[23/01/2003] Java

Participants
– Jérôme, ravi d’avoir l’opportunité de tester le troisième jeu de la trilogie de Kramer,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Voilà assez longtemps que je n’avais pas pratiqué Java – 8 mois environ – et comme nous cherchions un jeu intéressant à 2, dans la catégorie « gros jeu » et avec un potentiel de réflexion élevé, je propose subitement Java qui me tombe sous les yeux.
Acclamations de la part de Jo, franchement motivé pour tester ce jeu, sachant que Tikal et Mexica, du même auteur et dans un genre comparable, l’avaient très fortement séduits préalablement.
Je relis les règles en diagonales, et nous nous lançons dans la partie en une vingtaine de minutes, le temps de mettre le jeu en place. Et il y en a du matos !


Jérôme découvre les joies de placer des tuiles
aux formes bizarroïdes…

Je prends logiquement une avance de 10 à
15 points, mais cela me semble bien faible au vu de mon manque d’implantations
sérieuses sur le plateau… Je ne suis pas rassuré, surtout
que Jérôme continue son petit bonhomme de chemin, visiblement
peu en difficulté devant l’abstraction du jeu.


Les tuiles commencent à prendre de la hauteur et le jeu… du
relief 😉

Lorsque nous entrons dans le dernier tiers
de la partie, je dois avouer que la situation sur le plateau a bien évolué
: je suis très bien placé dans plusieurs villes, je n’ai
pas utilisé une seule tuile spéciale et, surtout, mon avance
au score est importante.
Jérôme se doit de réagir, mais la tâche est
ardue, car, de son côté, il a déjà utilisé
plusieurs tuiles spéciales, il est souvent second dans les villes
et, de surcroit, il est en retard au score…

Lorsque la fin de partie se profile, je suis
aux prises avec un dilemme cuisant : soit je clos la partie dans mon tour,
car je possède beaucoup de majorités et que cela empêchera
Jérôme de la clore, soit je décide de piocher une
carte Fête, car dans l’état actuel, je ne peux en organiser
aucune, alors que de nombreux palais sont disponibles… Cruelle situation…
Finalement, je décide de clore la partie en posant la dernière
tuile triple, afin d’assurer ma victoire, même si je n’aurai pas
autant d’avance que celle à laquelle j’aurais pu prétendre.
En contrepartie, j’évite les problèmes qu’aurait pu me causer
Jérôme avec ses tuiles de rizières et ses pions :
séparation de villes, montées de niveaux, déplacement
de ses pions sur des tuiles stratégiques pour le passage…


Sur cette vue rapprochée du plateau, on visualise nettement
les différences de relief à proximité du bassin central…

Jérôme procède à
son tour à son décompte et il réussit la prouesse
de marquer presque autant de points que votre serviteur lors de son propre
décompte, ce qui est remarquable au vu de sa situation précédente.
Bravo Jérôme.

Le jeu se déroule de manière
très rapide, avec des tours de jeu ne dépassant pas les
3 minutes, ce qui est très appréciable pour la dynamique
de ce jeu, qui pourrait avoir tendance à s’éterniser dans
le cas contraire…
D’ailleurs, plus nous jouons, plus nous nous apercevons que nous sommes
capables de jouer vite… et bien 😉

Pendant le premier tiers de la partie, Jérôme
concentre ses efforts sur la construction de palais, en plaçant
un de ses pions immédiatement le plus haut possible, ce qui doit
lui paraître sécurisant.
De mon côté, je m’efforce de créer un maximum de
bassins en un temps limité, sachant que cette vision du jeu,
certes à court terme, présente 3 avantages :
– Laisser construire Jérôme pour mieux venir lui prendre
ses installations par la suite (il y a le temps…),
– Marquer des points nombreux et réguliers en espérant
que l’avance générée suffise,
– Séparer des zones de construction possibles, où Jérôme
aurait pu vouloir étendre ses palais.


Jérôme agrandit une ville où je suis présent
(orange), mais non placé le plus haut, afin de marquer des points
pour l’expansion du palais et la fête à organiser…

Je décide alors d’adapter ma stratégie,
en commençant à investir les villes prometteuses et en
y agrandissant les palais existants. Je prends ainsi plusieurs majorités
à Jérôme, sans pour autant gaspiller mes tuiles
spéciales doubles et simples.
Jérôme tente de réagir, en utilisant justement ses
tuiles limitées, ce qui m’excite intérieurement : plus
il en utilise, mieux ce sera pour moi pour la fin de partie.
En revanche, je n’hésite pas trop à utiliser mes jetons
d’action, car ne pouvant en jouer qu’un par tour, il convient de tous
les utiliser avant la fin de partie…


Jérôme se creuse les méninges afin de réaliser
« le bon coup » qui lui permettra de revenir dans la partie,
alors que le jeu risque de se terminer prochainement…

Je procède à mon décompte
final, qui me rapporte de nombreux points, sachant que je suis majoritaire
sur toutes les villes où je suis présent (5 ou 6, dont
deux de valeur 10 et une de valeur 8…).
Jérôme joue son dernier tour, en utilisant 2 tuiles doubles
(que d’ailleurs je n’avais pas vu devant lui, car placées très
à sa droite…) et ses tuiles simples. Il parvient à prendre
nombre de majorités, en séparant mes positions dominantes
des palais. Subtil, Jo !

Finalement, je ne regrette pas mon choix
d’avoir cloturé la partie…

Cliquez pour agrandir !
La configuration finale du plateau

Décompte final
Je remporte la partie avec un total de 113 points contre
92 pour Jérôme. Le détail est le suivant :

Scores avant le décompte du 1er joueur
Décompte du 1er joueur
Scores avant le décompte du 2nd joueur
Décompte du 2nd joueur
Scores finaux
Jérôme
49
53
39
92
Ludo le gars
71
42
113
113

Débriefing
Revenir à Java est toujours un très grand plaisir ! Cette partie
ne faillit pas à la règle et Jérôme a adoré
le jeu : bien prise de tête, mais finalement assez léger si on
joue de manière rapide et intuitive, esthétique, ce qui est indéniable,
et très intéractif, même à 2 joueurs. Jérôme
souligne qu’à 4 joueurs cela doit être un vrai « b___el »
! Je lui confirme que le jeu devient extrêmement tendu, avec de grosses
difficultés pour revenir dans une ville où l’on n’est pas installé
tôt dans la partie.

Sur le plan du jeu, je trouve vraiment que les points générés
par les bassins son très importants, en tout cas à 2 joueurs.
Mon avance, acquise tout au long de la partie, s’est faite là-dessus
et, au final, elle a suffi. En effet, le décompte de fin de partie, si
les joueurs ne sont pas complètement hors course sur les villes, peut
être profitable aux 2 adversaires, qui vont marquer grosso-modo le même
nombre de points (ici : 42 à 39…). Donc le jeu à 2 se gagne
avant la fin de partie. Ce n’est pas certain du tout à plus de 2, où
il convient vraiment d’asseoir progressivement ses positions au sein des villes
lucratives.

Des 3 jeux de la trilogie, je trouve que Java est le plus profond et le plus
esthétique. Par contre, le plus ludique et fun me semble être Tikal,
alors que j’ai du mal, pour l’instant, à mesurer la valeur de Mexica
que je n’ai joué qu’à 2. En tout cas, ce dernier ne se joue pas
à 2, au contraire des 2 autres boîtes.

JAVA ! Ton univers impitoyable !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


six + 4 =