[06/03/2009] Ins Innere Afrikas

Au coeur de l’Afrique, en français dans le texte, ou Heart of Africa, dans la langue de Shakespeare, ou encore Ins Innere Afrikas en bon germain est l’un des jeux qui me
bottait le plus depuis mon retour d’Essen, tant son look (magnifique carte de l’Afrique), son thème (le négoce de denrées en Afrique), son auteur (celui de Kogge) et la qualité de son matériel me titillaient. Acheté pour 7.50 €, lors d’un classique destockage essenien, ce jeu édité par Phalanx, est enfin sorti sur la table ce soir. Merci à La Fièvre du jeu pour la traduction de la règle et à Le Zeptien pour son scan de l’aide de jeu anglaise listant les effets des tuiles. Il n’est pas dit que je ne vais pas vous en concocter une en français avec le tour de jeu résumé et les coûts associés, car, de ce point de vue là, le jeu est incroyablement lourd et non intuitif : on passe son temps le nez dans la règle, à chercher encore et toujours plus de précisions concernant telle tuile ou tel coût… Dommage, en l’état, parce que cela empêche clairement de profiter pleinement du jeu et peut donner une mauvaise impression…

INS INNERE AFRIKAS :

 


Quel look ! Franchement, avec ce jeu très politiquement incorrect (ne nous leurrons pas trop sur le thème du négoce en Afrique, hein…), on a affaire à quelque chose de plutôt
séduisant et franchement prometteur. On a bien relu la règle (ça a duré trop longtemps, par contre) et on a entrevu les très nombreuses possibilités et une originalité forte (pas de
tour de jeu par exemple : seul joue celui qui remporte l’enchère)…

Le plateau de jeu, somptueux, juste après la mise en place. On peut voir que chaque région avec un symbole imprimé accueille une tuile de denrée (or, diamant, ivoire ou bananes)
et un disque de négociant neutre (gris). On peut également voir que chaque joueur démarre avec 5 négociants dans une même région de départ (disques oranges pour Marc, rouges pour Romain, jaunes pour Franck et verts pour moi-même)…

3 paires de tuiles sont étalées face visible pour être vendues aux enchères (la quatrième paire est étalée lorsque la première va être vendue). Comme à Medici, l’enchère a lieu en
un seul tour et c’est donc déjà bien bien tendu. Le meilleur enchérisseur paie en cubes d’influence (voire avec des points de victoire..) et ceux-ci seront redistribués aux autres
joueurs. Ensuite, il dispose d’autant de points d’action que la somme des valeurs des 2 tuiles. Les actions imprimées sur les tuiles, elles, pourront être jouées de suite ou
conservées pour plus tard…

C’est Marc qui a remporté la première enchère et on a tous le sentiment qu’il a vraiment bien su en profiter, puisqu’étant dernier sur la piste des scores, il a dépassé tout le
monde sans problème, en profitant notamment de la règle qui interdit d’avoir deux pions sur la même case. Il a placé un poste de négoce sur l’une de ses régions, ce qui lui rapporte
1 point par tour et 3 points tant qu’il est le joueur qui en contrôle le plus. Pas mal, comme démarrage…

Franck remporte la troisième enchère de la partie, et prend son tour, après que j’ai remporté la seconde et que je me suis fait sabrer par Marc, grand défenseur de ses positions…

Petite illustration de la situation, après que Marc m’a volé dans les plumes avec pas moins de deux tuiles pour se défendre en mise à poing fermé…


Le tour de Franck lui a permis de s’étendre et de rallier la région où se trouvent des défenses d’éléphant et l’autre où se trouvent des bananes. Le contrôle des régions avec des
denrées garantit des points de victoire en fonction d’un tableau de valeurs qui fluctuent (voir photo de droite)…

La réputation des joueurs, indiquée par les marqueurs colorés sur le tableau, peut varier de 0 à 5 et ne rentre en ligne de compte que pour les conflits entre joueurs (jamais avec
les neutres), tout en pouvant être utiles lorsque sont jouées des tuiles action donnant des points de victoire…

La signification des tuiles est rarement immédiate et on a sans cesse besoin d’aller regarder leurs effets dans la règle. C’est très pénible et mes camarades en ont déjà
marre…


L’ambiance autour de la partie est très sympa, même si l’horaire tardif et les retours incessants à la règle plombent quand même le climat et cela ira en empirant de tour en tour…

Une vue générale de la situation, montrant que Romain a pris le large au score (38 points) et que nous traînons vraiment, à une vingtaine de points de lui. Il faut dire qu’il a
remporté plus d’enchères que nous et a donc plus joué que nous, mais bon, cela est quand même impressionnant…

Un peu plus tard, on se rend compte que Romain n’avance plus, ce qui bien normal car il est à court de cubes d’influence et il ne va pas passer tous ses points de victoire dans les
mises à venir. Je viens de faire une jolie remontée et me suis installé au coeur de l’Afrique, d’où un gain par tour de 3 points…

Ambiance studieuse autour d’un jeu sérieux mais qui pourrait bien apparaître franchement chaotique à plusieurs de mes amis. De mon côté, je n’en suis pas certain, car il me fait
penser à El Grande (par ses déplacements de marqueurs dans les régions) et je ne qualifierais pas El Grande de chaotique…

