[23/10/2022] Atiwa

Ah enfin !!!!!! La série des nouveautés d’Essen va commencer à être décortiquée sur mon site et le premier jeu est celui qui m’a fait le plus de titillements ludiques à l’intérieur, tout ça tout ça, je veux parler de Atiwa !
Avant de vous laisser déambuler dans mon compte-rendu de partie toujours aussi détaillé ci-dessous, avec pas moins de 33 photos et quasiment toute la règle expliquée au fur et à mesure de ce déroulé, je souhaite que vous preniez 2 minutes 58 secondes pour aller visionner cette incroyable vidéo qui a été tournée au Ghana justement et qui vous en dira énormément sur ce jeu et sa thématique improbable…Et à présent, place au jeu… 😉
EDIT du 01/11/2022 : les deux actions de « formation » de la droite du plateau ont été mal interprétées lors de cette partie. En effet, celle du haut permet d’empocher une pépite par icône main verte avec un bonus d’un retournement d’un jeton famille si on a au moins 4 cartes de terrain ; celle d’en-dessous fonctionne de la même manière mais en permettant de retourner plusieurs jetons de famille et de gagner une pépite, éventuellement, en bonus. Mea Culpa…

ATIWA

L’heureux élu de cette première partie de découverte d’un jeu sorti pour Essen 2022 est mon précieux : Atiwa de Uwe Rosenberg !
Voici un jeu pour le moins atypique puisque nous allons nous glisser dans la peau de fermiers ghanéens qui essaient de cultiver des arbres fruitiers alors que très nombreuses chauve-souris frugivores rodent. Mais, ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que ces chauve-souris peuvent être très bénéfiques aux fermiers car elles disséminent les graines des fruits consommés ! Du coup, un fermier initié est un fermier qui ne les consomme plus pour leur nourriture et qui tente de les protéger au contraire !
Petite vue intérieur du petit guide qui est livré avec la boîte de jeu, avec la source d’inspiration telle que l’a vécue l’auteur. Passionnant à lire…
Et voici comment il a traduit cette thématique particulière dans son jeu ! Rien que pour ça, c’est une très belle œuvre cet Atiwa !
Pour finir sur ce petit livret pédagogique, sachez que la dissémination ne se fait jamais mieux que via les chauve-souris…
Alors, venons-en au jeu proprement dit.
Ci-dessus, voici le plateau principal d’actions installé pour deux joueurs, avec un étalage de 3 cartes de terrain en haut et un autre de 3 cartes de lieu en bas. Entre les deux, le plateau qui comporte pas moins de 28 cases d’action rectangulaires !!! Rassurez-vous, rien de bien compliqué là-dedans, juste des actions logiques et assez proches les unes des autres. Je reviendrai sur les deux plus spéciales d’entre elles.
Chaque joueur (fermier) dispose d’un plateau individuel, lequel correspond à sa réserve d’animaux sauvages (8), d’arbres (13), de fruits (8), de familles (13) et de chèvres (7). Ces éléments ne lui appartiennent pas encore : ce sera le cas lorsqu’ils auront rejoint l’une ou l’autre des cases des cartes de terrain / lieu placé en-dessous. Ci-dessus, par exemple, j’ai un village qui comporte 9 cases, avec une famille en bas à droite et un animal sauvage en plein milieu (compensation d’être deuxième joueur). Si, sur une case, figure une icône, c’est le seul élément qu’on pourra y placer, dans le cas contraire on ne pourra placer qu’un élément déjà placé ailleurs sur la carte.
Petite vue de la première carte d’aide de jeu : la mise en place et le déroulement d’un round, sachant qu’il y en a 7 dans toute la partie.
Comme vous pouvez le voir, on va :
– Jouer une phase d’ouvriers, avec le placement à tour de rôle d’un ouvrier et la réalisation de son action (+ une éventuelle action de chauve-souris),
– Puis réaliser la phase de maintenance (à découvrir ci-dessous).
La phase de maintenance se déroule en 7 étapes très importantes et mécaniques :
– Prise d’un or par famille initiée (retournée sur sa face chauve-souris) et tirage d’une tuile de pollution (avec éventuellement un peu d’or dessus) pour les autres,
– Collecte des revenus liés à la progression sur les pistes des animaux sauvages, arbres et fruits,
– Récupération des chauve-souris ayant agi pendant la nuit,
– Nourriture des membres de nos familles en déduisant les unités de lait de chèvre produites,
– Reproduction des espèces en fonction du round actuel,
– Récupération des ouvriers joués,
– Changement des cartes à l’étalage des cartes de terrain et de lieu, puis déplacement d’un cran de la tuile de round actuel.
La partie débute avec Julie comme première joueuse ! Elle a placé son premier ouvrier pour récupérer une carte de terrain. Elle accole ce dernier contre la carte déjà jouée chez elle.
De mon côté, je commence par aller récupérer une chauve-souris + 1 or + le pouvoir de retourner une tuile de famille sur sa face initiée. Autrement dit, ma famille ne pourra plus consommer de chauve-souris, certes, mais elle pourra en accueillir une dans sa maison et empocher 1 or en phase de maintenance au lieu de piocher dans le sac…
Voilà, voilà…
Julie est la première à expérimenter l’action facultative des chauve-souris : elle place 3 chauve-souris issues de son domaine sur sa carte de nuit et défausse un fruit (lequel rejoint sa réserve personnelle), puis elle récupère un arbre qu’elle ajoute à son domaine. Joli coup Monsieur Rosenberg pour la prise en compte exemplaire de la thématique de son jeu !
