[16/01/2009] Jenseits von Theben

Ah que voilà un jeu qui me plaît, rien que par son thème très parlant pour moi : les fouilles archéologiques, dans la zone du Croissant Fertile, c’est-à-dire dans les régions du berceau des premières civilisations humaines… Dans Thebes (ou Jenseits von Theben dans la langue de Goethe), on va, en effet, incarner un de ces archéologues du début du XXème siècle, tout auréolé de cette nouvel engouement pour la recherche de notre passé, et on se prend à rêver à des aventures incroyables, à des découvertes mémorables, très ancrées dans une histoire pas si lointaine et si excitante… La pierre de Rosette, le saint Suaire, et j’en passe, oui, c’est bien à ces reliques et autres trésors que vous allez avoir à faire dans ce magnifique bijou qu’est Thebes…
En gros, voilà vraiment un jeu qui fait rêver, qui invite à revivre nos rêves d’aventures d’enfant, un jeu rare et pour lequel on passe volontiers sur sa place de hasard importante, tant il est beau, tout simplement…

THEBES :

 


Echoué aux portes du Spiel en 2007, ce Thebes a de la gueule : un joli plateau pastel, 5 lieux de fouilles marqués d’un jeton de valeur 1 (au départ), 4 cartes disponibles face
visible et les 3 archéologues des joueurs (le rouge pour Philippe, le bleu pour Vincent et le vert pour moi-même). Sur la droite, mes 5 tuiles d’autorisation de fouilles…

Le premier tour de jeu vient d’avoir lieu et on peut dire que c’est fluide, archi-fluide : Vincent est allé à Moscou pour acquérir de meillleures connaissances sur la Palestine
(durée : 2 semaines), je suis allé jusqu’à Rome pour ramasser une pelle (durée : 5 semaines) et Philippe est allé de Varsovie à Vienne y récupérer une voiture (durée : 2
semaines)…

Nous sommes attentifs car les choses vont vite, tès vite même. Le truc, c’est qu’il faut savoir réaliser des actions courtes, souvent, si l’on veut rejouer avant les autres. En
effet, le tour est au joueur le plus en retard sur la piste du temps, c’est-à-dire que l’on continue à jouer tant que l’on n’a pas dépassé le marqueur devant soi. Superbe et
tendu…

Plusieurs tours ont déjà eu lieu et nos stratégies divergent ce qui est une bonne chose. Philippe et Vincent misent sur les cartes de congrès (rapportant d’autant de points qu’elles
sont nombreuses), alors que je mise sur la diversité des connaissances acquises (4 lieux sur 5 pour le moment) et, si je peux, les pelles et les assistants (à voir)…

Bon, à présent j’ai un assistant et une pelle, vivement la seconde carte de chaque, car ces cartes fonctionnent par paire ou triplet (on peut à la rigueur les jouer seules, mais ce
serait dommage car on doit alors les défausser)…

La qualité du matériel est exceptionnel (petit bémol pour les cartes, non toilées). Ici, par exemple, on peut voir les 5 sacs de toile servant aux fouilles, avec une illustration
spécifique sur chaque : le bleu est celui de la Mésopotamie, le vert celui de la Palestine, le jaune celui de l’Egypte, le orange celui de la Grèce et le fuschia celui de la
Crète…

Vincent réalise la première fouille de cette partie et il décide d’aller la faire en Crète. Il remporte d’office le jeton de valeur 1 du lieu, puis pioche autant de jetons dans le
sac que le lui autorisent son niveau de connaissances et le temps qu’il y consacre. Superbe système, très réaliste et excitant à souhait…

Voilà la pioche de Vincent, guère convaincante : 1 jeton d’objet, de valeur 4, et 4 jetons de terre, sans valeur. Il encaisse le jeton de valeur 4 puis remet les 4 autres dans le
sac, ce qui rendra la fouille en Crète un peu plus risquée la prochaine fois. Pour info, au départ, il y a 14 jetons positifs dans le sac et 16 sans valeur, autant dire que l’on va
passer rapidement d’une chance sur deux à beaucoup moins…

La première 1/2 année (1901) est bouclée (on a commencé sur la case 16 car nous ne sommes que 3 à table). Nous prenons un plaisir immédiat, le jeu le permet et c’est une grande
qualité. Au niveau des acquisitions de chacun, force est de reconnaître que Philippe fait figure d’épouvantail avec ses 4 cartes de congrès (Vincent en a 2), alors que, de l’avis de
mes camarades, ma diversité de connaissances spécifiques devrait m’être favorable…

Toujours pas de nouvelle fouille, mais cela ne saurait tarder, surtout qu’on ne peut en réaliser qu’une par année par lieu de fouille (sauf carte spéciale permettant d’y revenir,
mais Vincent thésaurise les deux du jeu). Rien à voir : je sais pas vous, mais moi j’en ai marre de voir l’affiche du Roi Arthur en fond dans mes comptes-rendus de partie ;-))) …

