[10/03/2007] Hermagor, Barbarossa, Löwenherz

La thématique ludophile de ce samedi, vécue après une mythique et épuisante partie de 1856 le vendredi, m’inquiétait beaucoup : allais-je être en mesure de vraiment jouer aujourd’hui ? Et bien je suis rassuré : non seulement j’ai joué mais en plus à des jeux de bonne durée et assez denses : Hermagor (très bon), Barbarossa (très fun) et Löwenherz (toujours aussi tendu).
En bref, du tout bon, pour notre thématique moyen-âgeuse : « Dragons, sorciers et quêtes sans fin« .

HERMAGOR :

Le plateau d’Hermagor n’est pas des plus chatoyants au premier regard (tons très proches, tirant
sur le marron, peu de reliefs, …) mais il s’avère très lisible en cours de partie avec tout particulièrement des pions colorés qui « ressortent » vraiment. Le thème du jeu est celui
du marchand médiéval qui tente de faire les meilleures affaires au marché puis de vendre sa camelote tau sein du pays d’Hermagor afin d’engranger les plus gros bénéfices et de se
faire bien voir dans les villages les plus répandus sur le territoire…
La première étape de chacune des 5 manches de cette partie à 3 joueurs consiste en un
positionnement au marché de la part des 4 marchands des joueurs. L’idée est d’entourer des tuiles pour se les adjuger (en cas d’égalité, priorité à celui qui est placé
orthogonalement, ou mieux celui qui est dessus). Un revenu sera également donné aux joueurs en fonction de leur visibilité dans les ruelles. Ainsi, en fin de
cette lutte initiale, je reçois un revenu de 13 (10 pour l’alignement de 4 pions verts + 1 pour chacune des colonnes de 1 vertes)…
Benoît sent bien que le jeu va être tendu et il se fait plaisir le bougre ! Ici, il s’apprête à
déplacer son marchand sur le plateau à partir d’Hermagor, en utilisant l’une ou l’autre des routes y aboutissant. Il paiera alors le coût du trajet avant de pouvoir, éventuellement,
vendre une denrée sur place…
Une vue de mon butin de la première étape au marché d’Hermagor : 5 tuiles collectées (malgré ma
première position dans le tour) : je peux vendre des armes, des livres ou des croix et je bénéficie de 2 tuiles spéciales (la première m’octroie 5 de revenus forfaitaires, la
seconde divise par 2 l’un des mes trajets)…
Voici la vue en fin de première manche, où j’ai construit 4 comptoirs, tout comme Benoît, contre 2
à Thibault…
Le marché en fin d’attribution pour la seconde manche : même si elle concentre mes forces, la
position en croix semble relativement costaud quand on sait ce qu’on veut…
Jeu sérieux mais ambiance rigolarde, ce n’est jamais incompatible entre gens de bonne compagnie
;-))) Il faut dire que ce jeu, au croisement de 6 jeux réputés (j’y reviendrai), tourne à merveille, qu’il est bien tendu et qu’on ne s’y ennuie jamais…
Première construction double de comptoirs dans un village : je suis venu m’implanter aux côtés de
Benoît, lequel reçoit en prime un revenu de 1, issu de la banque. Cette photo présente clairement les coûts associés sur les routes, ce qui fait immanquablement penser à
Pfeffersäcke
La vue en fin de seconde manche : 9 comptoirs pour moi, 8 pour Benoît et 6 pour Thibault. N’y
a-t-il pas un air de Thurn & Taxis par là (surtout que la notion de région est fondamentale ici aussi : attribution des fabriques représentées sur la
tableau en bas à droite lorsqu’une région est totalement entourée par les comptoirs d’un même joueur) ?
Notre troisième marché offre encore de supers moments de tension avec des coups vicieux à
profusion (du genre, comme tu te places en diagonale, je me mets à côté ! et moi, dessus !). Cet aspect du jeu rappelle vraiment les attributions de parcelles dans Mykerinos,
voire le look général de Goa
Comme le prouve cette photo, Thibault n’est pas le plus à l’aise sur ce jeu, même s’ille trouve
très bon : il ne récupère que 2 tuiles, sans aucune denrée à livrer, et l’une de ses deux tuiles lui permettait justement de diviser par deux l’un de ses déplacements pour livrer…
Fin de notre troisième manche et les comptoirs se regroupent maintenant souvent. Le bilan est sans
appel : 14 comptoirs pour moi, 13 pour Benoît et toujours 6 pour le pauvre Thibault ! Quant aux places dans les fabriques, je suis là encore en avance avec une présence dans 4
fabriques + le premier en noblesse (ligne du bas), contre 2 à Benoît (+noblesse) et 0 à Thibault…
Le marché de notre quatrième manche est encore un modèle de machiavélisme, avec de vraies
priorités pour chacun et un deuxième coup fourré de ma part : je prends la majorité sur la seule tuile Livre, sans en avoir besoin, juste pour priver mes adversaires, pour la
deuxième fois d’affilée, de vendre du bouquin… Et comme, parallèlement, j’acquiers les tuiles dont j’ai besoin, je suis heureux !
Une nouvelle vue en fin de manche, la quatrième, et la partie semble jouée. En effet, j’ai réussi
une fois encore à construire le maximum de mes comptoirs sur ce tour, j’ai placé un nouveau marqueur dans les fabriques et la dernière manche ne laissera jouer que 3 actions
chacun… Ajoutons à cela que les décomptes, duché par duché (séparés par la rivière) et sur la route grise principale, devraient m’être favorables.
Dernier marché et emmagasinement de tuiles vitales et de revenus maximaux (12 en ce qui me
concerne). Le système est vraiment génial et surprenant (surtout que lorsqu’on lit la règle, jamais on ne soupçonne ce que ça donne en vrai)…
Ultime situation, en fin de cinquième manche, avec tous mes comptoirs construits, et une très
grosse avance au score. On ne peut pas rater, non plus, la belle remontée de Thibault sur les marques de fabriques, ce qui ne comblera pas, ceci dit, son manque de capital…
Bilan synthétique :

