[14/12/2007] Agricola, Ubongo extrem

The BIG game d’Essen, celui qui a fait la plus grosse impression aux gros joueurs, celui qui possède tellement d’allemand dans le texte qu’à côté un livre de Stendhal paraît bien mince, celui dont la boîte pèse pas loin du quintal, en bref le jeu qu’il me tardait vraiment d’essayer (en dépit d’inquiétudes bien légitimes liées à ma non-germanophonie), le tout beau, tout lourd et tout allemand Agricola est bien sorti ce soir sur la table de jeu !!!
Certes, au départ on pensait se la jouer kakou, en attaquant direct avec la version qui donne à chaque joueur une main de 14 cartes (tout en allemand bien sûr) et puis finalement on s’est ravisé, jugeant qu’on aurait déjà fort à faire avec le texte des cartes bleue, vertes et rouges, obligatoires pour jouer, et les non moins nombreuses illustrations légendées du plateau (en alle…jycomprendrien 🙂 bien sûr ! On a donc opté pour la version dite familiale (mon oeil d’ailleurs…) et on a bataillé ferme avec un jeu de 3 grosses heures (pour cette première partie, facilement descendable à 2 heures / 2 heures 15 je pense). Et puis, on est loin, mais alors très loin, d’avoir fait le tour du jeu dans cette version familiale ! Alors quand, en plus, on sait qu’il y a 4 niveaux de jeu possibles (selon les cartes avec lesquelles on joue) et bien on peut légitimement se dire qu’on a affaire à un gros truc quand même. Un de ces jeux qui feront date…

Ensuite, pour terminer la soirée, on se fera péter 3 neurones sur une version extrême d’Ubongo : Ubongo extrem, avec des pièces à base hexagonale au lieu de carrée. Un chouette jeu de rapidité, dont seul le système de décompte aura prêté à couiner.

Un très grand merci aux différents traducteurs, français et anglais, lesquels ont proposé des traductions des règles mais aussi des cartes ou des aides de jeux (je vous conseille notamment le tableau de scores du BGG pour Agricola).
Et maintenant, place au reportage tout en images…

AGRICOLA :