En premier plan, on peut voir mon butin, qui, ormis les 2 pelles enfin collectées et la carte de connaissance générale (applicable sur tous les lieux de fouille), vaut surtou par sa
diversité : niveau 2 en Mésopotamie, niveau 9 en Grèce, niveau 1 en Crète, niveau 2 en Palestine et niveau 5 en Egypte…

Ma première fouille fera date ! Pas moins de 11 jetons piochés, dont un grâce à ma paire de pelles, et un bilan de 6 jetons avec valeur contre 5 sans valeur. Le bilan est donc
flatteur, avec un total de 14 (intégrant le jeton bonus de 1). Il ne restera donc plus que 8 jetons positifs dans le sac contre 16 sans valeur…

Philippe réalise sa première fouille et c’est le début du couinement pour lui qui fera les frais de la malchance (il paraît qu’il en faut un ;-)))…

Et hop, finalement ce sont 3 pelles qui me viendront en aide pour mes fouilles à venir, ce qui veut dire que je pourrai prendre 2 jetons de plus à chaque fois dans le sac.
Précieux…

Vincent explique à Philippe comment il faut fouiller dans le sac bleu. Ca le fait beaucoup rire visiblement…

Non, je me suis mal exprimé : cela fait beaucoup rire Vincent, alors que Philippe couine de chez couine (normal, c’est un jeu Couine games, d’après ses propres mots ;-)))…

Non content d’avoir déjà bien pillé la Grèce, je réitère mes performances en 1903, avec une très grosse fouille (12 jetons) qui me rapporte 19 points en 6 jetons ! Là, maintenant,
les choses sont claires : il n’y a plus que 2 jetons à trouver en Grèce…

Vincent venait de réussir une fouille hallucinante en Mésopotamie et il annonçait clairement la couleur : « Voilà,, au moins ça s’est fait, la partie est gagnée, on peut passer à
autre chose ». C’était sans compter sur ma pioche de fou en Egypte, juste après lui, avec en point d’orgue le fameux masque de Toutankhamon, pour un total de 13 précieux
points…

Je viens de terminer mon dernier tour de jeu, avec cette énorme fouille égyptienne et il ne reste donc plus qu’à Philippe et Vincent à clore leur année 1903 à eux aussi. Ca fouille
à outrance…

Le bilan des collectes de Philippe, ultra malchanceux à la pioche et qui n’a donc pas pu réaliser autant d’expositions qu’il l’aurait souhaité (malgré sa diversité de
jetons)…

Les collectes de Vincent, avec beaucoup de jetons pour lui, trois cartes de congrès, deux expositions. Son problème : il n’a qu’une seule majorité dans les connaissances
spécifiques, au contraire de Philippe et moi qui en avons deux chacun…

Mon butin final, avec presque uniquement des jetons oranges et jaunes (2 violets en plus), deux expositions réalisées et une précieuse carte de congrès qui a privé de points mes
adversaires. A noter que j’ai réussi le triplet de pelles et le triplet d’assistants…

Il faut de la place pour jouer à ce jeu (pas mal d’éléments disséminés sur la table devant les joueurs), et cela rappelle quelque peu Sankt Petersburg. D’ailleurs, la référence n’est pas innocente, le jeu m’a fait pensé à ce dernier, dans pas mal de
ses facettes, dans son ambiance course (congrès, fouilles avec jeton au départ), dans son interaction particulière (cartes à prendre) et il est clairement une grande réussite.
Certes, mes camarades ont déploré toutr à tour la place prépondérante du hasard, au niveau des jetons piochées (je le concède, mais cela est tellement dans le thème que je ne veux
absolument pas entendre parler d’une variante) mais aussi au niveau de l’arrivée des cartes (là, je suis d’accord, on n’est pas imposé par le thème et je propose donc une variante
ci-dessous)…
Bilan synthétique :

On a aimé
– Le thème ultra immersif, ultra bien rendu, ultra excitant et vraiment superbe : bravo, encore bravo !

– Le matériel servant le thème avec bonheur,
– Le rythme à trouver quand on joue, un peu à la Tour du monde en 80 jours, jeu auquel il me fait aussi
penser,
– Le système de gestion du temps, une splendide idée qui sera reprise, plus tard, par Martin Wallace dans son Tinners’ Trail,
– La prise de risque avec le chronotemps : combien de temps accorder à mes fouilles ?

On a moins aimé
– La place du hasard dans l’arrivée des cartes.

Variante

En sus des 4 cartes visibles, découvrir les 2 prochaines cartes à venir, en dehors du plateau : elles ne sont pas
« prenables » pour le moment et le deviendront dès qu’elles rejoindront le plateau.

Scores de la partie :

   Jetons Expos Congrès Majorités Total
Philippe (rouge) 15 8 10 10 43
Vincent (bleu) 48 9 6 5 68
Ludo le gars (vert) 57 8 1 10 76

Note du jeu (sur cette partie) : 18 / 20


Durée de la partie : 2 heures

 

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