On a aimé
– La fluidité du jeu, couplée à de multiples qualités qui se mêlent bien : tension, jeu permanent, coups fourrés, …
– Le système du marché qui est vraiment bien huilé
– La quasi-absence de hasard (le seul : ordre des tuiles piochées et des actions)
– L’impression de jouer à une synthèse réussie de Elfenland et de Himalaya.

On a moins aimé
– Le doute qu’à 5 joueurs on ne soit pas dans un chaos plus difficile à maîtriser (le marché ne tourne-t-il pas à des luttes « bavardes » ?)
– La difficulté pour un joueur de revenir s’il s’est fait distancé tôt dans la partie sur les comptoirs. Mais ce sera à affiner…

Scores de la partie :

 

 

Argent Fabriques Duchés Route Total
Thibault (noir) 29 21 9 +5 (7) 64
Benoît (rouge) 79 22 9 -5 (5) 105
Ludo le gars (vert) 100 23 18 +5 (7) 146

Note du jeu (sur cette partie) : 17 / 20

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BARBAROSSA :

Et vas-y que je te malaxe pâte à modeler de mes rêves, vas-y que je te modèle pour te donner la
forme de 2 objets de mon choix, vas-y que je te dépose, une fois mes oeuvres réalisées, au centre du plateau, en guise d’exposition surréaliste…
Oh les beaux objets !!! Diable, mais que sont-ce ces choses mystérieuses réalisées par ces
petites mains expertes qui s’ignoraient ? J’ai bien quelques idées, mais n’allons pas trop vite en besogne, gardons un peu nos sortilèges…
En même temps, pourquoi trop attendre ? En effet, trouver un objet adverse rapidement présente
deux intérêts majeurs : faire perdre des points au créateur génial et en faire gagner à soi. Alors, hop, j’engage les débats et désigne la baguette de pain, suivie de près par
Sylvain, grand connaisseur visiblement…
Comment l’ambiance ne pourrait-elle pas être bonne ? Ici, on peut admirer l’un des protagonistes,
Vincent pour ne pas le nommer, qui s’apprête à présenter une proposition à Thibault, hilare. A noter que les scores ont décollé, sauf pour… Vincent, lequel a tendance à couiner un
tantinet…
Et pic par ci, et toc par là, les flèches s’amoncellent sur nos objets. Les objets qui restent à
trouver redeviennent pénalisants pour le créateur, mais, en même temps, mieux vaudra être découvert avant la fin de partie (malus)…
Au tour de Thibault d’inscrire sa proposition et de me la présenter, alors que l’ambiance vire à
l’orange. En effet, Vincent sature du jeu, lui qui est loin bien loin des premières places, et Sylvain est à deux doigts de geindre suite à une question mal posée de sa part et à
laquelle Thibault répond justement mais pas en phase avec l’idée de Sylvain…
Coup du sort : je gagne la partie sur un jet de dé de Sylvain qui a rejoint la case Fantôme, ce
qui nous a tous fait avancer de deux cases, me permettant de le doubler juste sur la ligne ! Et là, l’ambiance vire au rouge, lorsque je dis avoir reconnu le dernier objet rouge :
une Télévision. Sylvain hurle sa rage, lui qui avait demandé à Thibault s’il y avait « un écran vidéo au-dessus » !!!
Pourquoi terminer ce compte-rendu sur ces deux beautés issues de notre maîtrise pâteàmodelesque ?
Et bien, parce que, justement, il est des fois des hasards absolument délirants, comme vous en conviendrez je pense : Sylvain et moi avons réalisé le MEME objet !!! Incroyable non ?
Une ampoule, d’ailleurs, pour informer ceux qui ne seraient pas experts en reconnaissance d’OMNI (Objets Modelés Non Identifiés)…
Bilan synthétique :

On a aimé
– Le fun généré par ce jeu surtout lorsque certains pêtent les plombs et que les autres en rigolent encore !
– La véritable simplicité de ce jeu sans prétention
– L’obligation de fabriquer des objets pas trop facilement reconnaissables mais pas trop durs non plus, histoire d’être identifiés en milieu de partie à peu près

On a moins aimé
– Les calculs que certains joueurs peuvent opérer : faire attention de ne pas reconnaître les objets de certains joueurs afin qu’ils se prennent un gros malus à la
fin

Scores de la partie :

 

Vincent (bleu) : -19
Thibault (rouge) : -6
Lucarty (jaune) : -1
Ludo le gars (vert) : Ziel

Note du jeu (sur cette partie) : 13 / 20

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LÖWENHERZ :

