[21/08/2004] Keythedral

Participants
– Olivier, alias Lolive, qui me rabâche que ce jeu n’est qu’un Colons sans hasard. Arghhhh….
– Romain, notre hôte ce soir, qui réalise un très bon placement de départ,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Vraiment, ce jeu m’a séduit dès que la boîte fut ouverte : un matériel de folie, une règle et des cartes en français, une thématique sympa et des graphismes très réussis.
Il ne restait plus qu’à vérifier que le jeu soit bon, et là, je l’avoue, j’éprouvais une certaine crainte en me demandant s’il n’était pas un peu tiré par les cheveux de coller un thème à Bazaar et que, tant qu’à faire, autant jouer à Bazaar !!! Heureusement, mes craintes seront vite dissipées comme vous pourrez le voir bientôt et je dois dire que même si le système de contrats ressemble à Bazaar, Keythedral sait apporter moult autres choses sympathiques…
J’expose la règle aux 2 autres participants et après une grosse demi-heure nous sommes
fin prêts pour attaquer. Une fois n’est pas coutume, nous omettons de sortir 2 tuiles champs de la boîte, aussi nous devons recommencer la partie après avoir tâtonné une autre demi-heure ! Fichtre, diable, on va attaquer ce soir ?
Lolive prend les composants bleutés, Romain les rouges et Ludo le gars les verts. Romain entame la partie.


Le placement de nos cottages respectifs donne lieu à la synthèse
suivante : Lolive est adjacent à 15 cases (avec seulement 2 doublons
d’accès), Romain est adjacebt à 16 cases (avec 4 doublons
d’accès) et Ludo le gars est adjacent à 18 cases (avec 5
doublons)…


La tablée est assez concentrée, surtout au début
de cette partie…


Fier de lui Lolive ? Non, vous êtes sûr… En tout cas,
la carte Loi qu’il joue (lui permettant de choisir l’ordre total de placement
des ouvriers issus des cottages pour ce tour) lui permet d’optimiser ses
ressources. Ma chance : il a surtout pénalisé Romain, le
jugeant certainement plus dangereux…


La partie va s’emballer au 10ème tour de jeu, alors que nous
ne supposions pas qu’elle allait démarrer de la sorte : il reste
une tuile de valeur 8, ainsi que les 4 de valeur 10 et les 3 de valeur
12 et ce sera le dernier tour !!!


Ayant accumulés des cartes Lois et des cubes artisanat en prévision
des derniers tours, je suis nettement le mieux placé pour acheter
à tout rompre lors de ce dernier tour. Mauvais initiative de Romain
qui, voulant payer l’un des contrats de manière plus avantageuse
(carte Remplacement), voit sa loi abrogée par votre serviteur,
et le contrat en question acheté par mes soins dans la foulée
!

Cliquez pour agrandir !
La situation finale du jeu, où l’on peut voir que les stratégies
menées par les uns et les autres ont bien différé
(voir l’analyse plus bas)…


Alors que Lolive et Romain ont, au premier tour, bien pensé
à améliorer un ou deux cottages en maisons, je n’ai pas
pu le faire (je n’avais pas de caillou). Mais, la chance est avec moi,
la carte Loi que j’ai achetée me permet justement de le faire gratuitement
! Trop classe…


Une vue de la situation lors du 3ème tour de jeu, juste avant
la récolte des ressources : Lolive va prendre 3 cailloux, 1 bois,
2 légume ; Romain va prendre 2 bois, 1 légume, 1 eau et
2 vin ; Ludo le gars va prendre 1 caillou, 1 bois, 2 eaux et 1 vin. Il
est à noter que cette répartition n’est pas à l’image
du reste de la partie…


Mon butin, un peu plus tard, nettement plus conforme à ce que
j’ai l’habitude d’engranger à chaque tour : plusieurs légumes,
plusieurs bois et un peu de vin (cette dernière ressource alterne
entre eau, vin et caillou)…


Je choisis le premier numéro à résoudre, suite
à une nouvelle enchère de Lolive, qui me choisit en tant
que premier joueur (pour jouer une fois second et une fois premier dans
les premiers instants)…


Romain, qui a semble-t-il avalé ma carte de travers, juste après
mon coup de poignard, qui le relègue loin au score…


Une vue de mon butin collecté tout au long de la partie, et
notamment les 3 tuiles 10 sur les 4 disponibles, ainsi qu’une tuile 12
sur les 3…

Décompte final
Durée de la partie : 2 heures et 15 minutes – Mise
en place du jeu : 30 minutes – Explication des règles : 30 minutes
Ludo le gars remporte cette partie avec un total de 89 points, devant Romain
avec 67 points et Lolive avec 53 points.
Le détail est le suivant :

