[06/04/2003] Cheops

Participants
– Jérôme, joueur assidu en passe d’exploser les compteurs du nombre de parties jouées,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
En août, lors nos vacances en Lozère, nous avions testé ce jeu méconnu, avec pas mal d’espoir (matériel, système de jeu, finesse, renouvellement), et nous étions tombés de très haut, extrêmement déçus par la platitude de la partie (lire le compte-rendu).
Ce soir, alors que Jérôme et moi cherchons un jeu d’une heure environ, susceptible de nous faire réfléchir un peu mais sans trop, Jérôme me demande ce que vaut Cheops. Question piège, car je n’avais que trop peu accroché à la partie de découverte pour me montrer parfaitement objectif. Je propose alors qu’on lui donne une seconde chance dès maintenant.

Je relis les règles rapides de ce jeu,
pendant que Jo nous prépare le matériel, en appréciant
à sa juste valeur la qualité des éléments.
Jérôme mentionne à plusieurs reprises son intérêt
pour la mécanique de jeu, qu’il sent prometteuse. Je ne me gène
pas pour lui signaler que nous avions eu exactement la même impression
en août avant d’attaquer la partie…
Après quelques minutes de mise en place, nous nous lançons
dans cette partie, avec la conviction qu’elle devrait déjouer les
pronostics et se révéler intéressante.


Une vue de la pyramide, alors que Jérôme est en train
de réaliser son 3ème tour…

Nous n’en sommes pas encore là, Jérôme
se contentant de faire progresser ses scarabées noirs sur les 0
successifs.
De mon côté, je collecte beaucoup de oranges et de marrons
car les tableaux de prix associés, sans être très
lucratifs, semblent d’un bon rapport risque-prix.


Une vue rapprochée du plateau alors que nous allons bientôt
nous attaquer au troisième niveau de la pyramide et à l’eventuel
tableau de loi…


Sur cette vue, on voit clairement que la partie dure un peu plus que
la partie jouée en août et si médiocrement appréciée…

Nous commençons à éprouver
des difficultés pour jouer le membre de la famille précisément
disponible à la pioche. En effet, il est toujours meilleur de récupérer
le même que celui que l’on vient de jouer, afin d’avoir la plus
grande diversité possible dans ses tuiles. Il n’y a plus possibilité
de jouer où l’on veut et nous sommes conduits par nos intérêts
et nos membres disponibles.
Cette facette du jeu conduit à d’intéressants blocages que
nous n’avons pas franchement anticipés.


La configuration finale du plateau…


La situation blocage qui cloture la partie : la seule case valide est
celle qui contient le trésor vert. Or, la seule tuile qui peut
être placée est celle d’un voisin…


La configuration initiale du jeu…

Jérôme concentre ses efforts
sur la vente au marché durant les premiers tours, alors que je
commence déjà à conserver mes scarabées
dans l’optique de la fin de partie (orange et marron). Un peu plus tard,
Jérôme, à son tour, commence à conserver
des scarabées (noirs et verts).
En ce qui concerne les noirs, le tableau de prix associé est
particulièrement risqué : que des 0, puis 40 (avant-dernier)
puis 5 (dernier). Si je parviens à vendre le scarabée
de plus qui fera chûter le cours de 40 à 5, Jérôme
devrait être très mal.


La pyramide se vide progressivement de ses trésors alors que
les membres de la famille d’Ahliman en prennent possession…

Alors que j’en avais la possibilité
et que j’ai mal jugé l’urgence de la situation, Jérôme
s’empare de l’avant-dernier scarabée noir, le dernier se trouvant
beaucoup plus en altitude… Il va donc, selon toute vraisemblance,
réussir à conserver son prix à 40 !
Je cherche des solutions envisageables, et je décide de tenter
de collecter le maximum de scarabées marrons et oranges, tout
en commençant la collecte des rouges, ces derniers étant
très lucratifs pour le joueur majoritaire. Je ne suis pas mal
dans les bleus non plus, ce qui fait que globalement, j’estime avoir
encore mes chances si je parviens à obtenir des cours corrects
pour mes couleurs.
Je joue également plusieurs voisins, afin de m’assurer de les
jouer plutôt que ce soit Jérôme qui le fasse. Le
seul problème, c’est que je les joue certainement trop tôt
dans la partie et que nous allons payer leur absence plus tard…

En revanche, je ne préfère
pas me lancer dans la mise en place de loi toujours aléatoire.
Jérôme, sans scrupule, n’hésite pas à prendre
le premier tableau de loi, qui lui permet d’inverser 2 scarabées
sur le plateau. Ouille pour moi… Il déplace alors le dernier
scarabée noir tout en haut de la pyramide, ruinant mes rêves
utopiques de parvenir à le prendre.


La loi qui peut tout changer : Jérôme vient d’instaurer
que le jeu ne s’achèvera qu’en cas de 3 tableaux de prix complétés
et non plus 2…

Ces blocages deviennent franchement handicapant
par la suite, et même deviennent déterminants lorsque nous
ne pouvons plus jouer ni l’un, ni l’autre, sans que l’on aie senti le
coup venir.

La partie s’achève donc par impossibilité
de jouer.
Si un voisin des Ahliman avait été disponible, le jeu
aurait pu se poursuivre encore et cela m’aurait peut-être permis
de contrarier Jérôme plus que ce que j’ai pu faire.


Une vue de nos richesses respectives (Jérôme en haut,
moi en bas)…

Décompte final
Jérôme remporte cette partie avec un total
de 405 piastres, devant votre serviteur avec 280 piastres. Le détail
est le suivant :

Argent
Marrons
25
Bleus
30
Rouges
20
Verts
5
Noirs
40
Oranges
5
Total
Jérôme
90
50
0
15
10
240
0
405
Ludo le gars
30
75
60
80
15
0
20
280


Débriefing
Il faut savoir se fir à sa première impression, mais ne pas se
laisser enfermer par elle. J’avais raison de sentir le potentiel de Cheops et
de penser que le manque de réussite de la partie de découverte
était peut-être contextuel.
La partie de ce soir nous a fortement plu, elle a été très
tendue, passionnante et le système de lois, même s’il apporte une
part d’aléatoire non négligeable, contribue à la variété
du jeu et à son renouvellement.

Ce jeu est un concentré de bonnes idées :
– Système de pose en pyramide et avec contrainte de voisinage,
– Obligation de choisir immédiatement sa position : vente ou conservation
des trésors,
– Fluctuation des prix,
– Conditions de fin de jeu,
– Disponibilité des voisins,
– Système de modification des lois très ingénieux.

Allez, disons-le tout net, Cheops est un très bon
jeu, qui se révèle particulièrement tactique à 2
joueurs, dans un échange de coups assez fin : si je joue là, tu
ne pourras pas jouer là, mais si je joue ce membre de la famille, je
ne pourrais pas piocher le même et je risque des doublons, si je ne joue
pas là, alors tu pourras le faire, mais ce n’est pas très grave
car je pourrai alors jouer un voisin puis un autre membre et clore ainsi la
partie en abaissant, au passage, le prix de ton scarabée le plus lucratif…
Bref, des allers-retours logiques passionnants, à la Lumberjack
! En revanche, je suis plus réservé sur le jeu à plus de
3, en raison de difficultés à maîtriser l’évolution
de la pyramide et des cours.

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