Et voici ma première partie de 2007 de mon jeu favori : Löwenherz. Aujourd’hui, nous
construisons un plateau aléatoire et nous entamons avec les cartes A, histoire d’évoluer sur un terrain très libre. A noter que nous éprouvons un petit souci pour que Bruno
place son dernier château gris à 6 cases libres de tout autre à lui, aussi nous l’autorisons à le mettre à 5 cases…
De cette partie, seuls deux joueurs ont déjà joué au jeu : Sylvain (rouge) et moi-même (violet).
Aussi, en tout début de partie, me permet-je de donner quelques pistes à Thibault (jaune) et Bruno (gris). En tout cas, la partie part sur d’excellentes avec des partenaires
ludiques qui sont tout sauf des tendres et qui se complaisent dans l’entourloupe !
Le premier royaume achevé est un violet (en haut), que j’ai terminé par choix après que Sylvain a
cru bon de me restreindre mon ambition. Du coup, je mise sur de l’expansion de royaume, tant qu’à faire, et on verra bien…
Bruno s’interroge sur la carte d’action à jouer : va-t-il suivre Thibault sur l’action C, en se
plaçant donc en conflit, ou va-t-il attaquer sur l’action A ou B, sachant qu’il risquera alors un conflit avec Sylvain ou moi, selon notre choix ?
Mon avance au score, certes bien visible, est extrêmement surestimée : en effet, je suis le seul à
avoir 2 royaumes clôturés mais mes adversaires se sont renforcés en chevaliers pendant ce temps (5 pour Sylvain, 4 pour Thiabult et Bruno, 3 pour moi) et leurs royaumes sont
potentiellement plus grands…
Première carte Colline de la partie, ce qui rapporte de précieux points à Thibault et moi-même,
les seuls à disposer de royaumes fermés. Mais c ‘est toujours pareil dans ce jeu : les choses ont tendance à changer, notamment lorsque les expansions se feront au sein des royaumes
adverses…
Deuxième carte Colline (celle des cartes C) et la situation commence à se décanter pour Sylvain,
puisqu’il accède à un royaume très costaud en haut à droite (3 chevaliers) sans voisin clos immédiat. Du coup, au niveau des scores, cela se ressert entre votre serviteur, Thibault
et Sylvain. Quant à Bruno, sa situation s’améliorera notablement lorsqu’il aura fermé son premier royaume…
Cette fois, la séparation entre gris et violet à droite place la partie dans sa configuration
attendue : les gros conflits vont pouvoir s’ébaucher et je ne suis d’ailleurs pas mécontent d’avoir stocké en main pas moins de 2 cartes Rénégat, pour transformer principalement les
chevaliers rouges, voire jaunes (7 rouges, 7 violets, 7 jaunes et 5 gris), afin de ne pas être trop menacé par mes gentils voisins…
L’action 1 proposée est de choisir une carte politique, l’action 2 de placer un gros mur,
l’action 3 d’en placer 2. Le coup classique consiste pour le premier joueur à se positionner sur l’action 2, afin d’éviter d’être en conflit avec un adversaire, sachant que ce
conflit aura tendance à apparaître sur l’action 3. Notez que le terme de « gros mur » est bien entendu une boutade…
