[10/04/2003] Euphrat & Tigris

Participants
– Julie, qui me harcèle littéralement pour rejouer à ce jeu, arguant du fait qu’elle n’y a pas jouée depuis le 27 juin 2002 (et oui, cela fait un bail…),
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Cette partie d’Euphrat & Tigris que nous nous apprêtons à entamer aura une coloration particulière ce soir, car on ne peut faire abstraction du lieu où se déroule le jeu : les bords du Tigre et de l’Euphrate, en Irak quoi… Alors, nous avons une pensée, dérisoire certes, pour les civils irakiens qui ont perdu la vie lors de cette sale guerre.
Comme à l’accoutumée, Julie s’empare des chefs dont le symbole est l’arc et me remet joyeusement ceux dont l’emblème est la vache sacrée, et nous nous lançons dans une nouvelle et palpitante partie de cet excellent jeu
.


Le jeu va débuter…


La situation inattendue après le conflit externe…

Le jeu se poursuit peu de temps sans nouveau
conflit : Julie se sent de plus en plus puissante au centre avec son chef
vert, aussi elle devrait, selon toute vraisemblance, venir expulser le
mien en conflit externe (elle a 3 tuiles d’avance sur le plateau). Histoire
de la narguer un peu et en raison d’un afflux impressionnant de tuiles
vertes derrière mon paravent (je les conserve depuis plusieurs
tours), j’en joue une dans mon domaine, ce qui réduit m’écart
à 2 tuiles.
Qu’à cela ne tienne, le tour suivant, sans se méfier de
mon apparente assurance, Julie provoque un conflit externe noir et vert.
Comme elle se sent forte en vert, elle commence par celui-ci et sort 2
tuiles de renfort. Aisément, je riposte en en sortant 4 à
mon tour pour égaliser et… l’écoeurer, surtout que cette
issue non prévue par elle annule le conflit noir (qu’elle aurait
d’ailleurs remporté car je ne pouvais pas rivaliser).


Julie commence à se demander ce qu’elle va bien pouvoir faire…
Ce n’est pas fini 😉

Heureusement pour elle, elle réussit
à ré-installer son chef vert au centre du jeu, dans le grand
domaine, et elle contraint le mien à l’exil. J’échaffaude
alors un plan diabolique : je place une tuile catastrophe sur le Tigre
afin de couper le royaume en 2 (voir photo ci contre), puis je place mon
chef vert dans la petite moitié du royaume mais celle qui contient
le plus de tuiles vertes. L’idée est de relier à nouveau
les 2 royaumes, le tour suivant, afin d’expulser son chef en conflit externe
! Dur, oui je sais, ça c’est un peu dur !
Mon plan fonctionne à merveille, ce qui afflige Julie, même
si elle réussit à revenir dès le tour suivant, grâce
à un conflit interne que je n’avais pas pu préparer.


Une vue rapprochée du plateau, juste avant que le pion vert
de Julie retourne dans ses foyers…

Plus le jeu avance, plus j’impose une puissance
difficilement contestable. Julie voit ses chefs repartir un à un
et se retrouve bientôt avec 0 pion sur le jeu ! Elle éprouve
les pires difficultés pour revenir et ne sait plus du tout quoi
faire pour s’en sortir.
Gentille, elle a même construit 2 monuments : un Noir/Vert et un
Noir/Bleu, alors que sa faible position aurait raisonnablement du l’en
dissuader… Je lui vole sans difficulté ses 2 bâtisses et
mes revenus augmentent de manière délirante chaque tour
: 6 cubes de rente + au moins 2 de plus (tuiles ou conflits) !

Nous pensions que le jeu allait se terminer
pour cause de pénurie de tuiles. Il n’en est rien, puisque je me
rabats sur les trésors disponibles afin d’abréger les souffrances
de ma partenaire.
La partie s’achève et nous faisons les comptes.


La configuration finale du jeu, avec une vue de mon butin et de mes
tuiles en réserve

Nous commençons l’un et l’autre à placer nos chefs noirs dans la partie centrale du plateau, la plus stratégique car ouverte sur l’ensemble du jeu. Julie se montre, une fois n’est pas coutume, plus agressive et présente de manière forte sur le plateau.
Je ne baisse pas les bras et je constitue un front face à elle qui est également assez robuste, même si mes  réserves derrière le paravent ne sont pas toujours les  plus intéressantes.

