[18/04/2002] Eaux Vives

Participants
– Julie, grande fanatique de biologie devant l’éternel et à qui ce jeu s’adresse à merveille,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Pour cette partie de découverte de Eaux vives, nous pouvions craindre que l’aspect complexe et rebutant initial nous freine dans l’envie de jouer. Il est vrai que le matériel de ce jeu est particulièrement artisanal, du cartonnage des pions à l’austérité de la règle de jeu.
Cependant, il n’en est rien…

Julie choisit les pions de couleur rouge et je prends les pions marron. Nous lisons la règle du jeu, et force est de constater que l’effort de simulation pour coller au plus près du thème est impressionnant et séduisant. Nous découvrons, par exemple, les 5 actions à réaliser durant son tour, et nous avons l’impression que ce jeu vient d’être édité, se trouvant en plein dans la mouvance ludique actuelle. A toute fin utile, ce jeu date de 1985…

Une fois passée l’étape de l’appropriation des mécanismes, Julie entame la partie, sans trop savoir ce qu’il convient de faire :
– Placer des végétaux ?
– Placer des gros poissons ?
– Anticiper sur le tour suivant en plaçant des organismes capables de se nourrir mutuellement ?
Bref, les choix initiaux sont mystérieux et Julie décide de placer un végétal et un consommateur de catégorie 1. Je procède de manière similaire, mais je pense qu’il vaut mieux manger un pion adverse que le sien, aussi je place un végétal isolé et un consommateur de catégorie 2 juste à côté de celui de Julie de catégorie 1. Miam !

La suite de la partie nous permet de mieux comprendre les principes du jeu et notamment le roulement qui s’opère : les gros poissons sont certes puissants (immangeables) mais encore faut-il pouvoir les nourrir, les végétaux sont immobiles mais ne peuvent être mangés que par les consommateurs de catégorie 1, les consommateurs de catégories 1 et 2 sont la cible privilégiée des poissons plus gros…
En bref, nous alternons le choix des espèces qui colonisent progressivement le ruisseau, mais nous jouons dans une toute petite région du plateau. Erreur ?
Notre phase d’expérimentation touche à sa fin, puisque nous nous rendons compte que finalement il est plus facile de conserver vivants végétaux et poissons de taille inférieure, pour peu qu’aucun monstre marin ne soit déployé….

La partie peut à présent se terminer à tout moment puisque nous rentrons dans le 11ème tour. Je tente de répandre mon espèce sur l’ensemble du ruisseau, afin de pouvoir plus facilement me reproduire que dans les zones surpeuplées. Je remarque aussi que les végétaux sont les plus faciles à placer et qu’au final, chaque pion a la même valeur pour le gain de la partie. Donc, je place tous mes végétaux sur le plateau, ce qui me procure un avantage considérable, même s’ils sont mangés régulièrement, mes phases de reproduction me permettant de les remettre en jeu immédiatement.

Décompte final
Je gagne la partie, en fin de 13ème tour, avec un total de 22 pions sur le plateau, contre 9 pour Julie. La répartition est la suivante :

Catégorie
Julie
Ludo le gars
Total
P
6
15
21
C1
1
3
4
C2
0
0
0
C3
2
0
2
C4
0
4
4
Total
9
22
31


Débriefing
Excellent jeu ! Mécanismes totalement novateurs pour un jeu de 1985 ! Subtilités et thématiques exceptionnelles ! Nous imaginons déjà une partie de ce jeu à 3, voire 4 joueurs, et nous pensons sincèrement que ce doit génial !

Il est clair, à présent, que le cycle alimentaire doit être respecté et l’ordre d’implantation des espèces également si l’on veut réussir à se maintenir au maximum dans le ruisseau : à quoi bon placer des poissons de catégories 3 et 4, si ils survivent un tour ou deux ? De même, le placement des végétaux étant tellement facile, il convient de profiter de cette opportunité, pour ensuite faire venir des espèces de catégorie 1, puis 2, puis etc…

Deuxièmement, il me semble qu’il faut veiller à optimiser son placement lors des phases de colonisation, afin de pouvoir se reproduire au maximum à chaque tour. En effet, il ne sert à rien de créer des zones surpeuplées, car la place pour se reproduire se trouve alors insuffisante.

Au niveau des reproches formulables, ils existent tout de même :
– Certaines case du plateau étant non entières, est-il possible de s’y placer ? Il est dur de trancher car celles-ci sont très nombreuses et parfois mesurent juste un peu plus d’une demi-case, d’autre fois moins,
– La gestion des Sels minéraux et des Matières organiques, au demeurant extrêmement bien pensée, s’avère très bizarre à deux joueurs : on épuise la réserve, la case Sels minéraux déborde, on a la sensation de déplacer des pions sans qu’il soit possible d’épuiser la case Sels minéraux, ce qui serait le seul intérêt du jeu. Il est fort possible qu’à 4 joueurs, cette gestion soit une clé de la stratégie, puisque chaque joueur dispose de 15 végétaux qui puisent leurs consommations alimentaires dans la cette case, ce qui, à terme, devrait faire diminuer sensiblement le nombre de pions, occasionnant la mort de végétaux,
– L’aspect général du jeu, plus maquette que jeu édité, est pour beaucoup dans l’appréhension initiale, et l’on se plaît à imaginer le matériel d’Urland, par exemple, avec les mécanismes de ce jeu…

Si vous avez l’occasion d’essayer ce jeu, et si en plus vous êtes un amateur de jeu du type évolution, n’hésitez pas, vous ne serez pas déçu.

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