Troisième carte Colline, celle des cartes D, et l’on s’achemine vers une fin de partie très
serrée, avec un Sylvain plus redoutable que jamais (2 royaumes de bonne taille clos et une excellente résistance à mes deux renégats successivement joués sur lui). Du coup, ma toute
petite avance au score risque bien de ne pas suffire du tout, notamment s’il me pique la ville de mon petit royaume du haut…
Et ça cause mes amis ! Et ça parlemente ! Et ça négocie sec ! En clair, Thibault et Bruno s’en
donnent à coeur joie pour réaliser la meilleure opération : soit faire l’action, soit engranger le profit compensatoire le plus attractif. Un vrai régal !
Les cartes E sont entamées et on sait qu’à tout moment le roi, notre père,  peut casser sa
pipe. Il semble que contrer Sylvain devienne un véritable casse-tête, même si je ne désepère pas de trouver un moyen en m’appuyant sur d’autres voisins que lui.
Et ça cause encore !
Et ça mise caché ! Avec tout son argent en plus !
La partie s’achève puisque Der König ist tot ! Il ne nous reste plus qu’à évaluer une dernière
fois les collines emprisonnées dans nos royaumes respectifs : 7 pour moin 6 pour Sylvain, 5 pour Thibault et une seule pour Bruno (pillé pour la bonne cause dans les derniers
rounds). Cela ne me suffira pas pour dépasser Sylvain, lequel, dans tous les cas, pouvait entrevoir le meilleur avenir en cas de prolongation de la partie (son dernier royaume, en
cours de construction en bas à gauche, lui aurait offert une avance déterminante).
Bilan synthétique :

On a aimé
– L’imbrication de mécanismes « à l’allemande » qui offre un superbe panorama de ce qui se fait dans le genre (surtout pour les nouveaux-venus)
– La très grande richesse stratégique au niveau des murs de frontières, lesquels servent des deux côtés
– La tension lors des négociations et l’ambiance survoltée qui en découle (surtout avec notre variante qui impose de réussir à faire son action pour que la carte Renégat ou
Alliance soit appliquée)

On a moins aimé
– La position en avance au score qui incite les copains à nous taper dessus, même
si les positions potentielles sur le plateau indique que l’on est en tête que temporairement

Scores de la partie :

 

Piste de score Collines finales Total
Thibault (jaune) 42 5 47
Bruno (gris) 24 1 25
Lucarty  (rouge) 45 6 51
Ludo le gars (violet) 43 7 50

Note du jeu (sur cette partie) : 20 / 20

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2 commentaires à propos de “[10/03/2007] Hermagor, Barbarossa, Löwenherz”

  1. Bonjour,

    Toujours d’aussi bons comptes-rendus de parties … !

    Petite précision pour Hermagor … Si mes souvenirs sont bons, Thibault n’ayant pas réussi à avoir de tuile marchandise au marché ( autre que spéciale) peut prendre une tuile marchandise au hasard dans le sac … afin de compenser sa "malchance"

    Stéphan

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