[22/12/2002] Dame Souris

Participants
– François H., ravi d’essayer ce jeu de Thierry Langlais, auteur villeurbannais prometteur,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Acheté au salon du jeu et du jouet de Lyon le 17 novembre, Dame Souris est un jeu particulier, à mi-chemin entre le jeu commercialisable et le prototype… En effet, le matériel est magnifique, mais artisanal, et les règles tendent à être confuses et non achevées. Qu’importe, je mets François dans le bain très rapidement, en lui expliquant les principes du jeu, tout en insistant sur le côté imprécis et déséquilibré des cartes action..


François réalise ses 2 premières actions : le
placement de 2 tuiles et le déplacement de sa souris…

Le jeu se poursuit de manière nettement
plus rugueuse, avec des blocages infernaux dus aux tuiles noires et jaunes
: François va bientôt finir part craquer à force que
je lui place systématiquement une tuile jaune au même endroit
!

Je rejoins mon étape violette et je
suis confronté à un délicat problème : sauf
si j’accepte de contourner un ensemble de tuiles noires (très long),
je vais devoir piocher une carte action de déplacement diagonal
pour m’en sortir et me diriger vers ma base de départ…
J’opte pour cette seconde solution, ce qui me contraint à piocher
au moins 5 ou 6 cartes avant de tomber sur la carte adéquate.

Lorsque je joue ma fameuse carte de déplacement
diagonal, François considère alors, non sans raison, que
certaines cartes sont franchement puissantes.
Allez, il me reste quelques tuiles à parcourir pour regagner mes
pénates…
Mais c’est sans compter sur un premier paramètre : François
réussit à rejoindre son étape grise, ce qui lui donne
un avantage de 8 points au score et lui fait dire que même si je
rentre au bercail, je ne gagnerai pas (+7 points seulement). Le deuxième
paramètre non considéré est l’usage des tuiles jaunes
libérées par François, qu’il se plaît à
placer près de ma souris, l’éloignant ainsi de sa maison…


Une vue rapprochée du plateau, permettant d’admirer la qualité
du matériel…

La mise en place du jeu est un peu longue,
mais vu la quantité de matériel cela est légitime
et donne irrésistiblement envie de jouer… Le plateau suspendu,
très esthétique, ne durera cependant pas très longtemps,
la règle spécifiant que le plateau n’a pas le droit de
toucher la table sous peine de perte d’actions se révélant
à l’usage lourde et peu applicable (litigieuse en fait et pas
forcément utile et dans l’esprit du jeu).

Lors des premiers tours, nous accumulons
les cartes actions, afin de disposer d’un plus large panel de choix.
De mon côté, j’ai prévu la stratégie suivante
: rejoindre une étape (la violette), après avoir récupéré
le fromage de ma couleur, puis revenir au plus vite à ma base.
Si je parviens à réaliser cette suite d’actions, je devrais
marquer 20 points, ce qui devrait suffire si j’agis vite sans trop d’encombres…

Très rapidement, l’une de mes cartes
action va se révéler déterminante : interversion
de 2 fromages, ce qui me permet de ramasser le fromage de ma couleur
en moins de 5 tours !
Dans la foulée, malheureusement, je ne fais pas preuve de beaucoup
de finesse, car je ne pense pas à récupérer d’autres
fromages, trop occupé à l’idée de rallier l’étape
violette…


François s’apprête à collecter son premier bout
de fromage, alors que je dirige ma souris en direction de l’étape
violette…

La fin de partie approche et la carte action
que je possède face cachée devrait achever mon invité
du soir : un bonus providentiel de 2 points ! Or, si je compte bien,
cela devrait me faire gagner d’un petit, mais suffisant, point !
François sent venir le coup, mais trop tard… je suis rentré
!


La configuration finale du plateau, avec ma souris rouge rentrée
à la maison et la souris verte de François devant un joli
parcours jaune 😉

Décompte final
Je gagne cette partie avec un total de 22 points (8 + 5
+ 2 + 7) contre 21 à François (4 + 8 + 4 + 5).

Débriefing
J’ai bien aimé cette partie de Dame Souris, même si, au final,
le jeu s’est révélé beaucoup plus lourd et longuet que
lors de la partie effectuée au salon du jouet de lyon en novembre. François
a trouvé le jeu intéressant mais franchement « pas fini ».
Je le rejoins sur ce point : avec d’aussi bonne idées, il est dommage
que le jeu souffre de lacunes et de faiblesses, telles que :
– Répétitivité des actions (blocages, déblocages,
…),
– Atteinte d’une seule étape et course pour rentrer à la base
(en dehors de l’esprit du jeu),
– Imprécisions et déséquilibres des cartes action,
– Inutilité, en dehors de l’ésthétique, de la suspension
du plateau.

C’est vrai que le jeu possède ces défauts, mais certains aspects
sont tellement sympas qu’on pardonne volontiers à son auteur ce côté
un peu « artisanal » et « amateur ».
Où sont les bonnes idées ? Les voici :
– L’obligation de jouer 2 actions par tour, dont aucune jouée le tour
d’avant (anticipation nécessaire et impossibilité de reproduction
d’actions immédiatement).
– Les tuiles jaunes (gruyère ?) attractives pour les souris et noires
(chat ?) répulsives sont franchement subtiles à jouer. A l’inverse
un usage intensif de celles-ci rallonge le jeu et bloque les accès.
– L’esthétisme général qui transpire du jeu suscite une
sacrément grand envie de jouer !

Dame Souris est donc un jeu plaisant, qui méritera d’être affiné
par son auteur, tant au niveau des règles pures (obligation de réaliser
les étapes) que des éléments de jeu (cartes action).
Félicitations à Thierry Langlais pour un bien joli jeu malgré
tout !

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