Assez rapidement, je décide de provoquer
un premier conflit externe afin d’éviter que Julie s’installe
trop durablement au centre : 2 conflits sont au programme (un noir et
un rouge). Raisonnablement, je pense remporter le conflit rouge (avec
3 tuiles derrrière mon paravent ajouté à mon avantage
de 1 sur le plateau, cela me procure une avance confortable de 4) mais
je pense perdre le conflit noir (avantage de 1 grâce à
une tuile de renfort).
Je commence donc par le conflit noir, histoire d’être fixé,
et là, coup de théâtre je le remporte ! Fort satisfait,
je me hâte de fignoler en résolvant le second, et là,
coup de théâtre, je le perds !
Bilan très mitigé donc et illustrant bien les surprises
que ce jeu peut réserver…


La situation avant le premier conflit externe de la partie…


Une vue rapprochée de mon paravent : avec mes 5 tuiles vertes,
je suis prêt à contre carrer les plans de Julie sur cette
couleur. Gniark, gniark…

Par la suite, je réussis à
renforcer mes positions sur le plateau, en ne laissant jamais une minute
de répît à Julie, qui est attaquée de toute
part, dès que j’en ai l’occasion : un vrai rouleau compresseur…
Elle commence à déprimer la pôvre !


Mise à part mon chef vert excentré sur la gauche, mes
positions sont solides et difficilement endommageables…

Qu’à cela ne tienne après
tout, j’ai récolté des cubes verts en nombre par deux
fois et ce n’est pas ma couleur la plus faible. Je poursuis donc la
création d’un carré 2X2 noir dans le but d’y créer
bientôt un monument Noir/Rouge.
En 3 tours, c’est fait et je commence à glaner cube sur cube,
alors que Julie commence à sentir le vent mauvais…

Dans la foulée, je subtilise un trésor
dans une zone quasi-vierge du plateau (le confluent), avec l’aide de
Julie qui a commencé à créer un domaine bleu. Mon
chef vert se sert puis repart. Cool.


Une vue générale où ma puissance est à
son paroxysme : aucun chef de Julie n’est toléré sur le
plateau et je contrôle les 3 monuments du jeu…


Juste après un renversement de paravent mémorable et
un éparpillement des cubes sur le sol, je fais de la monnaie
pour me faciliter le décompte

Décompte final
Je gagne la partie avec un total de 24 points contre 10
pour Julie.
Détails de la répartition :

Couleur
Julie
Ludo le gars
Total
Bleu
16
19
35
Vert
11
24
35
Rouge
10
24
34
Noir
8
26
34
Trésor
3
5
8
Total
48
98
146

Débriefing
Julie n’aura pas réussi à mettre à profit ses 9 mois et
1/2 de retraite par rapport à ce jeu pour en tirer les enseignements
nécessaires à une meilleure issue : encore une défaite
particulièrement salée… Il faut dire que non contente de se
montrer naîve sur le jeu (conflit externe vert du début de partie),
elle m’a en plus aidé à construire des monuments qu’elle ne pouvait,
de toutes manières, pas conserver longtemps. Il est certain qu’il est
trop risqué de construire de monuments lorsque l’on est plutôt
faible sur le plateau.

Cette partie, incroyablement sauvage et rythmée
par les conflits incessants pour les positions centrales, fut très appréciée
de nous deux. Au niveau des enseignements tactiques, je rajouterais ceux-ci
:
– Il faut savoir « sentir » le moment pour attaquer : aucune victoire
à ce jeu sans des conflits externes bien « sentis »,
– Dans le prolongement de l’importance des conflist externes, il convient de
surprendre son adversaire en sortant des tuiles de renfort au lieu de les avoir
déjà placées sur le plateau (double risque : pas de surprise
et éjection possible donc points de victoire pour l’adversaire),
– Il n’est pas préjudiciable d’avoir une couleur, et une seule, à
la traîne, car les trésors collectés se placeront, dès
lors, tous dans cette couleur, ce qui optimisera leur fonction,
– Les tuiles catastrophes peuvent avoir des effets divergents par rapport à
leur fonction première : lorsque je joue l’une des miennes pour couper
le grand royaume et implanter mon chef vert, je le fais dans l’unique but de
revenir en conflit externe dans le grand royaume (elle est utilisée comme
outil de destruction au service de la reconstruction : cela ne vous rappelle
rien ???).

Pour finir, renouvelons une fois de plus les louanges sur
ce jeu, indiscutablement un des tous meilleurs de ma ludothèque.
Un seul défaut à mon avis : il ne m’est pas toujours facile d’accepter
d’y jouer, car, avant d’attaquer la partie, j’ai toujours l’impression que le
jeu est prise de tête, alors qu’une fois celle-ci terminée, je
ne peux que mentionner sa légèreté.

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