[18/02/2002] Euphrat & Tigris

Participants
– Julie, infatigable dans les sillons de la Mésopotamie, l’arc à la main et le courage derrière le paravent,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
La partie effectuée hier au soir nous a donné l’envie d’en refaire une ce soir. Parfait, on va donc retrouver la Mésopotamie, l’Euphrat et le Tigris…
Julie conserve le symbole de l’arc et moi je garde celui de la vache sacrée, qui décidément me réussit assez bien.

Le début de partie est relativement calme, chacun œuvrant dans son coin, glanant quelques points et un trésor.
Mais, c’est sans présager de la suite des événements…
Je parviens à me construire un royaume bleu, vert et rouge assez solide dans le haut du plateau, tandis que Julie possède un chef noir au sein du royaume du dessous avec un impressionnant stock de tuiles noires. Et le jeu se stabilise deux ou trois tours, jusqu’à ce que… Julie s’enhardisse et crée un conflit externe qui lui permettra d’asseoir sa supériorité, tout en perdant la position de son chef vert et de son chef bleu. Finalement, je juge que ce conflit ne m’est pas très favorable, elle pense le contraire car, visiblement, elle souhaiterait récupérer des cubes verts et surtout bleus.

Les tours se suivent et je constate que je ne suis pas très bien dans la couleur noire, avec une misère de 1 cube derrière mon paravent. Heureusement pour moi, Julie ne sait pas trop comment s’y prendre et ne se doute pas de mon malaise.

Elle commet alors une erreur que je pense déterminante pour l’issue de la partie : elle déplace son chef noir, qui était entouré de 4 tuiles rouges et dont le royaume compte environ 10 tuiles noires, vers une position moins avantageuse mais qui lui permet de positionner son chef bleu dans la place laissée vacante. Je tente alors un pari et j’annonce que si le coup réussit, ce sera LE coup de la partie :
– Situation : dans mon royaume je possède un chef bleu et un chef rouge très solides pour des conflits externes et internes, ainsi qu’un chef vert très faible pour des conflits externes ; Julie possède, dans le sien, un chef vert très solide mais excentré, un chef noir très solide pour des conflits externes, mais faible pour des conflits internes, et un chef bleu très faible pour les conflits externes mais très solide pour les internes (si ce n’est pas très clair, je conseille de faire un schéma…).
– Mise en œuvre : ma première action consiste à relier les 2 royaumes pour déclencher des conflits externes verts et bleus. Je choisis de commencer par la résolution du conflit bleu que je gagne haut la main 8 – 3. Cette opération a pour conséquence de couper le royaume initial de Julie en 2 et d’isoler son chef vert, tout en laissant vacante la place de choix occupée par son chef bleu. Ma deuxième action consiste à positionner mon chef noir qui se trouvait devant mon paravent dans la place en question. Résultat : conflit interne noir que je remporte grâce à 2 tuiles rouges en renfort + les 4 entourant mon chef,
contre 1 tuile à côté du chef noir de Julie.
– Bilan : outre les points de victoire gagnés, l’éjection du chef bleu de Julie et l’isolement de son chef vert, j’ai surtout réussi à prendre la place de son chef noir, ce qui était mon objectif majeur.

La suite de la partie tourne alors à une implacable leçon pour la pôvre, pôvre Julie… Et je ne lui épargne rien, méchant que je suis… Je tente même des coups nouveaux pour voir leur efficacité… En voici deux pour le plaisir (euh, non… pour mon plaisir…) :
1/ Je place une tuile catastrophe directement sur la seule tuile rouge qui supporte son chef vert, ce qui l’éjecte du plateau, puis je relie les 2 royaumes, ce qui me permet de bénéficier, pour l’avenir, des nombreux soutiens verts qui s’y trouvaient.
2/ Je crée un conflit externe vert que je fais exprès de perdre pour être éjecté du plateau (maso me direz-vous…). Et bien, cette manipulation trouve tout son intérêt dans la possibilité que j’ai de revenir immédiatement, au même endroit (entouré de 3 tuiles rouges), afin de créer un conflit interne. Bien sûr, ayant prévu le coup, je sors 4 ou 5 tuiles rouges de derrière mon paravent et je remporte ce conflit, ce qui condamne le chef vert de Julie à s’en aller. C’est bête, surtout quand, comme dans son cas, on manque de vert, et qu’il y a un monument vert présent…

La fin de partie est sans surprise, Julie est écœurée par autant de difficultés à jouer, je construis des monuments et récolte points sur points : 2 de chaque couleur à chaque tour !
La partie s’achève par la prise du dernier trésor ramassable, non sans créer un ultime conflit externe qui me rapporte de précieux cubes noirs.

Décompte final
Je gagne la partie avec un total de 31 points, Julie obtenant un total de 8 points.

Détails de la répartition
:

Couleur
Julie
Ludo le gars
Total
Bleu
8
42
50
Vert
9
25
34
Rouge
7
39
46
Noir
15
31
46
Trésor
2
6
8
Total
41
143
184

Débriefing
Ce jeu peut être un calvaire pour le joueur qui a le sentiment progressif d’être laminé de manière inéluctable. C’est en tout cas le sentiment qu’a exprimé Julie à l’issue de la partie. Et j’en suis désolé, mais je ne vais quand même pas faire exprès de perdre, ou, à chaque coup, lui exposer ce que je vais le coup suivant….
Je trouve déjà fort utile qu’elle puisse disposer de mes réflexions sur les axes stratégiques que je dégage progressivement des parties que l’on fait, via ce site internet.
Ceci étant dit, que retirer comme enseignements de cette partie ? A vrai dire, je pense que celle-ci a particulièrement conforté mes réflexions précédentes :
– Extrême importance de priver l’adversaire de récolte dans sa couleur récessive (même au détriment de ses propres récoltes). Si Julie avait appliqué ce principe, elle aurait tout fait pour m’empêcher de récolter du noir et donc, aurait pu gagner, même si je récoltais des dizaines de cubes verts, bleus et rouges.
– La compacité des royaumes assure leur cohésion et empêche leur séparation via des tuiles catastrophes. De même, un chef a tout intérêt à se trouver à proximité quasi-immédiate des tuiles de sa couleur.

J’espère que Julie acceptera de rejouer avec moi… Ou alors, il va falloir que l’on essaie de jouer plus fréquemment à plus de joueurs, histoire de modifier la configuration générale des parties.

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