[15/06/2003] Liberté

Participants
– Vincent, qui apprécie ses soirées jeux de Fontaines, des soirées découverte,
– Julie, révolutionnaire dans l’âme qui devrait trouver ce jeu à son goût malgré sa complexité et sa durée estimée,
– Jérôme, de plus en plus féru de jeux solides, et là il va être servi,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Comme cette partie est une partie de découverte, nous allons  » subir  » la nouveauté des mécanismes et certainement éprouver des difficultés à gérer l’enchaînement
des phases de jeu.
Nous lisons la règle tous ensemble et nous tentons de comprendre les effets de tel placement de faction, la gestion des égalités de représentations politiques ou encore la résolution des batailles et l’attribution des points de victoire ! Ouf… Cela n’est pas chose aisée et il nous faut une heure pleine pour décortiquer l’ensemble de la règle, avant de passer réellement à l’action.

Vincent choisit les marqueurs jaunes, Julie
les marrons, Jérôme les roses bonbons et votre serviteurs
les verts. Le jeu peut commencer après que chacun a reçu
7 cartes pour débuter la partie.

Le premier tour de jeu, allégé
par rapport aux suivants puisque les phase de récupération
de cartes et de batailles n’ont pas lieu, se déroule à petite
allure, tant nous essayons de comprendre l’implication des factions positionnées
sur les provinces. En ce qui me concerne, je me demande l’intérêt
de jouer plusieurs bords politiques, car, ce faisant, on risque de diminuer
l’influence du premier joué. De plus, mais là bien naïvement,
je me dis que je pourrais tenter de faire rentrer l’aile gauche au gouvernement
dès la fin du premier tour, même si le nombre de cartes concernant
ce groupe est faible dans la première partie du jeu. Je le tente
par choix et par confort (j’en ai plusieurs en main).


Le nouveau gouvernement est en cours de constitution et les points
de victoire vont bientôt être attribués…

Le second tour de jeu nous permettra de découvrir
la résolution des batailles avec celle de Valmy. Les première
cartes avec des casques de généraux montrent le bout de
leur nez, comme pour nous le rappeler…
A ce petit jeu, Jérôme est excellent dans la préparation
de la bataille, mais je m’en sors également assez bien : un petit
défi se profile à l’horizon.
Dans le même temps, Julie et Vincent continuent de positionner des
factions sur le territoire, et personne ne sait vraiment quel sera le
nouveau gouvernement, sachant que de moins en moins de cartes royalistes
sont présentes et que celles de l’aile gauche se renforcent.

Lorsque la fin de la manche arrive, je suis
confronté à un choix cornélien : dois-je placer un
marqueur pour remporter la bataille à coup sûr, ou serait-il
plus judicieux de renforcer ma présence à Paris (3 factions
rouges d’un coup !) afin de placer confortablement l’aile gauche ? Je
tente d’évaluer les positions de chaque bord politique et il me
semble que si je joue sur Paris, je réussirai à faire gagner
l’aile gauche au gouvernement tout en remportant la majorité dans
cette couleur… Intéressant, mais risqué, car je ne
suis pas sûr de mes pronostics. Je le tente quand même et
à raison, puisque je réussis mon pari. Jérôme
remporte, logiquement, la bataille que j’ai laissé vacante.


Une vue rapprochée du plateau en début de troisième
tour : l’aile gauche, influencée par votre serviteur vert, est
déjà de retour à Paris…

Le quatrième et dernier tour de jeu
ressemblera au précédent, notamment en ce qui concerne la
lutte pour les points de victoire généreusement offert au
joueur majoritaire sur certaines provinces.


Le plateau juste avant l’ultime constitution de gouvernement…

Grave dilemme, surtout que la carte jouée pour y
parvenir est une carte de Terreur qui peut lui permettre, dans le même
temps, de supprimer une pile de factions (en l’occurrence la mienne rouge
de Paris) et de guillotiner une personnalité présente dans
la réserve d’un joueur. Elle joue exactement le coup expliqué
ci-dessus et elle favorise, ainsi, une bien curieuse majorité politique
des royalistes à Paris en fin de 4ème tour…

Le jeu tire à sa fin et nous procédons à
l’ultime attribution de points de victoire.
Oyez, oyez, bonnes gens, le nom du vainqueur de ce soir…


