[20/01/2007] Salamanca, Imperial

Premier week-end de jeux mâconnais, en ce qui me concerne, au sein de l’association ludique locale : les Game Trotters (avec Maud et Cyrille, deux sympathiques adhérents ludophiles aux commandes). Du coup, pour une fois, je ne suis que visiteur ici-même et cela permet de jouer sans penser trop à l’organisation, ce qui fait du bien. Merci à eux.
Au programme, si j’excepte les parties de Fou Volant, de Carrom et autres jeux de ce genre, ma journée ne comportera que deux jeux, mais au final particulièrement excitants : Salamanca, tout d’abord, le nouveau Dorra franchement séduisant et malin ; Imperial, ensuite, en gros jeu du soir, avec une superbe partie, une de plus, ce qui devient une habitude réjouissante…

SALAMANCA :

La mise en place est facile : 5 tuiles de terrain (sans bâtiment) sont positionnées sur le plateau
et la première série de 3 tuiles attend sagement dans sa file qu’on entame le premier tour. A noter que j’invente une variante immédiate : au lieu de placer dans l’ordre les 3
tuiles piochées, je suggère que le joueur actif les répartisse comme il le souhaite dans la file. A tester…
Le système de jeu est fluide, malin et élégant, mais difficilement anticipable : comment placer
au mieux le lot de tuiles choisi, surtout quand aucun bâtiment n’est proposé ? Certes, il est possible de réaliser d’autres actions si on préfère…
Jacques, qui y a joué la veille, et Sylvain, à droite, se font plaisir sur ce jeu, bien plus riche
et subtil qu’on pourrait le croire de prime abord…
Sur cet exemple, le seigneur noir (Ludo) règne sur un domaine de valeur 7 points (2 pour la ferme
+ 5 pour les tuiles jaunes environnantes) ce qui garantit, soit un revenu de 2 doublons par tour, soit un gain immédiat de 7 doublons. Mais attention, l’intendant rouge gagne lui
aussi des sous (montant identique moins la valeur du bâtiment)…
Les marqueurs de calamités sont assez bien vus : ici la sauterelle a pour effet de ruiner la case
où elle se trouve, tout comme le poison du haut. Mais comme ils ne se placent pas partout et qu’il faut activer une carte pour les déplacer, on hésite toujours, quitte à perdre
temporairement des points…
La partie est bien serrée et elle me séduit bien comme il faut. Je trouve que l’équilibre est
parfait et que le fait de ne pas posséder vraiment de domaine à soi est une riche idée : chacun utilise les tuiles déjà posées à son avantage et, même, certaines tuiles
compteront pour 2 joueurs…
Jacques cogite, lui qui est bien placé dans cette partie…
Du coup je monte un « bon » coup : je place un rat dans son domaine jaune, ce qui abaisse sa valeur
à 6 et le tour suivant je pose un intendant auprès de son seigneur. Il ne restera plus qu’à déplacer ce satané rat…
Le souci c’est que Sylvain ne l’entend pas de cette oreille et qu’il nous rajoute une jolie et
sympathique sauterelle. Ce jeu tourne alors en jeu de négociation, ce qui est somme toute assez logique, au vu de l’interaction nécessaire entre les domaines…
Le dernier tour de jeu : Jacques entamera le bal en choisissant l’action de son choix, puis j’en
ferai de même et enfin Sylvain. Le système de cartes en circuit fermé tourne du feu de Dieu. Une belle et grosse partie finalement…
Chacun a vendu ses derniers domaines et les comptes vont pouvoir se faire : à ma grande surprise
Jacques a réussi à collecter nettement plus de doublons que moi, alors que je pensais être devant. Il m’avouera qu’il s’était aperçu la veille que la rente de 2 doublons par domaine
de taille au moins égal à 7 était quand même fondamentale et comme j’ai surtout passé mon temps à vendre… Ceci explique cela !
Bilan synthétique :On a aimé
– La richesse interactive de ce jeu : domaines communs, rôle des intendants, cartes qui transitent en circuit fermé,  …
– L’opportunisme des ventes liée à la présence de tuiles particulièrement fertiles (celles-ci sont retirées une fois le domaine vendu, ce qui incite à vendre avant qu’un camarade
ne le fasse)
– La fluidité du mécanisme et l’élégance des actions proposées