Orange et bleue, la boîte d’Agricola a un look bien à elle qui me plaît beaucoup. On n’aime ou
pas, mais moi j’aime bien, alors je vous la montre…
Le jeu vient d’être mis en place, chaque joueur possède un plateau individuel prêt à accueillir
sa maisonnée (2 pièces et 2 paysans) et son exploitation agricole. Au centre, les 3 plateaux assemblés qui exposent les actions possibles. A gauche, dans les tons rouges, les 10
cartes d’améliorations majeures…
Nous sommes en cours de premier tour de jeu et Romain s’apprête à choisir l’action de son second
paysan. A la manière d’un Way out West de Wallace, chaque action n’est disponible qu’une fois (dès qu’un paysan
occupe la case, elle n’est plus disponible pour les autres). Je dois vous dire que je suis vert que Rosenberg ait ré-utilisé ce système car j’ai moi-même conçu un prototype
de gros jeu qui s’en sert et va plus loin…
Fin du premier tour : chacun a joué deux actions, marquées par des disques à sa couleur ( bleu
pour Romain, naturel pour Marc, violet pour Franck, rouge pour Sylvain et vert pour votre serviteur). En ce qui me concerne, par exemple, j’ai utilisé mon premier paysan pour
collecter 3 disques de bois et le deuxième pour me lancer dans l’élevage de cochon cul noir du Limousin (avec la prise d’un cube noir qui trônera sur mon canapé)…
Une vue de mon plateau individuel avant que l’on attaque le troisième tour de jeu où je serai
premier joueur (cylindre jaune acquis en plaçant au tour 2 l’un de mes paysans sur l’action Start player). Autre action choisie au deuxième tour : l’acquisition d’un jeton de
céréales (jaune) prêt à être semé dans un champ que je vise acheter au tour 3. Tout un programme…
Franck hésite sur son choix à faire, tandis qu’au premier plan on peut voir un empilement de 3
jetons jaunes (céréales) sur mon plateau, correspondant à la récolte que j’aurai lors des 3 prochaines récoltes (fin des tours 4, 7 et 9). J’ai donc réussi à labourer un
champ (tour 3) puis à semer (tour 4), ce qui est assez difficile car ces 2 actions ne sont disonibles qu’une seule fois pour tous les joueurs. Ah, la gestion de ses
priorités…
Petite vue des actions choisies lors du tour 4, juste avant la récolte : semis de céréales sur
mon champ et acquisition de 3 jetons d’argile en prévision d améliorations majeures (cartes rouges) qui semblent fondamentales pour passer au cran supérieur de développement…
Mon plateau individuel juste avant que nous récoltions (3 étapes) : récolte d’un jeton par champ
ensemencé (1 céréale pour moi), nourriture à donner à notre maisonnée à raison de 2 jetons par paysan (4 pour moi, exactement ce que j’ai) et enfin reproduction des bestiaux si au
moins 2 de la même espèce sont présents dans l’exploitation (rien pour moi)…
On est reparti sur un tour classique et je mets à profit mes jetons d’argile pour acquérir
le Four en argile, lequel me permettra de faire un pain particulièrement savoureux : 5 jetons de nourriture pour un jeton de céréale ! Seulement, et on se trompera durant deux
tours, on ne peut le faire qu’à condition d’avoir choisi l’action « Semer » et non pas quand on veut !
Mon plateau individuel se remplit de bois (9 jetons marrons déjà) et de jonc (4 jetons blancs)
car je vise l’extension de ma maison, à raison d’une dépense de 5 jetons de bois et de 2 de joncs pour une pièce de plus. Je vais donc devoir acquérir encore un peu de bois (au
moins un) avant de faire le choix d’extension de la maison, puis je viserai l’extension de ma famille (1 pion par pièce de la maison)…
Fin du tour 6 et seul Romain a réussi pour l’instant à étendre sa maisonnée : il a donc 3 actions
par tour de jeu au lieu de 2, ce qui apporte un plus incontestable même s’il a une bouche de plus à nourrir… A premier plan, on peut admirer une jolie pâture d’une case sur le
plateau de Sylvain, au sein de laquelle il y a 2 cubes de moutons (blancs)…
Mon plateau individuel est clairement celui d’un architecte fou qui multiplie les pièces avant
même d’avoir les habitants qui vont avec ! Aucun élevage proprement dit (seul le cul noir acquis en début de partie) et un seul champ (pour l’instant car je compte bien me
développer sur ce point)…
Exception surmon blog : une vue grand format à un moment intermédiaire : la fin du tour 9 (tour
de récolte). La partie s’accélère car les tours de récolte sont à présent une fois sur deux (tours 9, 11, 13) voir deux fois d’affilée (tour 14 = dernier tour de jeu). La situation
n’est pas simple à évaluer car le décompte final est abscons : tout devra être comptabilisé et il ne sert à rien de partir sur une seule facette (élevage, culture, taille de la
maison, nombre d’habitants, …) car il faut surtout éviter de n’avoir rien du tout dans un domaine (points de pénalité). Ceci dit, le paysan en plus de Romain semble lui donner un
avantage qu’il rentabilise rapidement…

 

