[06/07/2003] Mystère à l’Abbaye

Participants
– Sophie, qui, d’après Julie, va adorer ce jeu de déduction,
– Elise, habituée au Cluedo, qui devrait donc trouver dans Mystère à l’Abbaye, une excellente alternative,
– Julie, qui se montre ravie de tester enfin ce jeu, elle la plus grande amatrice du monde des jeux de déduction !
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
La belle boîte de Days of Wonder se retrouve sur la table de jeu ce soir, pour le plus grand plaisir de Julie, Sophie et Elise, dont le Cluedo a souvent été le divertissement familial dans le passé.
J’installe donc le plateau de jeu et répartis les cartes comme indiqué sur la règle : les cartes cryptes, scriptorium, bibliothèque, événements et suspects sont mélangées et le jeu peut débuter.

Sophie choisit l’enquêteur jaune, Elise
le bleu, Julie le rouge et votre serviteur le vert. La partie débute
avec Julie en première joueuse, charge à elle de veiller
à l’écoulement du temps et à la tenue de la messe
matinale.

Dès l’entame nous prenons conscience
de la difficulté incroyable pour formuler une question pertinente,
pas trop orientée quand même, et dont la saisie de la réponse
sera efficace. Je me colle à la première question, sous
les huées de mes adversaires : « Alors, tu la poses ta question
! », qui ne comprennent pas pourquoi j’y passe tant de temps. On en
reparlera…


Les enquêteurs bleu et rouge se retrouvent dans la cour pour
discuter…

Plus la partie avance, plus je me demande
comment je vais m’en sortir : je ne réussis pas à saisir
les informations que les autres joueurs donnent et je ne parviens jamais
à formuler des questions qui me satisfasse. C’est extrêmement
frustrant comme situation…
D’un autre côté, je soupçonne que Sophie, Elise et
Julie ne s’en sortent pas beaucoup mieux que moi, même si elles
donnent l’apparence de maîtriser leur sujet.

Au bout de quelques tours , je me rends compte
que du fait de la constitution originelle du tableau de suspects, nous
favorisons les question basées sur l’ordre et le rang des moines,
au détriment de celles basées sur la carrure, le visage
et le capuchon. Il faudrait, en effet, un tableau en 5 dimensions pour
visualiser d’un seul regard l’état des caractéristiques
des suspects et effectuer des éventuels recoupements. Je me dirige
donc vers une saisie caractéristique par caractéristique,
en listant le nombre de cases non cochées pour chacune d’entre
elles. Par exemple, je me rends compte que sur mes 13 moines non cochés,
9 sont imberbes et 4 ont une barbe, aussi je me dirige vers la salle du
Chapitre, histoire de révéler que « le coupable est
glabre ».
Je prends un risque, mais, à la base, j’ai une chance sur deux
d’avoir raison, et la perte de points en cas d’erreur est minime, donc
cela reste raisonnable. En plus, cette révélation interdit
à quiconque de faire la même.


Une saisie minutieuse, caractéristique par caractéristique,
s’impose, même si celle-ci nécessite de consacrer un peu
de temps à son élaboration…

Alors que Sophie est en train de faire avancer
la cloche sur la carte de messe, je me dis que je vais tenter une accusation
en me rendant à la salle du Chapitre. Je soupçonne le père
Bruno d’être le coupable, car Sophie semble formuler une question
qui concerne les gros bénédictins et qu’elle pensait se
limiter aux pères.
Manque de bol : elle pioche une carte au scriptorium qui nous renvoie
tous à l’église immédiatement pour une messe exceptionnelle.
Je suis bien embêté, surtout que nous allons passer 3 cartes
à notre voisin de gauche et que rien ne m’assure que je pourrai
être le premier à aller à la salle du Chapitre.


Le coupable est enfin révélé…

Sophie semble pressée également de se rendre
à la salle du Chapitre, aussi, possédant un tour d’avance,
je me décide pour une accusation, n’ayant pas grand chose à
perdre : « J’accuse solennellement le père Bruno d’être
le coupable du meurtre de frère Adelme ».
Aucune réaction de la part des mes partenaires de jeu, ce qui signifie
que mon accusation es exacte et que je marque donc les 4 points attribués
à l’enquêteur qui identifie le coupable.

Sophie est écoeurée car, en ayant dissimulé
le père Sergio jusqu’à maintenant, elle aurait également
fait la même accusation.


