

Ce qui marquera cette troisième manche
concerne surtout le nombre de tuiles Râ qui sortent à tout
bout de champ. Je devine qu’il ne faut pas trop attendre pour acquérir
des lots de tuiles et je m’en accapare un second assez rapidement, en
récupérant nde la sorte un soleil de valeur 8. Je suis
satisfait de ce choix, car, ce faisant, j’assure déjà
19 points au niveau des soleils (11+8) ce qui pourrait, si je me débrouille
bien, me permettre d’être premier sur ce décompte.


Cette configuration est terrible pour mes adversaires : une enchère
se déroule consécutivement à la sortie de l’avant-dernier
Râ, alors qu’il leur reste 2 soleils à chacun non utilisés
!

Cliquez pour agrandir !
La configuration finale du jeu

Décompte final
Je remporte cette partie avec un total de 45 points de renommée,
devant Yvan avec 28 points, Coline avec 23 points et Julie avec 23 points également
mais un soleil de plus petite valeur que Coline.
Le détail est le suivant :

Epoque 1
Epoque 2
Epoque 3
Total
Julie
1
0
12
23
Coline
– 1
11
3
23
Yvan
4
8
6
28
Ludo le gars
7
6
22
45


Débriefing
Fluide est la caractéristique qui qualifie le mieux ce jeu de Reiner
Knizia. Très simple au niveau de
ses règles, Râ est un jeu très agréable à
pratiquer, où les systèmes de scores particulièrement alambiqués
nécessitent un peu de connaissance du jeu pour être justement anticipés.
Possédant une partie dans les jambes, je pense être parti avec
un léger avantage sur mes adversaires, et, d’ailleurs, ma victoire doit
s’expliquer en partie par ce fait.

Au niveau des mécanismes de jeu, je retiens les
éléments suivants :
– Le hasard est très présent, avec un tirage de tuiles qui peut
orienter les stratégies des uns et des autres et bloquer un joueur bien
placé parce qu’il ne réussit pas à avoir dans un lot l’une
des tuiles dont il a vraiment besoin (une crue par exemple),
– Disposer de soleils de faible valeur est paradoxalement un avantage : on provoque
enchère sur enchère, ce qui en multiplie le nombre et garantit
que tôt ou tard nos soleils à priori peu intéressants rapporteront
des tuiles, tout en fractionnant les lots des autres joueurs,
– Il faut souvent essayer de ne pas être dernier (pharaons, soleils) ou
avoir au moins une tuile (civilisation), ce qui signifie qu’être premier
ne doit pas forcément être un but ultime : il vaut mieux s’escrimer
à ne pas être dernier dans les décomptes, car, au final,
on reste en course avec les autres joueurs.

Râ est donc un excellent jeu, l’un des meilleurs
de sa catégorie, et il mérite d’être pratiqué souvent
car il est d’une fluidité sans pareille et très agréable
(jouabilité, manipulations, graphismes). Je soupçonne même
que les parties se renouvellent vraiment et que l’expérience permette
de tirer de plus en plus de plaisir. C’est dire…

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