On a moins aimé
– L’absence cruciale de thème, mais bon : german game…

Scores de la partie : 

 

Jacques (blanc) : 90
Lucarty (rouge) : 65
Ludo le gars (noir) : 76

Note du jeu (sur cette partie) : 16 / 20

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IMPERIAL :

Et une nouvelle partie de ce grand jeu ! A 4 joueurs cette fois, avec Maud qui le découvre, non
sans fatigue 😉 Nous utilisons la variante de mise en place où nous enchérissons sur les obligations, ce qui donne :

Autriche-Hongrie : Sylvain avec 4 millions
Italie : Romain avec 9 millions
France : Ludo le gars avec 6 millions
Angleterre : Maud avec 6 millions
Allemagne : Ludo le gars avec 9 millions
Russie : Sylvain avec 12 millions

En fin de premier tour, une petite vue de notre chère roue d’actions : on constate que Sylvain a
construit une Usine avec chacune de ses 2 nations, que j’en ai bâti une avec l’Allemagne (je mise dessus) mais que j’ai produit avec la France (nation utilitaire ce soir), que
Romain a investi directement au premier tour (j’avais la carte mais il a encaissé quelques sous) et que Maud a tenté elle aussi de produire  avec l’Angleterre, mais de
l’autre côté de la roue…
A noter que cette partie sera placée sous le signe de « Pas chiche, on fait monter l’Autriche-Hongrie au point qu’elle gagne le prestige de 25 » que Sylvain et moi nous lançons
conjointement…
Un peu plus tard, alors que le trésor de guerre russe est déjà conséquent et que sa plus faible
obligation est celle de valeur 16 ! Quand même, il y a des souvenirs qui restent…
Belle ambiance, même si Maud pique un peu du nez sur cette partie de découverte : comme quoi, les
gros jeux elle a du mal la mâconnaise ;-)))
Les autrichiens font parler d’eux : ils disposent de 3 usines, d’une flotte et d’armées de terre
bien réparties et ils grimpent, grimpent, grimpent sur le prestige…
Là, ça commence à couiner. La raison ? Les nations sont d’ores et déjà squattées par Maud et votre
serviteur, lesquels réussiront bientôt le grand chelem…
Grand chelem !!! Les 3 nations de gauche pour Maud (rouge, bleue et verte) et les 3 nations de
droite pour moi (noire, bleu et jaune). On ne peut pas ommettre de remarquer la position avantageuse de l’Autriche-Hongrie sur la piste de prestige : +7 par rapport au second…
Ca cause, ça discute, et c’est toujours aussi bon ! Pour ma part, outre la progression envisagée de
l’Autriche-Hongrie, je fais tout mon possible pour ne pas m’attacher à telle ou telle nation, me faisant un point d’honneur à profiter comme une gros salopard de ces nations naïves
et de piquer celles de mes collègues juste avant la taxation. Le niveau de couinement peut toujours aller plus haut… Miam !
Ca c’est typiquement un coup de notre soirée : 5 nations qui donnent des dividendes en même temps !
On va finir riches de chez riches ce soir…
Qui l’eut crû, sérieusement ? L’Autriche-Hongrie, réputée faiblarde, devance ses concurrents de 12
points, avec l’atteinte de la case 19 (inquiétant pour les copains tout ça, car c’est moi qui la gère)…
Au lieu de tenter de reprendre la nation que Sylvain vient de me piquer (je ne m’attache pas, j’ai
dit !), je m’adjuge définitivement l’Autriche-Hongrie en achetant la plus forte carte (la 8)…
Le coup de frein, prévisible, se fait sentir, et le marqueur jaune sent le souffle chaud des