Mon plateau individuel s’orne fièrement de 4 pions de paysans mais aurais-je le temps de vraiment
en tirer profit ? Ajoutons que 8 pions nourriture à fournir à chaque récolte, cela fait peur…
Une vue générale de la situation, permettant notamment de se rere compte que Sylvain, Franck et
Marc s’en donnent à coeur joie sur les élevages de bestiaux…
Romain et Marc semblent assez bien partis (mais c’est dur à dire, je le rappelle). Je suis obligé
de préciser qu’ils doivent aussi leur bonne place à une grossière erreur de règle qui leur profitera au moins pendant 3 récoltes : à l’aide du potier (amélioration rouge) pour
Romain, du menuisier pour Marc et du vannier pour Franck (mais plus tard), ils convertissent à chaque fois, respectivement, argile, bois et jonc contre de la nourriture, sans
restriction, ce qui les met à l’abri de ces soucis-là (normalement, ils ne peuvent convertir qu’un seul jeton pour 2 nourritures !)…
Sylvain mise une grosse partie de son développement sur l’élevage et il tente de diversifier ses
bestiaux, en acquérant moutons, cul noirs et autres boeufs de belle taille. Beacuoup d’actions sont dépensées en ce sens et cette spécialisation comporte des risques non
négligeables : manquer de cultures céréalières ou légumineuses et d’actions consacrées à l’acquisition de jetons de nourriture. Du coup, lors des récoltes, il dépense pas mal de
cubes de bestiaux pour nourrir sa famille…
Marc me fait flipper lors du dernier tour car il fait évoluer sa maison du bois vers le torchis,
action que je voulais prendre après avoir récupéré 3 jetons d’argile nécessaire. Grosse hésitation de ma part car Romain n’a pas encore réalisé cette évolution et il n’est pas sûr
que je puisse prendre la deuxième action avant lui. Du coup : dois-je consacrer une action pour prendre les jetons d’argile ? Oui, je tente le coup, on verra bien !
La partie est terminée et chacun des plateaux individuels vous est présenté après la récolte du
tour 14 : le plateau de Romain est le seul à n’avoir aucune case inutilisée. De plus, ses richesses de culture sont impressionnantes. Enfin, il n’a négligé ni ses pâtures, ni ses
étables. Trois bémols : ses étables occupent certes des cases mais n’étant pas dans des pâtures, elles ne rapporteront pas de point, aucun boeuf marron et surtout pas de maison en
torchis.
Le plateau de Marc : des pâtures impressionnantes, des jetons à profusion (dont le bois qui lui
rapportera des bonus), une maison en torchis. Bémols : pas de boeuf marron, pas d’étable  et 4 cases inutilisées…
Le plateau de Franck : une maison en torchis, des étables, des bestiaux de chaque type et
des champs qui lui offrent quelques cultures. Bémols : 5 cases inutilisées, 2 étables à 0 point et pas de grandes dominantes pour marquer beaucoup sur un type d’élément.
Le plateau de Sylvain : des élevages impressionnants, des cultures correctes et une maison en
torchis. Bémols : beaucoup de cases inutilisées, pas énormément de jetons de culture, une seule étable.
Mon plateau individuel : une maisonnée très fournie, 5 pièces en torchis, 3 champs avec pas mal
de cultures. Bémols : une pâture unique sous-utilisée, pas assez d’espèces animales.
Et voici la configuration finale de cette grosse partie, malheureusement entâchée de 2 erreurs de
règles liées aux conversions des céréales (à mon profit et celui de Marc durant 1 tour de récolte) et de bois, argile et jonc (au profit de Romain, Marc et Franck pour 3 tours de
récolte environ). Romain remporte cette partie de découverte grâce à sa bonne homogénéité de développement et sa maisonnée ayant crû précocément…
Bilan synthétique :

On a aimé
– Le matériel de jeu, servi à profusion et qui est vraiment attractif malgré la langue de Goethe présente de partout (je pense accoller des stickers en français sur le plateau,
les cartes Round et les cartes Actions : cela doit suffire),
– La richesse hallucinante proposée dans cette boîte : 4 versions, dont une familiale qui à elle-seule tient la route pour moult parties,
– Le système de choix des actions, qui m’a rappelé celui de Wallace dans plusieurs jeux, et la montée en puissance avec les actions supplémentaires proposées (cartes Round) et la
taille de la maisonnée (à la Tempus),
– Le réalisme global du jeu,
– La règle finalement simplissime mais aux possibilités gigantesques.

