[15/04/2006] Age of Steam – Amérique du Sud, Aton, Caylus

Thématique des Ludophiles ce jour, autour des jeux sur les progrès humains :  » De la roue à la carte à puce« . Une foule de jeux, longs et sérieux pour la plupart, avec au final bien peu de parties par joueur. En ce qui me concerne, j’ai consacré mon après-midi et ma soirée à deux monstres du jeu de société moderne, à savoir l’inénarrable Age of Steam et le nouvellement réputé Caylus, parties entrecoupées du petit Aton, un jeu à deux qui reçoit un accueil favorable du public.
Age of steam, version Amérique du Sud, éditée par nos compères canadiens Pierre Paquet et Martin Sasseville, est une carte d’extension bien dans la lignée des extensions officielles de Martin Wallace et/ou John Bohrer. J’ai bien aimé le côté très abordable de cette carte qui ne dépayse pas trop de la carte de base.
Caylus, en revanche, aura pour moi été une demi-déception, car ce jeu exemplaire dans ses mécanismes, ne correspond pas vraiment à ce que j’apprécie le plus dans un jeu. J’y reviens dans le compte-rendu.

AGE OF STEAM – AMERIQUE DU SUD :


Cette carte de l’Amérique du Sud permettra à François de découvrir ce magnifique jeu qu’est Age of Steam. Ici, la photo est prise en fin de premier tour et elle permet de voir que rouge, noir et vert sont un poil agglutinés dans le coin nord-est, alors que violet a le champ libre sur le reste de la carte. On va souffrir, surtout que le violet, ben c’est Romain…

Pour le second tour de jeu, l’action spéciale que choisit Romain est celle qui remplace le Turn Order, à savoir El Presidente ! Cette action, au nom évocateur, permet de soutirer un $ à chaque joueur qui fait transiter un cube par la ville de Buenos Aires (départ, arriver, passage). Romain se rendra compte que c’est un peu tôt, peut-être pour miser sur cette action.

La partie est bien tendue comme il faut, comme dans toute bonne partie d’Age of Steam qui se respecte. François comprend vite ce qu’il faut faire, mais nous ne sommes pas surpris…

En fin de deuxième tour, la situation a considérablement évolué avec un François qui n’a pas froid aux yeux avec la construction d’un second réseau noir au centre à gauche. A noter qu’en début de partie, fait rare, j’ai misé fort cher pour être sûr de pouvoir m’implanter en plein centre de la carte afin d’être ouvert à gauche comme à droite.

La ville de Buenos Aires est à la fois un lieu craint (à cause de la taxe de 1$) et recherché (alimentation automatique d’un cube à chaque tour). Cette photo permet de voir qu’on se mobilise rapidement pour s’y connecter, ce qui incitera plusieurs d’entre nous à choisir l’action El Presidente. A noter, fait non négligeable, que François a réussi à relier ses 2 réseaux, alors que Romain en a souffert de manière colossale et qu’il se retrouve assez mal positionné.

Une vue générale à mi-partie. Nos scores sont somme toute assez serrés mais cela est trompeur : les titres émis et le nombre de locomotives déjà possédées tendent à metter en avant Sylvain (rouge) et moi-même (vert), sans que l’on puisse exclure François. Romain, quant à lui, semble distancé pour l’instant et il lui faudra faire fort pour revenir.

L’une des deux grosses enchères de la partie : Sylvain la remporte face à François pour la bagatelle de 11 $ à 10 ! Comme l’action vitale était à ce moment la Locomotive, l’un comme l’autre savaient très bien qu’il faudrait monter haut.

Situation peu habituelle, surtout pour nous qui jouons avec la version 1 des règles : interdiction de placer un tronçon complexe directement sur le plateau. Ici, je joue la tuile 1, puis la 2, avant d’expliquer à mes camarades que j’ai le droit de jouer la tuile 3 puisqu’elle s’impose d’elle même (je relie mes 3 liaisons arrivantes). On ne discutera pas 3 heures, mes adversaires étant de parfaits gentlemen 😉

La carte est à présent diablement remplie et les cubes commencent à se faire rares pour certains, ou alors pas assez rentabilisés par rapport aux locos (n’est-ce pas Sylvain…). La piste de scores atteste de l’avancée en tête de Sylvain et de votre serviteur, talonnés par François, alors que Romain est vraiment en retard.