Fin de la phase ouvriers du premier round avec les positions de chacun sur le plateau…
Après avoir effectué la phase de maintenance, nous en sommes là… Il semble que l’on se dirige vers un jeu où le nombre d’éléments va exploser au fur et à mesure de la partie et qu’il conviendra d’avoir assez d’espaces sur les cartes ! Et il semble qu’on aille aussi vers de sacrément nombreuses manipulations / conversions de trucs et de bidules !
Un peu après, alors que j’ai ajouté une belle montagne à mon domaine…
Lors du troisième round, Julie cogite et c’est bien normal, même si le jeu est plutôt plus simple qu’attendu.
Tiens, j’essaie cette action que l’on n’avait pas encore expérimentée : je défausse un or pour acheter deux chèvres. Ça semble être une bonne idée pour avoir la capacité de nourrir suffisamment mes familles…
Oh la la, ça se remplit à fond dites-donc ! A noter qu’avec 5 chèvres, j’ai pile poil ce qu’il faut pour nourrir mes 3 familles sans avoir besoin de consommer quoi que ce soit d’autre que leur lait…
Joli ! Julie a réussi à réaliser 3 actions de chauve-souris sur un même round…
Nos positions respectives après 3 rounds pleins…
On passe un bien moment dans le Paradis Jeux… même si Leila n’est pas là ! 😉
Ah, ça y est, je sens le jeu monter en puissance : j’acquiers une carte de village contre le paiement de 7 pépites d’or et 5 arbres ! Ça fait cher, certes, mais ça va me donner la possibilité d’accueillir trois nouvelles familles… Ça semble très important d’en avoir beaucoup pour scorer convenablement en fin de partie.
4 rounds ont été joués…
Ah, l’une des deux actions un peu spéciales dont je parlais au départ : comme j’ai au moins 4 cartes de terrain (pas de lieu, attention !), je vais pouvoir payer une formation à mes familles, à concurrence du nombre de symboles de plante avec la main présent sur mes cartes (donc 4 en ce qui me concerne). Je paie les pépites d’or attendues et je vais retourner autant de familles sur leur autre face (côté famille initiée donc).
Encore plus rigolo avec l’action du dessous que je réalise dans la foulée : je vais moi-même dispenser des formations ! Dans les faits, j’empoche autant d’or que j’ai de familles déjà initiées (à concurrence du nombre de symboles plante / main que j’ai bien sûr)…
En gros, la boucle est bouclée ! 😉
Le jeu est vraiment bien rendu et, mis à part un certain sentiment de répétitivité avec les nombreuses manipulations déjà évoquées, on se sent vraiment bien immergés dans ce thème ultra peu classique !
Le plateau au moment où nous allons attaquer le dernier round (fin du round 6 donc)…
La situation de nos domaines. Oui, clairement, ça grouille de matériel, avec des chauve-souris pour le moins envahissantes !!! 😉
Là, je vous le dis sans ambage, je fais couiner Julie en allant réaliser l’action d’acquisition d’un nouveau village juste avant elle, alors qu’elle n’a que 7 pépites d’or et qu’elle ne pourra pas aller en acheter un pour 8 pépites donc ! Merci qui ? 😉
Le plateau d’action une fois la partie terminée. Vous noterez que Julie a quand même réalisé deux jolies dernières actions et qu’elle a peut-être même marqué davantage de PV…
La dernière séance de nourriture m’oblige à sacrifier pas moins de 4 bêtes sauvages, mais, franchement, entre nous, c’est clairement un moindre mal : je ne perd qu’un PV (valeur indiqué dans la case le plus à droite libérée) !!!
Julie fait de même pour nourrir ses familles et voici la vue finale de son domaine.
Pour le décompte, on va scorer :
– 1 PV par pépite,
– Les PV indiqués sur les cartes de terrain / lieu,
– Les PV indiqués sur la dernière case libérée de chaque piste de sa réserve personnelle,
– 1 PV par famille initiée,
– 1 PV par chauve-souris au-delà de 10,
– Perte des PV si on n’a pas pu nourrir tout le monde à un moment donné (ça n’est pas arrivé et Uwe indique que c’est vraiment très rare).
Mon domaine également, juste avant le décompte. Avec 4 lieux, contre 3 pour Julie, je pense que cela fera la différence aux scores…

Durée de cette partie : 2 heures 20 minutes – Note de cette partie : 17 / 20

Scores de cette partie :

Pépites d’or Cartes Pistes Familles initiées Chauve-souris Famine Total
Julie (rouge) 9 31 31 8 11 0 90
Ludo le gars (gris) 8 46 28 6 10 0 98

Bilan synthétique :

On a beaucoup aimé
– Le thème assez incroyable et carrément super bien retranscrit dans le jeu, ce qui est dingue pour un roi de la mécanique comme Uwe Rosenberg !
– L’impression que les parties peuvent bien varier d’une partie à l’autre si on y va sur d’autres axes : chauve-souris ? cartes de terrain + lieu ? plein de pépites d’or ?
– Le système de reproduction qui n’est pas du tout classique et attendu : déblayez vos classiques, ça n’a rien à voir ici !
– Le look du jeu, tant ses illustrations que ses meeples (ah… les chauve-souris !), même si je sais bien qu’il ne fait pas l’unanimité…

On a moins aimé
– Une impression de répétitivité liée aussi à un côté assez fastidieux de manipulations de ressources…

————————————————————————————————————

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


2 × = seize