[08/06/2003] Twixt X 3

Participants
– Nicolas, apprenti joueur qui va avoir le privilège de tester avec moi ce formidable jeu,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Ultra-excité à l’idée de tester ce magnifique jeu, tant par l’esthétique de la boîte que par la réputation des mécanismes, je propose à Nicolas une partie initiale, que nous ferons suivre de 2 autres, histoire de désigner un vainqueur à l’issue de 3 manches.
La mise en place est enfantine, la lecture de la règle triviale, et la première partie peut commencer.

Manche 1 : Nicolas
a les rouges

Nicolas a le trait


Le tout-début de notre toute première partie : des
chemins continus assez naturels…

Par exemple, si je joue un poteau dans le prolongement
d’un premier déjà placé à l’extrémité
d’un chemin, certes je pourrai y placer un pont, mais mon adversaire
va certainement bloquer ma progression en plaçant des poteaux
en défense juste après. D’où une inefficacité
évidente. Il est beaucoup plus pertinent de placer un poteau
à double distance d’un précédent, dans une zone
 » vierge  » de poteaux adverses.


Le doigt de Nicolas vient de placer un poteau rouge défensif,
mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Nicolas prend les éléments rouges et est donc le premier
joueur de cette manche. Il nous paraît logique, lors de celle-ci,
de créer une ligne continue, plutôt que de placer nos poteaux
de manière espacée, sans savoir s’ils pourront être
reliés de la sorte.
Au bout de quelques tours, je réalise malgré tout la nécessité
de se répandre sur le plateau pour éviter d’être
trop prévisible et pour limiter l’efficacité des coups
de blocage de l’adversaire.


Nicolas observe avec un certain scepticisme l’état du plateau
qui se remplit progressivement, sous les yeux attentifs de la soeur
du gars…

Ainsi, si votre adversaire tente de vous bloquer d’un
côté, vous jouerez de l’autre (c’est une fourchette non
bloquable).
Cet enseignement sera l’élément majeur que nous retiendrons
de cette partie que je remporte.


La configuration finale de cette manche de découverte, qu’il
est inutile de poursuivre jusqu’à son terme, ma victoire étant
absolument inéluctable

Manche 2 : Ludo
le gars a les rouges

Ludo le gars a le trait


Un début de partie nettement moins prévisible et continu…

C’est alors qu’il ré-édite le coup qui lui
a permis de gagner sa dernière partie : réaliser une ligne
complète sur un bord du plateau, en plaçant progressivement
un poteau de-ci de-là, pendant que je m’évertue de passer
au centre. Je n’y prends pas trop garde, convaincu que mon chemin aboutira
avant le sien.


La configuration finale du jeu

Pour la revanche, après que Nicolas a joué 2 parties
intermédiaires histoire de se durcir les neurones, je prends
les composants rouges et deviens premier joueur.
Je tente de me souvenir de la puissance des espacements doubles pour
créer des fourchettes, et, comme Nicolas vient de gagner deux
parties consécutives, le centre du plateau se remplit de manière
assez importante.


Nicolas observe sa création : 4 poteaux noirs juste devant
lui qui n’attendent plus que des liaisons déjà assurées…

Erreur de ma part, il parvient brillamment à créer
sa voie et je ne peux pas l’arrêter malgré de nombreux
essais. J’en déduis, alors, que ce type de cheminement est forcément
gagnant et cela me frustre un tantinet…

1 partout.

Manche 3 : Nicolas
a les rouges

Nicolas a le trait


Duel au sommet pour cette ultime partie, la belle…

Le jeu est absolument passionnant et Nicolas commence
à ré-installer sa voie sur le côté, avec
un espoir démesuré que je ne m’en mêle pas…
Je place l’un de mes poteaux vers le bas, sur l’un des emplacements
qu’en toute logique il convoitait, sans savoir si cela servira à
quelque chose.


Forcément, de temps en temps, il faut vraiment se creuser
les méninges…

Et le coup génial me vient enfin ! Celui qui démontre
que son chemin n’est pas encore réalisé et qu’ j’ai une
solution. Je place un poteau juste à côté d’un des
siens sur ce chemin virtuel. Cela me garantit que je passerai d’un côté
ou de l’autre (voir photo).
En fait, en jouant ce coup, c’est moi qui gagne immédiatement
la partie !


Le coup de la partie qui montre la non infaillibilité de la
tactique de Nicolas…

Pour cette troisième et dernière manche, qui désignera
le grand vainqueur, Nicolas prend les rouges et commence le jeu. Je sais
que je devrai me méfier de son fameux coup sur le côté.
Nous construisons progressivement une configuration très élaborée,
avec des tronçons de chemins qui s’imbriquent à n’en plus
finir.


Rien ne sera facile dans cette manche très disputée…

En réalité, je commence à m’inquiéter
pour une autre raison liée à celle-ci : si son chemin en
construction n’est pas  » brisable « , comment vais-je passer
pour créer ma voie jusqu’à mon bord de plateau ? Cela me
force à trouver une solution, car, sinon, j’ai perdu immédiatement,
non parce que mon adversaire a atteint son objectif, mais parce que je
ne pourrai pas réussir le mien…


Imbriquez, imbriquez, imbriquez donc, les chemins de Twixt City !
Sur la droite on repère la tactique préférée
de Nicolas et la tentative de blocage de ma part avec le poteau noir en
bas…


La configuration finale de la manche, que je remporte, avec les noirs.
Ce qui peut paraître étonnant, c’est que les 3 manches ont
été remportées par le second joueur (celui qui joue
avec les noirs)…

Décompte final
Je remporte 2 manches sur 3 et gagne donc l’ensemble de
la partie.

Débriefing
Twixt est un jeu phénoménal qui vient de m’emballer au plus haut
point ! Voici des lustres qu’un jeu ne m’avait pas fait une telle impression.
Il est énorme. D’une simplicité diabolique, Twixt génère
des configurations d’une complexité rare. La jouabilité est excellente
et il semble que l’on en apprenne un peu plus à chaque partie.
Pour l’instant, je note 2 choses :
– Un espacement double procure une fourchette toujours utile, mais attention
à ce que des poteaux adverses ne viennent pas se placer trop près,
ce qui menacerait les possibilités de passage,
– Mon ultime coup fumant de la dernière manche a révélé
qu’une tactique visiblement gagnante pouvait ne pas l’être et qu’il faut
se garder des apparences. Prudence, prudence, donc, dans nos jugements…

Quoi qu’il en soit, j’ai soif d’en découvrir toujours plus et je piaffe
d’impatience à l’idée de rejouer au plus vite à ce petit
bijou… Bon, le seul bémol, c’est que c’est typiquement un jeu qui
a tendance à isoler : plus on progresse, plus il doit être difficile
de trouver un joueur de son niveau, surtout que, contrairement aux échecs
par exemple, le nombre de joueurs de Twixt ne doit pas être faramineux…
Quant à nommer cela un défaut, je m’y refuse !

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