Le tout-début de partie…

Une fois que l’un des bords politiques n’a
plus de faction disponible, on passe à la phase suivante : celle
de la répartition des sièges du gouvernement auprès
des joueurs. Chacun d’entre nous récupère donc, selon
sa majorité dans les provinces, un jeton de faction du bord politique
leader. A chaque acquisition de faction, le marqueur de gouvernement
est avancé sur l’échelle de composition du gouvernement.
Lorsque toutes les provinces ont été affectées,
et après résolution des éventuelles égalités,
on assiste à la nomination du nouveau gouvernement et à
l’attribution des points de victoire consécutifs : 5 points pour
le joueur ayant accumulé le plus de jetons du bord politique
du gouvernement et 2 points pour le second.
Le joueur majoritaire dans la faction classée seconde marque
3 points, car il est considéré comme leader de l’opposition.
A ce moment de la partie, je constate amèrement que mes efforts
fous pour placer l’aile gauche au gouvernement étaient vains…


Le décompte du second tour vient d’avoir lieu et le plateau
s’est considérablement vidé de ses jetons de factions…

Le troisième tour de jeu est très
intéressant, chacun de nous commençant à comprendre
l’enchaînement des actions et les répercussions sur les
points de victoire.
Vincent et moi nous sortons avec brio de ce tour de jeu, qui sera l’un
des plus serrés de la partie : lutte pour les majorités,
cartes d’événements distillées au bon moment, …
Egalité parfaite entre nous deux avant l’ultime tour.


Le quatrième tour débute avec des scores identiques
entre Vincent et moi et un retard considérable pour Julie…

Julie m’étonne beaucoup : très
en retard au score, elle ne semble pas essayer de renverser le cours
du jeu en provoquant une razzia rouge, alors qu’elle n’a plus rien à
perdre. D’ailleurs, alors que c’est à elle qu’incombe le rôle
ingrat de clore la partie, elle doit décider entre prendre la
majorité dans le Languedoc et laisser les rouges envahir Paris
par mon intermédiaire, et s’assurer le contrôle de Paris
avec les royalistes grâce à une meilleure force pour la
résolution des égalités.


Le plateau juste après l’ultime constitution de gouvernement,
c’est à dire la configuration finale du jeu

Décompte final
Vincent remporte cette partie avec un total de 23 points,
devant Jérôme et Ludo le gars avec 17 points chacun et Julie avec
6 points.
Le détail est le suivant :

Fin du Tour 1
Fin du Tour 2
Fin du Tour 3
Fin du Tour 4
Vincent
5
7
14
23
Julie
2
2
4
6
Jérôme
3
10
10
17
Ludo le gars
0
5
14
17

 

Débriefing
Difficile à maîtriser et jugé douloureux pour les neurones,
Liberté n’en demeure pas moins un excellent jeu, bien balèze,
de ceux que l’on ne sort pas tous les soirs et auquel il faut se préparer
un tantinet.
Néanmoins, force est de reconnaître que ce joli jeu est bourré
de qualités et d’interaction, et qu’une attaque envers un joueur peut
permettre à un troisième d’en profiter immédiatement en
modifiant, par exemple, la composition du gouvernement par un apport judicieux
de factions d’un autre bord… Subtil et délicat. On pourrait croire
qu’il suffit de placer plein de jetons d’une couleur pour s’assurer la majorité
au gouvernement, mais si les jetons d’une autre couleur arrivent en force, vous
risquez de ne plus être au gouvernement et votre majorité, bien
réelle, ne vous servira plus à rien !

Nous avons commis une erreur de jeu tout au long de la partie, en n’autorisant
qu’une carte jouée par personne par round, alors que, d’après
la règle, il est possible de jouer une carte d’événement
en même temps qu’une carte de personnalité ou de club (Jacobins,
…). Nous sommes conscients que le jeu doit être ainsi encore plus
dynamique, mais que voulez-vous, on ne pouvait pas tout faire très bien
dès la première partie…
Et puis, l’auteur aurait pu nous poser un problème si deux bords politiques
s’étaient retrouvés à parfaite égalité en
seconde place au gouvernement : lequel des deux aurait été considéré
dans l’opposition ??? La question est ouverte.

Lorsque nous avons rediscuté du jeu le lendemain avec Jérôme,
nous avons été plutôt séduits, sans pour autant avoir
 » peur  » d’y rejouer, au contraire de ce que l’on avait pu exprimer
à l’issue de la partie. Je pense que Liberté est un jeu qui mérite
amplement d’être joué avec régularité, car ses mécanismes
se révéleront certainement avec les parties et qu’une bonne connaissance
des cartes et des implications des actions ne peut qu’accroître le plaisir
ludique.

Un très bon jeu, à rejouer vite ! Bravo Mr Wallace pour votre
créativité et votre sens de la qualité et de la force du
thème !

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