« Comment prendre des notes efficaces ? » semble penser cette
assemblée d’enquêteurs féminins…

Je tente, certainement comme mes partenaires
de jeu, de dissimuler 2 personnages de ma main : le novice Guy et le
frère Malachie, dans l’idée de les induire en erreur sur
l’identité du coupable.
Elise se rend à la Bibliothèque, car elle possède
le moins de cartes, et elle bénéficie d’un tirage fort
intéressant : elle peut émettre une révélation
qui ne lui occasionnera aucun point négatif en cas d’erreur.
Elle annonce donc que « le coupable possède un capuchon ».
Nous verrons bien.


La première messe est en train de se dérouler dans
l’Eglise et chacun d’entre nous doit présenter l’un de ses moines
à l’ensemble des joueurs.
Cela fait avancer l’enquête…

Plus la partie avance, plus les questions
tournent autour des Bénédictions, et des pères
en particulier. A croire que le père Bruno ou le père
Sergio serait coupable…
Amusant, non ?

Je ne parviens pas à dissimuler mon
novice bénédictin prénommé Guy et chacun
est capable de l’identifier sans que je l’ai montré à
l’un des joueurs ! Une question de Julie portant sur les novices maigres
avec capuchon m’oblige à annoncer que j’ai coché les 2
! Dommage pour le suspens. Heureusement, il me reste le frère
Malachie que je dissimule assez bien et que je commence à utiliser
dans mes questions, afin de brouiller les pistes.


Vous voyez la fumée qui sort des oreilles ?

Mettant au clair nos fiches de suspects
respective, je m’aperçois qu’en posant une seule question je
devrais être capable d’être certain du caractère
sans capuche du coupable. Je pose donc une question très alambiquée
à Elise : « Parmi les moines suivants, frère Malachie
novice Barthélémy et novice Guy, en as-tu coché
plus ou moins que la moitié ? ». Me répondant « Plus »,
et certain qu’elle a coché novice Guy et qu’ elle n’a pas coché
frère Malachie, j’en déduis qu’elle a coché le
novice Barthélémy, le seul encapuchonné qu’il me
restait à disculper. Subtil et très difficile à
interpréter pour les autres joueurs.

Je me décide donc à me rendre
au pas de course à la salle du Chapitre, en ayant le choix de
ma position : révélation ou accusation, selon l’éventuelle
réponse de Julie à la question de savoir si elle a coché
le père Sergio. Elle me répond par la négative,
ce qui pourrait renforcer mes suspicions à son égard,
mais je sens quand même que le coupable est le père Bruno.


La fiche de suspect de votre serviteur, où l’on voit que j’accuse
le père Bruno alors que 5 moines ne sont pas encore cochés…

Décompte final
Je remporte cette partie avec un total de 3 points (4 –
1), devant Sophie, Elise et Julie, toutes à égalité avec
0 point, Elise n’ayant pas été pénalisée par sa
révélation inexacte.


Débriefing
Hallucinant ce jeu ! Comment prendre des notes efficacement ? Comment jouer
plus rapidement sans pour autant poser des questions trop ciblées ? Comment
resserrer l’étau autour des coupables potentiels ? Quand et quoi révéler
dans la salle du Chapitre ? …
Toutes ces questions tournent dans nos têtes à l’issue de la partie
et nous éprouvons un grand sentiment de fatigue après une partie
qui a duré environ 2 heures et demi et où
nous avons retourné le problème dans tous les sens.

Que ressort-il du jeu ? En premier lieu, il semble qu’il
ne faille pas hésiter à prendre des risques au niveau des révélations,
en se disant que l’on a une chance sur deux pour les caractéristiques
de visage, capuche et carrure. Comme la salle du Chapitre est située
particulièrement loin de l’Eglise, il faut donc s’y rendre à chaque
tour afin d’y émettre une révélation. Nous n’avons pas
de temps à perdre.
Ensuite, accuser quelqu’un est risqué car, en cas d’erreur, on encaisse
des points négatifs douloureux et on élimine d’un coup un suspect
que plusieurs joueurs avaient probablement dans le colimateur : un autre joueur
n’a plus qu’a pénétrer alors dans la salle du chapitre pour accuser
un autre moine et il a toutes les chances de l’emporter de la sorte…
Enfin, le joueur qui aura réussi à concevoir une technique de
prise de notes performante gagnera systématiquement les parties auxquelles
il jouera. Cette facette du jeu, la plus difficile à maîtriser,
risque de s’amoindrir et de perdre alros en intérêt. A voir si
les auteurs du jeu ont trouvé une méthode quasi-infaillible.

Mystère à l’Abbaye est donc un jeu à
sortir avec parcimonie, mais qui est une véritable et majestueuse réussite,
l’un de ces jeux dont la qualité n’est pas à démontrer.
Bravo à Bruno Faidutti, Serge Laget et Days of Wonder pour un tel résultat.

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