[23/01/2009] Heads of State

Heads of State est l’un des deux derniers jeux sortis chez Eggert Spiele pour Essen 2008. L’autre, non encore essayé par votre serviteur, s’intitule en français A l’ombre des Murailles. Pour Heads of State, découvert ce soir, on doit tout d’abord passer outre la laideur sans nom de la boîte de jeu, avec ses montages de visages photographiés et de dessins aux tons obscurs. Le look général n’invite vraiment pas à essayer ce jeu, et pourtant les règles donnent, elles, l’impression d’un jeu au mécanisme sympathique, avec le positionnement de nobles de différents types, dans divers secteurs de 4 pays européens, avec de vicieuses trahisons au programme pour piquer la place des autres. Le système de calcul des points de victoire se révèle plus simple en jouant que la lecture des règles le laissait supposer. Au final, avec ce jeu de plus de 3 heures, on passe un bon moment, mais qui ne restera quand même pas dans nos anales ludiques…

HEADS OF STATE :

 


Voici donc la fameuse couv’ de la boîte, que je qualifie vraiment d’hideuse chose. Il en faut du courage pour aller l’ouvrir, même si cet état de fait est peut-être voulu par
l’éditeur, censé présenter la noblesse sous un jour peu accueillant et assez abject…

Nous sommes 4 autour de la table, Sylvain avec les marqueurs rouges, Charles avec les jaunes, Fabien avec les bleus et moi-même avec les verts. A noter que nos couleurs n’ont rien
à voir avec la couleur des 4 pays du jeu : Royaume-Uni, France, Espagne et Etats allemands…

Au premier tour, je ne peux « construire » aucun noble, n’ayant pioché qu’une seule carte (je suis premier joueur). Au second, en revanche, avec mes 3 cartes d’attributs
supplémentaires, je crée un Marquis en défaussant les 4 cartes ci-dessus. Cela me permet de placer une tuile Marquis verte dans l’un des secteurs en accueillant un (j’opte pour l’un
des Etats allemands), de glaner le marqueur hexagonal présent (3PV) et de prendre une carte de Marquis devant moi…

Sylvain, lors de son second tour, défausse lui aussi plusieurs cartes d’attributs, dont une courtisane (joker), afin de créer son premier noble sur la carte. Comme chaque marqueur
hexagonal est pris par le joueur qui crée le premier noble dans un secteur, c’est un peu la course au placement des nobles en ce début de partie (manche 1 sur 3). Par la suite,
d’autres manières de marquer des PV seront proposées…

Une vue générale de la situation, alors que le plateau est décidément plutôt impressionnant pour quiconque n’a pas participé à la partie. N’est-ce pas ?

Pour le moment, j’ai placé 3 nobles sur le plateau : 2 dans 2 secteurs différents des Etats allemands (un Marquis et un Vicomte) et 1 en France (un Baron). Au-delà des marqueurs
hexagonaux gagnés, j’ai opté pour un placement de mes nobles sur la case de secteur la plus élevée à chaque fois, histoire d’avoir toujours 2 points d’influence lorsque les
décomptes de fin de manche se présenteront…

Après un long travail de collecte des bonnes cartes (une de chaque type !), sans possibilité de jouer de courtisane, je réussis à placer le premier roi de la partie au Royaume-Uni.
J’empoche 8 précieux points de victoire et, comme le roi est dans une capitale (bordure épaisse), il sera difficile à déloger (2 cartes Trahison à jouer au lieu d’une seule)…

Avec ce roi ainsi construit, je possède à présent 4 cartes de nobles différents : un Baron, un Vicomte, un Marquis et un Roi. Les 3 premiers joueurs qui posséderont une carte de
chaque noble (7 en tout), empocheront 16PV pour le premier, 12PV pour le second et 8PV pour le troisième. Utile et tentant quand même…

Après avoir créé le premier Roi de la partie, je m’amuse à jouer le premier Assassin (carte Trahison) de la partie, avec comme victime désignée l’un des nobles de Fabien. Et oui, ce
joueur étant en avance sur moi d’une longueur sur le plateau (influence au Royaume-Uni), je me dois de réagir…

Dans le sac de toile sont placés 3 cubes à ma couleur et 1 à la couleur de Fabien, ce qui me donne 3 chances sur 4 de réussir mon assassinat, à condition de piocher effectivement un
cube de ma couleur…

Premier gros couinement de la partie puisque je pioche le cube bleu de Fabien ! Il jubile le bougre. Il faut dire qu’ainsi il empochera la plus grosse part des points au
Royaume-Uni, malgré mon roi, et que je ne marquerai pas beaucoup de points, non plus, dans les Etats allemands…

Dans les 11 dernières cartes d’attributs de la pioche figure cette fameuse carte Révolution, laquelle arrête le jeu pour que l’on procède à un décompte, avant de changer de manche
(on passera de 1589 à 1689)…

Photo générale de la situation, juste après le décompte opéré : 8PV pour le plus influent au Royaume-Uni et 3PV pour le second, 10PV en France pour le premier et 2PV pour le second,
6PV dans les Etats allemands pour le premier et 5PV pour le second, et enfin 7PV pour le premier en Espagne et 4PV pour le second. A ce jeu, c’est Sylvain qui prend le large avec
une avance de 9 points sur le second…