anglais dans son cou. C’est toujours le même problème quand on est un peu seul sur une nation (car à présent j’ai 20 sur les jaunes contre 9 pour Sylvain, du coup notre intérêt
commun tombe à l’eau)…
Arghhh… bloqué à 24 à cause d’un territoire extérieure que les russes de Sylvain viennent de me
reprendre juste avant taxation jaune. Et, pour couronner le tout, je n’avais pas pu terminer la partie le tour précédent à cause d’un misérable million de dollar manquant dans
ma poche  (il m’en fallait 2 pour avancer de 4 cases sur la roue et atteindre la taxation)…
La partie est cette fois terminée, mais j’ai bien cru que ça allait être les anglais qui allaient
la clore (Maud aurait pu s’en charger en boostant sa progression sur la roue : Romain aurait encaissé 6 points de plus et moi 20 de moins, donc aucun changement sur le résultat
final). Bon, ceci dit, cet ultime tour supplémentaire m’aura permis de récupérer un peu de mon gros investissement jaune, en encaissant la bagatelle de 20 millions de la part de
cette gentille nation…
La zone de jeu de Maud : 3 nations toujours pour elle (elle croyait qu’il fallait les posséder
pour que les obligations rapportent ;-))) Son principal souci sera de n’avoir pas de jaune et bien peu de violette…
La zone de jeu de Romain, avec l’Allemagne comme nation contrôlée et encore une partie difficile
pour lui : il nous a même dit en avoir marre de ne contrôler aucune nation de la partie (ou si peu) et qu’il ne jouerait plus à ce jeu ! Pas cool, il est bien ce jeu et on l’aime
bien le père Romain…
La zone de jeu de Sylvain, avec la Russie pour lui, et surtout une belle collection de cartes
jaunes. A noter qu’il a acheté la carte 8 allemande sur la fin, ce qui a bien réhaussé son score…
Et voici ma zone de jeu, avec la seule mais lucrative Autriche-Hongrie contrôlée. A noter que pour
une fois j’ai essayé dès l’entame d’investir dans 5 nations sur 6, histoire de glaner des sous d’un peu partout, juste pour voir…
Bilan synthétique :On a aimé
– L’obligation d’être méchant et entourloupeur, ce qui le temps de la partie est franchement jouissif !
– Le moment où l’un des adversaires construit une « belle » nation, idéale à piquer, surtout si la taxation n’est pas loin…
– L’impression de vraiment vivre quelque chose lorsqu’on pratique ce jeu

On a moins aimé
– Le dégoût que peuvent ressentir les joueurs qui n’anticipent pas les coups
dégueux des copains et qui, du coup, ont tendance à faire la
gueule…

Scores de la partie : 

vert violet jaune rouge bleu noir $ Total
Maud 5 16 0 69 8 0 16 114
Romain 4 24 35 39 0 68 18 188
Lucarty
0 60 45 0 4 32 8 149
Ludo le gars 1 44 100 0 6 40 24 215

Note du jeu (sur cette partie) : 18 / 20

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3 commentaires à propos de “[20/01/2007] Salamanca, Imperial”

  1. La mâconnaise elle n’a pas du mal avec les gros jeux, elle a du mal avec le nombre d’heures de sommeil qui lui manquent en ce moment…
    Mais j’ai beaucoup aimé Impérial, et j’y rejouerais avec plaisir, surtout maintenant que j’ai tout bien compris ! (avec le recul, comment ai-je pu penser qu’on ne gagnait que sur les actions des pays que lon "controlait" en fin de partie !). C’est vrai que ça m’a bien gâché les trois derniers tours !!!
    M’enfin, merci pour l’essai !
    (Je m’vengerai, un jour, je’m’vengerai !)

    Daelerin

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