La zone où j’avais préalablement réalisé ma jonction triple a bien changé : Romain a eu le mauvais goût d’urbaniser la ville en métropole violette, laquelle m’interdit de déplacer les 3 jolis cubes violets qui n’attendaient que ça (lorsqu’il l’a fait, il n’était pas du tout présent en ce lieu et dieu que j’ai râlé… 😉

Comme dans toute bonne partie d’Age of Steam digne de ce nom, il faut bien jouer debout de temps à autres. Et comme la fin de partie s’avère particulièrement tendue, ben on ne peut pas faire autrement… Mémorable dernier tour avec une enchère remportée 15 à 14 par François devant moi !

Une vue de la situation finale, une fois que nous avons procédé à notre dernier recul dû aux impôts. Je mène la partie sur le plan des titres et de la piste de scores, reste à voir ce que donnent mes liaisons…
Bilan synthétique :

On a aimé
– La simplicité générale de cette carte, bien dans l’esprit de la carte de base et celle de l’Angleterre
– L’action El Presidente qui propose vraiment une action novatrice
– La configuration à 4 joueurs sur cette carte (voir 5, ou si on est des malades : 6 !)

On a moins aimé
– Le peu de nécessité, finalement, de se rendre derrière la Cordillière des Andes

Scores de la partie :

 

Piste Titres Liaisons Total
Lucarty (rouge) 28 15 23 62
Romain (violet) 26 14 20 56
François (noir) 30 14 22 70
Ludo le gars (vert) 33 12 19 82

 

Note du jeu : 19 / 20

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ATON :


Aton est un jeu éminemment abstrait, avec un look égyptien qui lui va finalement assez bien (un peu comm Râ). Ici, au premier plan on peut voir ma main de 4 cartes (valeurs possibles de 1 à 4) lesquelles serviront à se positionner sur chacun des 4 cartouches devant soi. Ceux-ci influent sur le jeu de chacun : PV, premier joueur, nombre de jetons adverses à retirer et où, nombre de jetons à soi à placer et où.

François, vêtu de son tee-shirt VIP de la Caylus Cup, me serine la tête à me répéter qu’on jouera à Cylus juste après, qu’il n’attend que ça, et bla bla bla… Revenons à Aton, pour dire que le bluff requis par le placement des cartes n’est pas des plus réussis, à mon goût, à cause du manque de variété des cartes (de 1 à 4, on ne va pas loin). De même, je trouve le jeu curieux, quand même, avec ses implications indirectes permanentes.

Fin d’une année (avec les 8 cases occupées au royaume des morts) et nous allons décompter chaque temple. Il est difficile de tout prévoir…

Une vue en fin de partie, une fois que les décomptes ont été réalisés et ont consacré François. Le jeu tourne bien, le système est un tantinet alambiqué, et finalement on reste avec un goût bizarre dans la tête.
Bilan synthétique :

On a aimé
– Le look général du jeu, malgré son côté abstrait
– Les conditions de fin de partie donnant victoire immédiate

On a moins aimé
– Le nombre un peu trop important d’implications indirectes
– La place du hasard dans sa main de cartes et le peu de bluff lié (les tours se ressemblent)

Scores de la partie :

François (bleu) : 62
Ludo le gars (rouge) : 46

Note du jeu : 12 / 20

 

 

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CAYLUS :


Le voici, le voilà, le gros mammouth ludique, ou estampillé comme tel, de cette année 2005 ! François m’en a expliqué les règles, courageusement car j’étais un tantinet claqué, et nous avons attaqué une partie programmée pour durer 4 heures au bas mot. La réalité sera beaucoup plus modeste avec 2 heures 30 de jeu, ce qui pour une première partie est paraît-il un joli temps.

François vient de traiter Maud de -BIP censuré- et elle a l’air de franchement apprécier… Il faut dire que le côté sérieux du jeu requiert parfois quelques pétages de boulons salvateurs. Au niveau du déroulement de la partie, disons que pour l’instant chacun joue ce qu’il peut, tant il est clair qu’à 5 joueurs il n’est pas bien facile de disposer de plusieurs choix au moment de jouer en début de partie.

