[15/12/2006] Justinian, BattleLore

Avant d’aller à Essen, le jeu qui me faisait le plus de l’oeil était Justinian, un nouveau Colovini prévu chez Phalanx. Parmi les jeux les plus décriés à la sortie du salon : le même Justinian ! Manque de bol ! Est-ce que le roi Colo a vraiment pu passer à côté de ce jeu aussi beau ? Et comme un manque de chance n’arrive jamais seul, et bien il aura fallu passablement galérer pour dénicher une version complète d’une règle traduite (merci Descartes Lyon 😉 Le test et le verdict ce soir !
Et puis, pour terminer cette petite soirée ludique, une partie de découverte en version la plus élémentaire possible de BattleLore, le monstre annoncé chez DoW pour cet hiver. Force est de reconnaître qu’en dépit d’un matériel très agréable, le jeu m’aura moins emballé que Mémoire 44, son grand-frère, à la thématique beaucoup plus convaincante.

JUSTINIAN :

Vincent place un de ses marqueurs face cachée sur l’un des 12 courtisans du plateau : l’idée est de faire progresser vers la droite (avec des marqueurs noirs de 1, 2 ou 3) les courtisans correspondant aux cartes que vous avez en main, et vers la gauche (avec des marqueurs rouges de 1, 2 ou 3) ceux que vos petits camarades ont. Mais, vous l’aurez noté, en décalant un courtisan vers la gauche, cela revient au même que d’en décaler plusieurs vers la droite… Et vice versa !
Les 4 piles de cartes contiennent chacune un set des 12 courtisans (valeurs de 1 à 12). Les joueurs en ont reçu 2 de chaque couleur au départ du jeu. Toute la finesse réside maintenant dans sa capacité à emmener « du bon côté » une majorité de courtisans qui nous concernent. Pas facile, facile, sachant que seuls 3 marqueurs peuvent être placés sur un même noble et qu’on en a que 10 pour commencer la partie (les 12 autres seront piochés à raison de 2 en fin de chaque manche).
Le jeu est absolument splendide, avec des reproductions de peintures franchement réussies. Les 3 valeurs numériques présentes sur chaque courtisan ne sont pas inscrites dessus mais sont visibles à travers 3 orifices. On doit noter que plus la valeur du noble est petite, plus ses trous laissent entrevoir des valeurs petites, mais lorsqu’ils seront décalés vers la droite, c’est l’inverse qui se produira : leurs valeurs potentielles seront alors plus élevées ! Pas simple ? Si, on s’y fait vite !
A l’issue de la première manche, certains nobles ont été déplacés. Comment se termine une manche ? Quand tous les joueurs ont passé (et pioché 2 marqueurs chacun). Ensuite, on retourne les marqueurs joué sur les courtisans et le dernier joueur a avoir passé décide du côté où l’on commence à décaler les courtisans (parce que cela ne mènera pas exactement au même résultat). Ensuite, si l’un des joueurs décrète qu’on est en fin de période (on verra comment plus loin), et bien on procède à un décompte, sinon on repart pour une manche…
Cette vue rapprochée permet de voir ce sur quoi j’ai misé lors de la première manche : faire avancer le courtisan numéro 2 de 8 places afin d’être quasi-sûr de maximiser mes gains (j’ai 2 cartes de ce noble en main). Voir la photo du dessus pour voir les marqueurs joués, une fois ceux-ci retournés. Jouer de manière aussi forte sur un courtisan aura payé sur ce coup, mais est-ce vraiment faisable à chaque fois ?…
Une vue de la situation au moment où Romain décrète la fin de la première période (sur 3). Pour ce faire, il révèle les marqueurs qu’il a joué non pas sur les courtisans mais sur le plateau des périodes et il prouve qu’il arrive bien à 5 en valeur absolue (notez que pour clore la période 2 ce seront 9 points qui seront requis, et même 12 pour la période 3)…
Nous sommes en cours de période 2 et j’ai déjà de l’avance suite au décompte de la période 1 ! Cela commence bien. Je trouve ce jeu fort réussi au niveau de son adéquation entre thème et mécanismes : on a vraiment la sensation d’essayer d’influencer les courtisans, mais sans jamais avoir aucune certitude. On joue par petites touches, discrètement, sans avoir l’air d’y toucher et c’est un vrai régal !
Je maintiens la pression sur le 2 pour qu’il reste bien ancré à droite (j’ai une seconde carte de cette valeur en main). Et je réussis assez bien à mener la stratégie que je vise : embarquer vers la droite, grosso modo, l’ensemble des courtisans correspondant à mes cartes, afin de pouvoir marquer quelle que soit  la couleur choisie en fin de période…
La situation finale, en fin de période 3, avant que nous résolvions les déplacements de courtisans. A noter que cette période s’est achevée à l’issue de la septième manche, avec un seul marqueur (bleu) sur le tableau des périodes, mais nous ne pouvions pas faire autrement : personne n’aurait eu de marqueur à piocher pour d’éventuelles manches suivantes…
C’est Vincent qui a clôturé cette ultime période avec un marqueur de valeur 1 (heureusement qu’il y en avait un, sinon aucun décompte aurait eu lieu). Les scores ne sont pas aisés à lire : lorsqu’on atteint 100 points on prend un marqueur de valeur 100 et on repart de 0 (de même pour 200)…
Je ne résiste pas à l’envie de terminer ce compte-rendu avec une photo du courtisan numéro 2, sur lequel j’ai vraiment bien fait de miser tout au long de la partie : en fin de troisième période il permet d’engranger pas moins de 69 points à lui seul…
Bilan synthétique :