C’est par un système de mise cachée, pas forcément hyper convaincant mais toujours propice aux couinements, que sont résolus les conflits entre joueurs. Une tuile misée « vaut » 9, un cube d’influence 3, et chaque disque coloré (négociant) impliqué dans le conflit vaut la valeur en réputation du joueur. Le plus-disant remporte le conflit mais les tuiles de tous les joueurs impliqués sont défaussées et les cubes redistribués en fin de tour. Le vainqueur du conflit élimine un marqueur adverse, fait fuir les autres jusqu’à 2 régions et monte d’un cran en réputation…


Romain couine. Il faut dire qu’avec l’avance qu’il avait, il était à la merci des agressions adverses. Il voit bien que Marc revient à fond sur lui (5 points derrière seulement) et
qu’il va devoir batailler ferme malgré l’augmentation de son capital cubes d’influence. A noter que Franck ne semble pas très en phase avec le jeu et qu’il a du mal à
l’apprécier…

La situation devient favorable à votre serviteur, qui vient de passer devant le joueur orange (Marc), et largement devant le joueur rouge (Romain). On a décidé de jouer en 60 points
et se retrouver à 51 ou 49 n’est pas forcément un gage de victoire. En effet, Romain devrait pouvoir remporter plusieurs enchères successives et nous dépasser à nouveau…

Romain prend son tour et va remonter, sans nul doute, alors que Franck thésaurise au niveau cubes (regardez devant lui)…

Oulhalha ! Les scores se sont encore resserrés : 51, 49, 48, pour les trois joueurs de tête, Franck traînant à 23 longueurs du premier…

Franck vient de laisser l’enchère filer à Romain. Là, c’est moi qui couine. Il en avait marre le bougre et souhaitait clairement abréger la partie. Du coup, Romain ne calcule pas
deux heures et réalise un tour efficace et suffisant…

Un déplacement par ici, un autre par là, des points de victoire dans les deux cas, et Romain va bel et bien encaisser les points nécessaires requis pour atteindre la barre fatidique
des 60 points fixés en début de partie…

Une vue de la configuration finale de la partie, qui aura laissé une drôle d’impression à la tablée, mais qui, je l’espère, n’aura pas dégouté tout le monde de ce jeu. En ce qui me concerne, mon avis est « bon, sans plus », mais je soupçonne clairement que ce jeu se bonifie énormément au fil des parties, pour peu qu’on lui laisse la chance de ressortir. Un jeu dans l’esprit de Kogge, donc, jeu qui ne s’apprivoise pas en une ou même deux tentatives…
Bilan synthétique :

On a aimé
– L’enchère en un seul tour,
– La double fonctions des tuiles : valeur et action,
– La visibilité des 4 paires à venir au moment de la vente : nécessaire pour bien planifier, car on ne peut pas achter toutes les paires qui passent, il faut cibler celle qu’on
voudrait le plus pour ne pas acheter, à tort, trop tôt,
– Le matériel proposé, somptueux, élégant et très tactile,
– Le thème du jeu, même s’il n’est pas très « défendable »,
– Le système de bourse pour les denrées, pas assez éprouvé ce soir, notamment la fameuse tuile Afrique qui représente toutes les régions sans denrée,
– Le stress lié au rapprochement de la valeur en points de victoire à atteindre : comme à Alexandros ou à Vinci, cela apporte un plus incontestable au jeu.

On a moins aimé
– L’obligation de revenir sans cesse à la règle et aux détails des tuiles, ce qui allonge la partie dans des proportions délirantes (mais cela doit mieux aller au fur et à mesure
des parties),
– Le système de progression sur la piste de score, sans compter les cases occupées : sans fondement à mon avis,
– Le système de fuite des négociants défaits : peu convaincant sur une partie, à voire sur d’autres, car on pourrait se laisser tenter de croire à du chaos,
– Le manque d’un paravent pour cacher ses tuiles et autres cubes, particulièrement lorsqu’il s’agit de préparer sa mise à poing fermé. Je l’ai réalisé et je vous le propose
ci-dessous…

Aide de jeu

Paravents pour 5 joueurs (imprimez la page 4 au dos des pages 1, 2 et 3)

Scores de la partie :

Marc (orange) : 56
Romain (rouge) : 64
Franck (jaune) : 30
Ludo le gars (vert) : 52

Note du jeu (sur cette partie) : 13 / 20


Durée de la partie : 3 heures 30 minutes

 

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2 commentaires à propos de “[06/03/2009] Ins Innere Afrikas”

  1. Ins Innere Afrikas: pour un jeu en théorie d’1 heure (ou plus), 2 heures de règle et 3 heures de jeu, ça lasse… désolé Ludo.
    Chaque petite action est longuette: enchère, actions (déplacement, nouveaux commerçant, augmenter la valeur des marchandises, …), résolution des conflits. et en permanence allez vérifier ces règles qui ne sont pas mémotechniques.
    Je n’ai pas aimé non plus la résolution des conflits entre joueurs.
    J’ai bien aimé: les couinements de Ludo, dommage qu’ils ne soient pas en vidéo
    Rejouer? hum, à voir l’aide de jeu de Ludo…
    Franck

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