[17/11/2012] SwordFish

Parmi les innombrables nouveautés sorties pour le salon d’Essen 2012, deux d’entre elles, par leur non-sur-médiatisation je dois bien le dire, m’avaient plus que titillé avant même que je
n’arrive en Allemagne, juste alléché par deux photos postées par Monsieur Phal sur Tric Trac, lors de la présentation de tous les nouveautés, le mercredi. Je m’étais dit « Tiens, il a l’air
original celui-là, et pas connu du tout, je n’en ai jamais entendu parler ». Le premier, auquel nous jouerons donc ce soir, c’est SwordFish, un jeu au thème plus qu’improbable sur
la pêche à l’espadon, avec un matériel de toute beauté qui donne clairement envie. Le second, c’est Ruhrschifffart, dans une très élégante boîte noire, un jeu à la Wallace sur le convoiement du
charbon sur la Ruhr ! Thématiques, ces deux jeux, ça on peut le dire…

 

SWORDFISH :


Le plateau de SwordFish est absolument magnifique, avec ses 5 ports et son étendue marine avec des bouées de couleur (les zones de pêche). Tout dans ce jeu donne
immédiatement envie de se lancer, tant le thème semble omniprésent…

Quelle boîte ! Avec son chalutier en arrière plan, et surtout son magnifique espadon au premier plan, cette boîte nous plonge (c’est le cas de le dire) dans un thème assez
rare dans l’univers des jeux de société : la pêche au gros !

Chacun dispose de deux grandes tuiles avec des tableaux(enfin trois, car il y en a un au dos) reprenant toutes les informations nécessaires pour jouer. En haut à gauche
figurent les différents chalutiers louables avec leurs caractéristiques, en haut à droite les PV remportés lorsque sont vendues les espèces de poissons selon leur port de vente et
en bas ce sont les réserves des 4 bateaux qui sont totalisées. Presque de la simulation tout ça…

Chacun peut s’équiper de 1 à 4 bateaux, avec à son bord un capitaine numéroté (lequel renvoie au n° du bateau sur la photo précédente). Ainsi, mon capitaine n°1 est embarqué
sur un chalutier de valeur 10 (le 3ème en partant du haut dans le tableau de la photo précédente) et j’y ai embarqué pas moins de 12 réserves de fuel. En revanche, je n’ai pas pris
le moindre appat, convaincu que j’aurai meilleur compte à les pêcher en mer…

Nos bateaux sont partis en mer, chacun avec sa stratégie propre : Françoise, en jaune, a embarqué deux bateaux de faible valeur, Fabrice, en bleu, un seul de faible valeur
mais bien chargé en fuel, alors que j’ai choisi un bon bateau avec du fuel, histoire d’aller pêcher plus au large. Ici, Fabrice et Françoise ont déjà pêché un poisson chacun (limite
de capacité sur leur bateau) mais un sacrément beau chacun : un Marker pour Fabrice et un Pup pour Françoise ! Et oui, un peu comme à Thèbes, on pioche les poissons dans des sacs,
au couleur des bouées et vas-y que l’on peste (ou pas) contre la chance…

Fabrice est le premier à vendre le produit de sa pêche au port de Gloucester, pour un gain de 19 PV. A noter que ces PV servent également de monnaie d’investissement dans ce
jeu et qu’il faut donc doser pour savoir si on est sûr de gagner plus que ce qu’on aura effectivement dépensé… La succession des phases, lors d’un tour de jeu, suit un ordre
immuable : achat (capitaines, bateaux, fuel et appats), déplacement, météo, pêche, vente et fin de tour. Le petit hic, c’est que souvent on n’en fait qu’une par ci par là en
fonction de l’état de ses finances et de ses bateaux déjà en mer…

La stratégie initiale choisie semble quand même très déterministe de la suite de la partie… Fabrice, avec son premier retour sur investissement très rapide (bien servi par
le Marker pioché), peut réinvestir tout de suite et engager un second bateau. Françoise, sans fuel, met plus de temps mais devrait se développer aussi. Quant à moi, je stagne
pendant longtemps, le temps de revenir au port avec une belle pêche…

Et en plus, je n’ai vraiment, mais alors vraiment, pas de chance : je pioche un requin Mako Shark dans le sac vert, sachant qu’il n’y en a que 3 pour 27 tuiles de poissons !
Je décide de ne pas m’en encombrer (il m’aurait rapporté seulement 7 PV lors d’une vente à Portsmouth ou Gloucester) et le rejette à la mer. Ce faisant, je ne peux plus pêcher de
poisson ce tour, alors que j’avais droit à trois pêches en tout. C’est hyper frustrant, même si c’est hyper thématique…

Le système de couleur des sacs associée à celle des bouées marche très bien, avec une répartition différente des poissons à l’intérieur. Ainsi, le sac orange, correspondant
aux bouées proches de la côte, contient plutôt des poissons de petite taille et des requins. Le sac vert contient moins de requins et des poissons un peu plus gros, en général. Le
sac bleu renforce cette tendance. Quant au sac rouge, correspondant aux bouées présentes dans la mythique zone du Flemish Cap, il renferme de bien gros poissons et aussi pas mal de
requins !