On a moins aimé
– Le calcul des points de victoire qui oblige à se développer de manière homogène alors que des spécialisations nous auraient paru sympas aussi,
– Le nombre de paramètres qui s’enchaînent, donnant un jeu dans la veine de Caylus ou Cuba, avec des conversions de jetons en tout sens,
– La difficulté pour attaquer vraiment un joueur, à l’exception de la zone de choix des actions,
– La quantité de texte en allemand quand même… 😉

Scores de la partie :

Romain (bleu) : 28 (erreur sur la fiche avec les étables)
Marc (naturel) : 27
Franck (violet) : 24 (erreur sur la fiche avec les étables)
Lucarty (rouge) : 22
Ludo le gars (vert) : 24

Note du jeu (sur cette partie) : 16 / 20

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UBONGO EXTREM :

Prenez 4 joueurs fatigués par leur partie d’Agricola, un système de puzzles à la Tetris, un zeste
de règle de décompte qui foire, de jolies pierres de pacotille et vous avez affaire à un bon p’tit moment de fin de soirée…
Contrairement à Ubongo classique, où les pièces étaient à base carrée, ici les pièces sont à base
hexagonale, ce qui a tendance à rendre les puzzles de plus en plus difficiles à résoudre, même en version débutant (3 pièces requises)…
Le gars Ludo au boulot, pour le moment avec les rouges…
Romain n’y arrive guère : on ne peut pas être bon à tout :-)))
Sylvain apprécie la manoeuvre et s’en sort plutôt bien, assez doué également pour piocher des
pierres bleues ou rouges du sac !
Petite originalité : on ne joue pas toute la partie avec les mêmes pièces : on tire au hasard sa
couleur à chaque tour. Aménagement qui doit viser à ne pas s’habituer à une couleur et formes de pièces, mais bon, peu excitant…
Petite vue de ma zone individuelle : puzzle rouge fini, tuile de rappel des points (1 par pierre
jaune, 2 par pierre verte, 3 par pierre bleue et 4 par pierre verte), et mes collectes actuelles. A noter que je suis un vrai poissard, ayant pioché dans le sac 2 jaunes, 1 verte et
1 rouge (les 2 bleues + 1 jaune m’étant revenu parce que j’avais réussi 3 puzzles soit en premier soit en deuxième)…
Sylvain se crispe sur certains puzzles et moi, forcént, je me marre !
Marc se débrouille assez bien, mais est moins doué pour la pioche que Romain ou Sylvain…
Romain a vraiment du mal, mais il pioche pierre rouge sur pierre rouge dans le sac !!! Pas grave,
donc…
L’ambiance est bien tendue et donc sympathique. A noter que nous terminons régulièrement le puzzle
avant la limite du sablier, probablement parce que nous jouons avec ceux à 3 pièces.
Fin de partie et décompte des points. Sentiment extrêmement décevant car ce n’est pas celui qui a
réussi le plus de puzzles qui va l’emporter, tant la pioche des pierres est aléatoire. On aurait préféré gagner 1 pierre rouge (4 points) en cas de réussite en premier et 1 pierre
verte (2 points) pour le second, au lieu des points attribués (variante à tester).
Bilan synthétique :

On a aimé
– Le système de jeu, simplissime et toujours aussi attrayant.

On a moins aimé
– Le système de décompte, totalement chaotique, et qui ne fait pas gagner forcément celui qui a le mieux joué (et pourtant, dans un jeu de rapidité, c’est quand même ce qu’on
recherche !),
– Le manque de pertinence du changement de couleur par tour,
– Le manque de valeur ajoutée de ce jeu par rapport à la version de base.

Scores de la partie :

Marc : 31 (6 jaunes, 3 vertes, 5 bleues,1 rouge) avec 15 pierres
Romain : 15 (2, 1, 1, 2) avec 6 pierres
Lucarty : 37 (1, 3, 6, 3) avec 13 pierres
Ludo le gars : 34 (7, 2, 5, 2) avec 16 pierres

Note du jeu (sur cette partie) : 13 / 20

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5 commentaires à propos de “[14/12/2007] Agricola, Ubongo extrem”

  1. Juste un commentaire pour signaler que j’ai mis à jour le score de Romain car celui-ci comptabilisait ses étables, or, comme elles sont hors des pâtures, elles ne servent qu’à occuper des cases inutilisées, mais ne rapportent aucun point.
    Pas de changement du nom du vainqueur, mais à 1 point seulement…

  2. Rétroliens : [Incontournables] Les jeux de l’année 2007 |

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