[21/03/2009] Palais Royal

Palais Royal est la version éditée de Vauban, créé par Xavier Georges et qui a été lauréat du concours de créateurs de jeux de société de Boulogne Billancourt récemment. Ce jeu, aux allures d’Heads of State, sorti également pour Essen 2008, recèle plein de bonnes idées, bien agencées, à défaut d’être véritablement novateur. On a affaire à un solide jeu de placement et de majorité, où l’on acquiert des tuiles de nobles en réunissant des combinaisons de sceaux et autres pièces d’or, le tout baigné dans un univers de pouvoirs spéciaux (privilèges des nobles) et de points de victoire gardés cachés. Je vous raconte notre partie à deux joueurs de ce soir, dans une configuration qui convient parfaitement à ce jeu…

PALAIS ROYAL :

 


Louis XIV, suivie de la Pompadour (anachronisme, anachronisme, merci François 😉 dans une ambiance matinée de préciosité, de belles coiffes et de tons brillants. Voici la couv’ de la boîte de ce jeu éminemment allemand et où le thème sera absent de chez absent…

Les 9 lieux du palais sont disposés aléatoirement en 3 lignes et 3 colonnes), puis chacun en place 3 sur la cage d’escalier et 2 sur la cour d’honneur, avant d’en rajouter 5 sur les lieux de son choix. Chaque lieu a une fonction propre qui sera discutée plus loin…

36 tuiles de nobles sont placées aléatoirement dans le jardin et celles-ci rapportent des PV pour la fin de partie (ici 4 points dans la couronne) et parfois un privilège en cours
de jeu (ici : récupération de 3 personnages depuis la réserve générale). Cette tuile aura coûté 2 ors, 2 sceaux de la Pompadour et 2 sceaux du roi à Julie. C’est sa première prise
et elle attaque très fort, car au maximum 8 personnages seront ainsi récupérés pour l’ensemble des joueurs…

Et voici ma première tuile, acquise dans la foulée de Julie, et ayant une certaine similitude : je paie 0 or (ça c’est cool !), 1 sceau de la Pompadour et 1 sceau du roi et
j’encaisse une tuile me permettant de marquer 3 PV et de récupérer 1 personnage depuis la réserve générale. A noter que le coût en or des tuiles ne sera pas fixe : pour chaque tuile
adjacente déjà prise, le coût est réduit de 1 or (minima de 0 or dans tous les cas)…

Voilà une vue des jardins de Versaille. Les 36 tuiles de nobles sont toutes attrayantes mais, bien souvent, on ne peut pas faire tout ce qu’on veut : le coût en or est prohibitif en
début de partie (8 ors parfois !), quand ce n’est pas le coût en sceaux. Sur la gauche, on peut voir que Julie (en rouge) et moi (en vert) avons remplacé la tuile prise par un de
nos personnages. En effet, sur tout le pourtour du plateau, on est invité à le faire, car des points seront donnés pour les 1er et 2ème joueurs (sachant que les cases écartées sont
X2).

Le jeu peut paraitre complexe au départ mais, en 2 tours, on est déjà à l’aise, avec des lieux de palais franchement intuitifs et on n’hésite plus du tout. C’est très agréable et
très fluide, ce qui nous surprend l’un et l’autre. Ici, Julie ajoute déplace un de ses personnages sur la chambre du roi. Elle a pu faire entrer 1 personnage (1 à elle dans la cour
d’honneur) et elle dispose de 5 de déplacement (4 personnages à elle dans la cage d’escalier +1 de bonus car majoritaire). Les déplacements se font orthogonalement…

Ayant du mal à glaner assez d’or sur l’hôtel de la monnaie (visible ici), je m’adjuge une tuile de noble plutôt lucrative : son privilège est de me rapporter 2 ors par tour de
jeu…

Voici une vue générale alors qu’il est excellent de constater que nous jouons fondamentalement différemment : j’ai plein de personnages dans la cour d’honneur, ce qui me permet d’en
faire entrer plein par le portail, alors que Julie joue plus sur le déplacement de ses personnages…

Nous sommes en plein coeur de la partie et celle-ci est bien tendue, nous rappelant, dans son déroulement, les bons moments de Sankt Petersburg. A noter que tous mes personnages
sont maintenant en jeu ! C’est assez sympa de prendre du plaisir aussi rapidement, sans avoir à mémoriser X points de règles et effets spéciaux. Nous sommes donc charmés par le jeu,
sans pour autant le trouver incontournable aussi vite…