On constate que François n’a construit aucun bâtiment pour l’instant, préférant se consacrer au château, visiblement, et à la conservation de plus de cubes que les autres joueurs. Ca paie l’expérience de plus de 50 parties… A côté de ça, je ne parviens pas à intégrer la notion de faveurs du roi et j’occulte complètement cette zone du plateau. En même temps, penser à tout me paraît difficile pour une première partie…

Un peu plus tard, la situation a bien changé puisque chacun d’entre nous a construit 2 bâtiments. A noter que j’essaie, pour cette partie de découverte, de miser sur la transformation de cubes en argent (bâtiment 1 cube = 6 pièces), qui sera réinvesti afin de récupérer des cubes d’or un peu plus tard (d’ailleurs, mon second bâtiment me permet de changer 4 cubes contre 2 ors et j’en abuserai).

Cyrille, avec comme sa dulcinée 3 ou 4 parties au compteur, essaie de miser sur tous les tableaux, mais il semble éprouver des difficultés à optimiser ses points (notamment en raison de son ordre du tour souvent très désavantageux et qu’il ne tente pas de modifier en payant pour être premier).

La partie, dont les 2 premiers tiers se sont déroulés à toute allure, s’approche de son terme. S’il ne fait aucun doute sur le nom du futur vainqueur, on peut s’interroger sur son accessit, sachant que Romain est visiblement le mieux placé (PV de la piste), mais que je ne suis pas loin (en raison demes nombreux cubes d’or conservés pour la fin).

Le château a été décompté dans sa deuxième zone et nous serons surpris de voir à quelle vitesse la troisième zone va se remplir à présent. Notons que cette photo est tout à fait à mon avantage, avec pas moins de 6 ouvriers prêts à bosser pour mon pestige. Il n’y a pas de mal à se mettre un peu en valeur… 😉

Une fois le tour terminé, on constate que les scores ne sont pas si étendus que ça : François possède 2 ou 3 points d’avance sur Romain, lequel en a autant sur moi. Et comme je collecte de l’or à tire-larigot… Mais bon, ne rêvons pas, François a devant lui au moins 7 ou 8 cubes alors…

La partie est logiquement terminée mais il reste à François à optimiser son score (pour un peu il ne l’achèverait pas histoire de faire encore mieux ;-). A noter que c’est un imbroglio dingue qui conduit à cette fin de partie : j’avais reculé le prévôt de 3 cases, en payant 3 deniers, et cela aurait dû générer un tour de plus. Mais non ! En effet, Maud prend l’idée subite de ré-avancer le prévôt de 2 cases, ce qui arrange considérablement les autres joueurs et va finir le jeu. Son argument : « de toute façon, là je ne joue plus contre François, j’ai envie de te dépasser Ludo, tout simplement ». Sniff, sniff… Dire que j’aurais bien essayé de le taquiner encore un peu ce François…

Une vue de la configuration finale de la partie, une fois que François a construit son bâtiment résidentiel, puis transformé celui-ci en bâtiment de prestige, histoire de nous faire vraiment du mal. Afin de supprimer tout éventuel regret de ma part, je discute avec l’expert du soir pour savoir ce qui serait advenu avec un tour de plus. Sa réponse est catégorique : »j’aurais creusé encore plus l’écart ». Donc, restons zen, il gagne haut-la-main et ce ne sont pas mes 6 cubes d’or finaux qui changent quoi que ce soit. Il nous aura appris bien des choses ce soir ce gars-là. Merci à lui. Mais que le jeu m’a paru finalement alambiqué…
Bilan synthétique :

On a aimé
– Le matériel du jeu : pions, tuiles, plateau, …
– La richesse de la gestion proposée
– Le mariage réussi entre Goa et Keythedral

On a moins aimé
– Le système très alambiqué du début à la fin
– La répétitivité des tours de jeu
– La certitude de marquer des points quoi que l’on fasse
– L’aspect combo qui prévaut à la réussite du jeu (joli jeu de mot, non ? 😉

Scores de la partie :

Romain (noir) : 47
Maud (orange) : 42
François (rouge) : 63
Cyrille (bleu) : 28
Ludo le gars (vert) : 42

Note du jeu : 14 / 20

 

 

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3 commentaires à propos de “[15/04/2006] Age of Steam – Amérique du Sud, Aton, Caylus”

  1. C’est sûr que commencer à 5 à Caylus n’est pas forcément une bonne config. Réessaye à moins et peut-être cela te plaira plus.

  2. Ce jeu est génial, mais il faut plusieurs parties pour en appréhender sa profondeur.
    Une question reste en suspant  : Le jeu commence par un roi français et pourtant il coute plus cher de l’acheter  en France  plutôt qu’en Allemagne?

  3. Rétroliens : [Sélection] Gros jeux |

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