Avec ma création d’un Prince (deuxième personnage le plus dur à créer), je possède à présent 5 cartes différentes. Plus qu’un Duc et un Comte, et j’aurais réussi à avoir 7 nobles
différents. Cette seconde manche, outre cette course à la diversité, verra les premières trahisons lourdes se produire, avec de l’inquisition espagnole, de la potence allemande, de
la guillotine bien française et des bourreaux britanniques…

Argh… Décidément ce Fabien aura toujours un coup d’avance sur moi ! A présent, il vient de créer son 7ème noble et il vient de prendre le marqueur de 16PV pour sa
diversité…

Juste après lui, je fais la même chose, ce qui m’octroie le droit de prendre le marqueur 12PV (mais c’est quand même 4PV de moins que lui)…

Pour la seconde fois de la partie, c’est Sylvain qui nous tire la carte Révolution et qui met, ainsi, fin à la manche actuelle. Après le décompte effectué, les positions se sont
bien resserrées en tête de piste avec 3 joueurs en 6 points : Sylvain, Fabien et moi. Charles, quant à lui, traîne à 28 points du premier…

Il ne sait plus trop comment revenir Charles… Ce jeu, fortement propice au kingmaking, le conduit sous peu à retirer un noble de Fabien alors qu’il n’est pas capable de le
remplacer dans la foulée. C’est assez énervant pour Fabien, évidemment, mais on ne peut rine faire contre ça, le jeu semble prévu dans cet esprit malsain…

Les 6 cartes de la pioche visible d’attributs propose pas moins de 3 cartes de Palais sur les 9 que contient le jeu (c’est vraiment une grosse proportion). Sur la droite, on peut
voir les 2 cartes de la pioche visible des cartes Trahison, avec deux cartes d’Inquisition espagnole. Ouf, je ne suis pas impliqué dans ce pays…

La troisième et dernière manche devient très tactique et très sanglante, avec l’obligation d’éliminer des nobles adverses pour prendre leur place afin de renforcer son influence
(importante en fin de manche) et d’acquérir de nouvelles cartes (importantes pour les majorités dans chaque type rapportant beaucoup de points lors du décompte final). Ainsi, je
viens de créer un second roi, histoire d’espérer être premier dessus (16PV !)…

Et voilà Sylvain qui s’apprête à assassiner un noble de Fabien, sous l’oeil hilare de Charles. De mon côté, je vais bientôt procéder à deux assassinats successifs contre ce même
Fabien, en France cette fois, afin de renforcer très fortement mon influence pour marquer les 10PV (c’était Sylvain qui se les était pris lors des 2 premières manches)…

Ca cogite dans les têtes en cette fin de partie, surtout que toute action peut être lourde de conséquences, pour soi et peut-être surtout (malheureusement) pour les autres. Au
premier plan, on peut voir que j’ai choisi la création d’un 3ème Duc, laissant mes Rois à 2 unités, comme Fabien, convaincu que je ne pourrai pas être rejoint dessus…

Mon deuxième coup tactique de la partie, lors de mon dernier tour : je crée un Comte en Espagne (en haut à gauche), afin d’avoir une seconde carte (égalité avec Sylvain) et de
grapiller une possible seconde place en Espagne au niveau de l’influence : 5 d’influence pour jaune, 2 pour moi et 2 pour rouge mais avec des nobles de niveau moindre…

Lors de son probable dernier tour, Fabien est pris d’un grave dilemme de kingmaking : soit il m’attaque en France et c’est Sylvain qui aura les 10PV dessus, soit il crée un noble
ailleurs pour ne pas gêner mais cela ne lui rapportera qu’une carte de plus. Il opte pour cette seconde solution et comme il pioche la carte Révolution dans la foulée, la partie
s’achève…

Voici la vue générale juste avant le décompte des majorités sur les cartes. Je possède à ce moemnt-là 2 points d’avance sur Fabien et 6 sur Sylvain. Je vous laisse consulter le
tableau des scores ci-dessous, mais sachez déjà que quel qu’est été le choix de Fabien à son dernier tour, le nom du vainqueur n’aurait pas changé (on a simulé cela juste pour
voir)…
Bilan synthétique :

On a aimé
– Les systèmes de calculs de points de victoire, qu, au début, paraissaient alambiqués et contradictoires, et qui, au final, s’avèrent malins et plutôt bien dosés dans la partie
(pas au même moment, ce qui est bien vu),
– La simplicité de la règle de jeu, finalement,
– La course qui est omniprésente dans ce jeu,
– Les coups bien vicieux que l’on peut opérer sur ses camarades.

On a moins aimé
– Le look hideux de la boîte et des cartes,
– La durée de jeu, beaucoup trop importante, même si on n’a pas vu le temps passer,
– L’impossibilité de trop prévoir avant son tour de jeu, ce qui génère des temps d’attente assez longs entre ses tours,
– Les possibilités de kingmaking, jamais agréables dans un jeu, et là fortement présentes.

Scores de la partie :

   1589 1689 1789 Majorités Total
Lucarty (rouge) 13+20 3+14 20+0 14 84
Charles (jaune) 10+9 0+9 7+9 19 63
Fabien (bleu) 16+8 24+8 4+14 13 87
Ludo le gars (vert) 12+8 17+14 3+22 24 100

Note du jeu (sur cette partie) : 13 / 20


Durée de la partie : 3 heures 30 minutes

 

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