Me sentant un peu distancé, même si cela ne présage en rien sur le long terme, je tente un gros coup : je prends 2 tuiles nobles dans le même tour, la première pour récupérer 3
nouveaux personnages depuis la réserve générale (et 4PV), la seconde pour piocher 3 cartes d’influence en plus depuis le lieu Porte de service (et 5PV). Surtout, ces 2 tuiles me
semblaient très bien placées, puisque dans 2 angles du plateau (mes 2 personnages seront donc chacun comptabilisés dans les deux directions)…

Vue générale, alors que, pour la première fois de la partie je me retrouve sans aucun personnage dans la cage d’escalier, donc déplacement =0 (heureusement j’ai une tuile m’offrant
le privilège de me déplacer de 2 cases + une autre m’autorisant les diagonales). …

Je croûle sous l’or (au premier plan) et je prends mon temps sur le plateau des lieux, ne voulant pas en partir trop vite en achetant des tuiles, car, pendant ce temps, Julie a du
mal à être majoritaire sur ceux-ci et à avoir le bonus lié. Julie, elle, mise sur les cartes d’influence (elle en pioche 3 de plus)…

11 tuiles de nobles pour Julie contre 12 pour moi, celles qui sont face cachée ne donnant aucun privilège en cours de jeu. C’est serré, serré, et c’est pourquoi je commence à miser
sur les tuiles rapportant le plus de PV et à tenter de m’assurer des majorités sur le pourtour des jardins…

Il ne reste plus que 13 tuiles de nobles, ce qui veut dire que je peux imposer à Julie de jouer son dernier tour dans la foulée si j’en achète une ce tour-ci. Cela me semble être
une très bonne idée, notamment parce que j’ai réussi à m’assurer au moins 2 majorités, mais plus certainement 3, sur le pourtour des jardins…

Lorsque je suis venu mettre ce personnage pour qu’il tienne compagnie au Cardinal de Richelieu, je ne savais pas que ce petit avantage (être premier en cas d’égalité sur les lieux
pour le bonus lié) me serait aussi profitable. En revanche, mea culpa, j’ai commis une erreur de règle sur les lieux de sceaux violet et bleu, ce qui pénalisa Julie pendant 2 tours
(on a essayé de la dédommager, mais était-ce suffisant ?) …

Comme j’ai acheté une tuile et qu’il n’en reste plus que 12 en jeu, c’est le dernier tour qui se profile, avec Julie pour débuter puisqu’elle est la première joueuse. Elle aura du
mal à faire quelque chose de très rentable, cette fin tombant d’un coup, ce que j’ai particulièrement trouvé savoureux. Elle opte donc pour se sécuriser sa majorité sur le pourtour
du haut, histoire d’en avoir une sur les 4. De mon côté, comme elle laisse tomber celle du bas, je n’ai même pas besoin d’y venir (je l’ai déjà) et je vais donc être tranquille pour
prendre 2 tuiles ailleurs…

Les tuiles collectées par Julie sur l’ensemble de la partie…

Mes tuiles collectées sur l’ensemble du jeu…

La situation finale d’une partie bien plaisante, très tendue et dont la fin est tombée comme un couperet…
Bilan synthétique :

On a aimé
– La simplicité des actions associées aux lieux,
– Les stratégies variées que l’on peut mettre en oeuvre et les aménagements tactiques que l’on devra faire en cours de partie,
– La configuration 2 joueurs, top nickel pour ce jeu,
– Le peu de personnages qui pourront effectivement être récupérés depuis la réserve générale : cela tend bien le jeu !

 

On a moins aimé
– Le look du jeu, particulièrement ses illustrations très peu à mon goût,
– La relative répétitivité des tours de jeu et le côté un peu longuet de la partie (cela se nivellera-t-il avec les parties ?),
– L’absence total de thème,
– Les enchaînements d’actions un peu grosbillesques en cours de partie.

Scores de la partie :

   Tuiles Cartes jouées
Cartes non jouées Parc Total
Julie (rouge) 62 2 0 6+(3*2) 76
Ludo le gars (vert) 78 0 1 2+(3*6) 99

Note du jeu (sur cette partie) : 15 / 20


Durée de la partie : 2 heures 30 minutes

 

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