On a aimé
– L’incroyable originalité rafraîchissante de cet élégant  jeu !
– La parfaite adéquation thème/mécanismes : je fais une grâce ici, une crasse par là, le tout avec un grand sourire…
– Le look général du matériel : sublime
– La fluidité de l’ensemble et sa durée de partie bien adaptée
– La jouissance liée aux tentatives de faire glisser les courtisans à son avantage

On a moins aimé
– Les écarts de valeurs des cartes de départ : celui qui a des 2 en main aura de meilleurs potentiels de points que celui qui n’a que des grosses cartes (bien que ce dernier aura moins à se préoccuper de faire avancer les nobles vers la droite pour vraiment marquer)

Scores de la partie :

 

 

 

Période 1 Période 2 Période 3 Total
Vincent (bleu) 0+42 2+43 1+41 129
Lucarty (gris) 4+35 0+32 0+107 178
Romain (marron) 4+29 0+72 0+64 169
Ludo le gars (jaune) 2+45 0+83 0+71 201

 

Note du jeu (sur cette partie) : 16 / 20

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BATTLELORE :

Nous attaquons une partie sur le deuxième scénario proposé dans la boîte de Battlelore, celui où chacun des deux protagonistes dispose de 5 cartes en main. N’y a-t-il pas un look de Mémoire 44 ici bas ? ;-)))
Une vue générale de nos positions respectives : beaucoup de monde sur ce plateau, mais rien que de bons vieux humains ! A noter les porte-étendards, sur chaque case occupée, symbàlisant vraiment une unité…
Plus encore peut-être qu’à Mémoire 44, j’ai eu l’impression d’être continuellement englué dans une lutte rapprochée avec beaucoup de difficultés pour agir avec un zeste de stratégie…
Un exemple de combat qui sonne comme une déroute pour mes hommes !
Sylvain s’éclate à manier figurines, étendards et autres cartes ou dés. En ce qui me concerne, je suis moins enthousiaste, déjà moyennement convaincu par l’ambiance médiévale qui est est censée être présente ici…
Son choix se porte sur une unité rouge, à priori de bien robustes combattants. Je dérouille pour ainsi dire, et ce n’est pas près de s’arrêter jusqu’à l’objectif de 6 médailles collectées…
Il jubile, le bougre, alors que je souffre de ma difficulté à réagir à ses attaques répétées. En même temps, je ne parviens sincèrement pas à entrer dans le jeu et je ne suis pas vraiment emballé, trouvant même la partie longuette…
Sylvain vient de réussir à collecter sa 5ème et dernière médaille, après un nouveau combat héroïque. Au niveau du jeu, je suis partagé : le système marche bien (mais dans cette config on est encore dans du Mémoire 44 pur) mais je ne suis pas en phase avec le thème. Dommage…
Bilan synthétique :

On a aimé
Le système Battlecry qui fonctionne toujours aussi bien
– Les couleurs des étendards permettant des activations diverses

On a moins aimé
– Le thème du jeu qui colle assez mal (pour moi)
– Dans cette version basique, l’impression que Battlelore n’apporte rien de bien neuf par rapport à Mémoire 44 (et aucune valeur ajoutée)
– La qualité des figurines, moins enthousiasmante que je l’aurais cru

Scores de la partie :

 

Lucarty : 5
Ludo le gars : 2

Note du jeu (sur cette partie) : 12 / 20

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3 commentaires à propos de “[15/12/2006] Justinian, BattleLore”

  1. Eh, on leur dit ou pas, aux gens, qu’ils sont vraiment mauvais mauvais en ce qui concerne le jugement de Colovini ?
    En tous cas, je suis bien heureuse de voir, après notre grosse frayeur post essen, que finalement, il a l’air bien bon, ce Colovini…
    (Et pis au passage, on leur dira qu’y’z’ont aucun goût, parce que moi aussi, je le trouve beau… alors que je ne compte plus le nombre de critiques sur les choix esthétiques du jeu…)

    Du coup, j’ai HATE de l’essayer !

    Bises,

    Maud

  2. Merci Ludo pour ce compte-rendu de Justinian. Tu es l’une des rares personnes  (à ma connaissance) à le sortir un peu de l’ombre, et à en faire un commentaire positif.

    Penses-tu que le jeu soit bon à 2 joueurs ?

    Bonne continuation, ton site est une référence pour moi.

    Le king de bing. 

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