Donc : aller loin pour pêcher gros mais en passant du temps et au risque de subir des avaries (tempête) ou pêcher près de la côte des poissons plus modestes, mais plus
rapidement et sans trop de risques ? Là est la question et le sel, marin, du jeu… Ici, on voit que Fabrice poursuit ses ventes régulières, avec deux bateaux amarrés aux ports,
tout comme Françoise avec un bateau, tandis que je suis toujours bloqué au large, attendant de prendre un plus lucratif poisson dans mes filets que ces deux maudits requins que j’y
ai pêchés (véridique : j’ai repioché un Mako Shark !)…

Bon, et bien ce sera une vente chacun pour cette fois, en tout cas la première en ce qui me concerne, avec un Pup pour 17 PV. L’investissement et le temps n’en valaient
clairement pas le coup…

Je décide de réinvestir rapidement dans deux bateaux, car je dois tenter le tout pour le tout (ma première pêche a vraiment été un fiasco et je n’ai plus aucun espoir dans
cette partie)…

Et voilà Fabrice qui ne va pas tarder à assommer définitivement cette pourtant sympathique partie, après avoir précisément tout calculé : il reste 4 tours pleins + 1
ultime déplacement et ventes, donc il peut partir en mer assez loin, pour peu d’avoir du fuel…

Il opte pour un magnifique chalutier de valeur 22, lequel lui permet de se déplacer de deux ancres en vitesse de croisière (sans coût en fuel) ou de trois avec la défausse de
3 fuel, mais qui lui offre surtout une capacité de stockage de 3 poissons !!! Sans parler de résistance de 10 contre la tempête…

Première série de pêches et rien de bien intéressant à se mettre dans la cale ! Du coup, il rejette tout ou presque, sachant qu’il pourra consacrer un autre tour à la pêche dans le
sac bleu…

Petite vue générale alors que je ne peux m’empêcher de noter que nous ne jouons que sur le bas du plateau : aucun intérêt de démarrer sur les ports du haut ou d’y revenir
avec du poisson, en tout cas à 3 joueurs…

Nous sommes au 13ème tour sur 15 et j’ai enfin atteint le but de mes pérégrinations marines avec mon bateau n°1 : il est à la limite du Flemish Cap, histoire de tenter une
pêche miraculeuse…

C’était sans compter sur les caprices de la météo, qu’on voit venir quand même, mais bon je suis un fou ! Une tempête d’intensité 9, ramenée à 8, avec le -1 indiqué près de
mon embarcation, m’interdit tout simplement de pêcher ! Du coup, je suis venu aussi loin pour rien !!!

C’en est trop : je décide mourir en héros et je lance mon chalutier à l’assaut du Flemish Cap ! Evidemment la météo fait tout sauf de se calmer et mon bateau chavire. Mon
capitaine périt sur place, dans le cimetière marin comme on dit…

Nous sommes en fin de 15ème tour, aucune vente ne se profile, ça va donc coincer pour l’ultime phase de déplacement + ventes car il n’y aura pas de place pour tout le monde
sur les deux ports du bas…

Je suis premier joueur (car le plus en retard sur le piste de score) et vais donc pouvoir vendre en premier, suivi de Fabrice qui a, à ce moment-là, moins de PV que
Françoise, alors que cette dernière couine de chez couine, sachant qu’elle n’aura plus qu’à jeter ses poiscailles en mer…

Voilà le résultat des ultimes ventes, avec un Fabrice des grands soirs, lequel vend pas moins de 6 poissons ! On a clairement à faire à un jeu win-to-win, dans lequel je me
demande bien comment on peut revenir si on est mal parti. Dommage car le jeu est franchement bien fichu…

Petit bilan de la piste des PV avec des scores hyper étalés !

Petit éventail des poissons pêchés et vendus ce soir, classés par espèces…
Bilan synthétique :

On a aimé
– Le thème, extrêmement bien rendu (de la pioche dans les sacs, en passant par les zones de pêches et l’équipement des chalutiers),
– L’impression de vivre une belle aventure en jouant à ce jeu, en étant réellement partis en mer, notamment avec cette zone mythique du Flemish Cap : est-il vraiment possible
d’aller y pêcher ? A quel prix ?
– Le look des composants, même si le jeu n’est pas fabriqué en Allemagne et que ça se sent à la colle et au cartonnage,
– Les dilemmes que l’on se pose sur la stratégie à mettre en oeuvre et les échanges post-partie pour savoir ce qu’on aurait pu faire d’autre,
– Le grand nombre d’informations présentes sur les éléments du jeu (chalutiers, tableaux individuels).

 

On a moins aimé
– La trop grande importance des choix de départ sur l’issue de la partie, sans être sûr qu’il y ait mille ouvertures possibles (à voir),
– Les temps morts lorsque l’on ne peut rien faire : un bateau en mer, loin, sans pouvoir investir à nouveau tant qu’il n’est pas rentré,
– L’ordre du tour, bizarrement attribué, puisque les investissements effectués ne sont pas pris en compte pour mesurer la « valeur » d’un joueur,
– Le manque d’ergonomie sur le plateau : il manque de la place sur les zones de pêches à proximité des ancres, les marqueurs appats et fuel bougent tout le temps, …

 

 

 

Scores de la partie :

Fabrice (bleu) : 106
Françoise (jaune) : 40
Ludo le gars (vert) : 24 sachant qu’on démarre à 20 !!! 

Note du jeu (sur cette partie) : 13 / 20


Durée de la partie : 2 heure 30 minutes

 

 

 

 

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4 commentaires à propos de “[17/11/2012] SwordFish”

  1. J’ai peut etre beaucoup couiné mais j’avais suivi les conseils du plus mauvais pecheur que je connaisse. J’ai trouvé ce jeu amusant car le thême y est bien développé et il y a du hasard avec la
    pêche. Mais je ne sais pas si il ya beaucoup de stratégie possible

  2. J’ai peut etre beaucoup couiné mais j’avais suivi les conseils du plus mauvais pecheur que je connaisse. J’ai trouvé ce jeu amusant car le thême y est bien développé et il y a du hasard avec la
    pêche. Mais je ne sais pas si il ya beaucoup de stratégie possible

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