Tuiles de construction
Cubes conservés
Total
Lolive (bleutés)
4+3X6+8+10+0 = 40
13
53
Romain (rouges)
4+6+2X8+0+2X12 = 50
17
67
Ludo le gars (verts)
3X4+6+2X8+3X10+12 = 76
13
89

Débriefing
Quel plaisir d’avoir découvert Keythedral ! Certes on peut lui reprocher
d’être fortement influencé par les cartes Lois (Lolive), mais si
on décide d’acheter des cartes Lois, on achève ainsi son tour…
Donc c’est un choix ! C’est vrai, en même temps, qu’en étant premier
joueur (ce qui m’est arrivé très souvent sans avoir jamais payé
personne…) on est certain de pouvoir faire une première action, puis
éventuellement on s’arrête là et on achète l’une
des cartes Lois au deuxième passage, ce qui m’est arrivé souvent.

Je vais m’essayer à analyser la partie de ce soir, en regardant deux
choses complémentaires : ma stratégie de jeu et la répercussion
qu’elle a eu sur les points de victoire ainsi amassés. Allons-y :
– Dès l’entame, je décide de ne pas acheter trop de maisons, chacune
étant certes tentante à construire, mais finalement ne compte
pas à proprement parler pour les points de victoire. De plus, étant
assez ramassé sur moi-même (beaucoup de cases en doublons), je
ne risque qu’une chose en bâtissant des maisons : me marcher dessus tout
seul et sous-exploiter le pouvoir des maisons (placer deux ouvriers au lieu
d’un). Résultat : je n’ai construit que deux maisons (dont une gratuite),
alors que Lolive en a construit 5 (une fut détruite par Romain) et Romain
également. Je n’ai dépensé que 2 cubes pour ces actions,
contre 10 pour chacun de mes adversaires.
– Convaincu que l’économie vaut mieux que les dépenses non comptabilisables
en points de victoire, je ne mettrai pas non plus de barrière pour gêner
mes adversaires (sauf cas de force majeure, mais il n’a pas eu lieu). Lolive
en a placé 2 (coût de 2 cubes) et Romain 3 (coût de 3 cubes).
– Je vais faire tout mon
possible pour acheter un maximum de cartes, leur pouvoir me semblant être
énorme. Très bonne idée, avec l’acquisition des cartes
suivantes : Amélioration de cottage, Numéro de cottage (je place
l’ouvrier d’un autre cottage en même temps qu’un autre), Artisanat bradé
(échange d’un cube artisanant auprès du marchand), Moisson inespérée
(récolte diversifiée des couleurs de cubes), Abroger une loi,
Production doublée (deux cubes au lieu d’un sur une case) et Faible récolte
(aucune récolte dans une couleur donnée). Comme on le devine aisément,
les 7 cartes achetées (en 10 tours) m’ont permis de faire beaucoup de
mal à mes adversaires et m’ont permis de marquer moult points. J’ai dépensé
donc 7 cubes (couleur de mon choix) pour ces 7 cartes.
– J’ai essayé d’acheter, dès le 5ème tour, des cubes artisanat
(or, ferronerie et verre), afin de ne pas en manquer lorsque j’en aurai besoin.
Lolive me suivra avec 1 ou 2 tour de retard (« Ca y est, j’ai compris ce
que tu as compris ! ») et Romain un peu plus tard encore. L’avance que j’ai
pris dans ce domaine ne sera pas rattrapé.
– Convaincu que, à 3 joueurs en tout cas, la place dans le tour n’a pas
une importance colossale et que Lolive me place systématiquement en premier
joueur, je ne monte pas pour les enchères et je laisse à Romain
et Lolive le soin de se payer mutuellement.

Pour résumer cette analyse d’un point de vue mathématique, je
dirai que j’ai conservé, exclusivement pour les points de victoire, un
total de 51 cubes (38 correspondant aux 76 points de victoire liés aux
tuiles + 13 encore en ma possession à la fin), alors que Romain en a
gardé 42 (25+17) et Lolive 33 (20+13). Comme nous avons joué 10
tours complets, j’ai conservé 5,1 cubes par tour pour les points de victoire,
Romain 4,2 et Lolive 3,3.
Si l’on ajoute à ces cubes ce que Romain et Lolive ont dépensé
pour leurs maisons, on obtient : 52 pour Romain et 43 pour Lolive, alors que
je monte « seulement » à 54… D’où des scores que l’on
aurait pu supposer plus serrés si Romain, notamment, n’avait pas construit
autant de maisons…

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