[14/03/2004] Die Händler

Participants
– Julie, qui revient, petit à petit, sur les jeux de « bonne taille », et à qui je suis ravi de faire partager ma partie de découverte de ce jeu,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Ayant lu les règles de Die Händler une semaine auparavant, j’avais en tête la trame générale du jeu, mais il m’a fallu quand même un assez grand moment pour être opérationnel dans l’explication. Je choisis donc la méthode classique, qui consiste
à lire la règle de concert, tout en préparant le matériel.
Julie choisit l’armurerie rose alors que je choisis l’armurerie orange, puis nous optons pour la mise en place d’école conseillée dans la règle : les wagonnets sont placés dans 3 villes de départ, le messager est placé à 2 encablures de Bruges et nous constituons des paires de cartes habiletés spéciales que nous mélangeons. Le hasard fait que nous nous retrouvons avec les 2 paires les plus uniformes (une carte à 400 et l’autre à 600), c’est à dire que Julie pourra déplacer 2 wagonnets d’une case ou un wagonnet de 2 cases (en plus de son mouvement classique) et qu’elle aura également la possibilité de mouvoir le messager d’une case ; de mon côté, je pourrai intervenir sur les taux de marchandises, en faisant varier d’un rang une marchandise après révélation des disques (excepté la bascule valeur max à valeur min), et je paierai toutes mes marchandises 100 ducats quel que soit leur taux. Deux stratégies assez différentes se dessinent donc : Julie va pouvoir acquérir une multitude de cartes d’influence (messager) en essayant de faire fructifier ses capitaux par ce biais, alors que je vais bénéficier d’un avantage certain en ce qui concerne les achats de marchandises (je vais souvent faire le plein sur les wagonnets, encore faudra-t-il que Julie me permette de les convoyer sans trop de soucis…).


La mise en place initiale du jeu : configuration de base proposées
dans la règle…


Une vue rapprochée de la première ville livrée
: Bruges. Julie ne le sait pas encore, mais elle ne pourra pas charger
sa marchandise rouge (draps) présente dans son entrepôt,
puisque je vais en acheter 3 et les charger direct dans le wagonnet
(elle mettra malgré tout la marchandise verte de nourriture)…


Cette photo résume les stratégies des 2 joueurs, dictées
par leurs habiletés spéciales : Julie fait progresser
le messager et le wagonnet côte à côte (lui permettant
de gagner des cartes et m’empêchant de le faire), alors que je
charge les wagonnets à blocs (3 rouges en haut et 3 verts en
bas) histoire de gagner beaucoup d’argent lors des livraisons…


La partie s’achèvera dès lors qu’une ville de plus
aura été visitée. Tout le problème tient
dans cette phrase : je dois accélérer la partie (2 rangs
au dessus de Julie) afin de l’emporter alors qu’elle aurait tout intérêt
à la ralentir au maximum en empêchant les livraisons. Si
elle bloque le wagonnet du centre et qu’elle me fait attendre 2 tours,
je ne pourrais jamais payer mes frais d’entretien et elle pourrait gagner
en raison d’une carte de crédit devant moi lors de la 6ème
ville visitée…


Comme prévu, je relie la ville du haut avec le wagonnet et
nous allons procéder aux ventes liées à cette ville.
Julie utilise une carte verte pour acquérir 800 ducats de plus
(vente spéciale) et elle empoche 1000 ducats de plus que moi
sur cette vente. En réalité, je m’en moque puisque je
vais pouvoir augmenter mon niveau social d’un rang et ne pourrai pas
être rejoint…


Julie n’a pas encore commencé sa course d’acquisition des
cartes d’influence vertes dont elle aura besoin pour espérer
contrer mes avantages liés aux coûts des marchandises.
En tout cas, alors qu’elle n’élève pas son niveau social,
je lui mets la pression rapidement en l’augmentant de 2 rangs dès
le premier tour…


Moment important car décalé : je suis le premier à
utiliser une carte d’influence ! Cela me permet de bloquer le wagonnet
que Julie aura eu certainement envie d’avancer jusqu’à la ville
la plus proche (gain d’argent). En revanche, cela marque le point de
départ de la course aux cartes de mon adversaire…


Une vue imprenable sur le contenu de mon sac, juste après
l’encaissement de 5800 ducats en règlement de la vente des denrées
visibles sur la photo de gauche. A cet instant, je suis très
en avance et j’augmente sans scrupule de rangs mon niveau social..


Après une dizaine de minutes de réflexion, Julie se
décide à faire avancer le wagonnet du centre en direction
de Cologne (en haut), ainsi que le chariot de la gauche et le messager
(résultat : 1 carte pour elle). Je ne comprends pas trop pourquoi
elle a agit ainsi, car elle me laisse l’opportunité de clore
la partie en livrant la ville du haut (ayant 2 rangs d’avance, si j’augment
d’un rang supplémentaire, elle ne peut pas m’empêcher de
l’emporter)…


Une vue de la configuration finale du jeu : d’après ses dires,
Julie avait omis qu’elle ne pourrait pas augmenter de 3 rangs d’un coup
(heureusement pour elle, ses finances ne lui en laissaient pas l’espoir)…

Décompte final
Durée de la partie : 2 heures – Mise en place du
jeu : 15 minutes – Explication des règles : 30 minutes
Ludo le gars remporte cette partie avec un niveau social occasionnant 1600 ducats
de frais d’entretien (reste en ducats : 1300) devant Julie avec un niveau social
occasionnant 1300 ducats (reste en ducats : 1700).

Débriefing
Magnifique jeu ! Malgré nos craintes initiales liées à
une mise cachée à deux joueurs et, qui plus est, des négociations
à deux joueurs, nous avons passé un très agréable
moment, notamment en raison des habiletés spéciales qui génèrent
un jeu très riche. Il est clair que les habiletés remises en début
de partie dicte la manière de jouer, mais cela n’est pas du tout désagréable,
bien au contraire, et nous imaginons déjà tout le sel du jeu lorsque
nous essaierons la variante d’enchères pour les cartes au début
de la partie.

Die Händler est un jeu très fin, où chaque action compte,
où chaque pièce est précieuse et où il ne faut pas
vouloir aller trop vite (rangs sociaux). En même temps, il ne doit pas
falloir se faire distancer, car plus on attend, plus cela coute cher et on ne
peut augmenter que de 2 niveaux maximum par tour, ce qui interdit des avancées
fantastiques.
Le système de variation des taux est un pur bonheur à 2 joueurs,
puisqu’on est sans arrêt en train de se dire : « Je pense qu’elle
pense que je pense que… » ce qui nous oblige, parfois, à faire
basculer une denrée importante pour soi de la valeur la plus haute à
la plus faible, car on est convaincu que l’adversaire aura joué au moins
une augmentation sur cette denrée (pour provoquer la bascule). Ainsi,
cette denrée sera un peu plus haut que si l’on n’avait pas anticipé
cette décision de l’adversaire. Mais, bien entendu, s’il ne le fait pas
et qu’on est le seul à provoquer la bascule, on s’en mord les doigts
car on se fait du mal tout seul !!!

Au final, le jeu, très sympa à 2, doit, à notre avis,
se bonifier encore à 3 joueurs, mais devenir un soupçon trop chaotique
à 4 (variation des taux), même si, en revanche, les négociations
de chargement doivent se durcir et le déplacement des wagonnets doit
s’orienter vers la moins mauvaise destination à défaut de la meilleure…
Toujours sympa…

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