[24/04/2004] Funkenschlag – USA

Participants
– Romain, qui va découvrir un autre jeu mémorable après le superbe Acquire joué dans l’après-midi,
– Sébastien, que je découvrirai étonnamment rancunier lors de cette partie,
– Sylvain, qui ne pourra qu’apprécier ce jeu, tant il exige de peser le pour et le contre de chaque situation,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Avoir joué 2 parties sur la carte de l’Allemagne lors du salon du jeu de Toulouse me procure un avantage certain au moment de débuter une nouvelle partie de Funkenschlag, même si, thématique « Made in America » oblige, nous jouons aujourd’hui sur la difficile carte des Etats-Unis. Ainsi, je suis conscient des difficultés à économiser de l’argent et de la nécessité d’investir pour l’avenir dans ses centrales. Mais après, la partie ne pourra pas ressembler aux 2 autres, en raison de la diversité des joueurs attablés, de la configuration 4 joueurs et des spécificités de la carte américaine.

Je prends mon temps pour expliquer les règles aux autres joueurs et leur apporter quelques conseils stratégiques élémentaires. Cependant, j’oublie un point crucial, à savoir la restriction de la carte à 4 régions seulement, ce qui nous obligera à apporter un petit correctif lors du second tour, en replaçant les maisons de Sylvain à l’endroit où, concours de circonstance, il voulait les placer initialement ! Nous jouerons donc sur un espace délimité à l’est des Etats-Unis : le pan droit de la carte.
Chaque joueur prend un set de marqueurs : les jaunes pour Romain, les violets pour Sébastien, les bleus pour Sylvain et les verts pour votre serviteur, puis la partie débute avec Sébastien désigné aléatoirement comme premier joueur.


La partie débute à peine avec Sébastien qui met
en vente la carte centrale n° 6 alimentée par des déchets…


En fin de 3ème tour, je commence à prouver que j’ai compris
des éléments stratégiques du jeu : je n’achète
aucune carte de centrale, car les 2 que je possède me permettent
d’alimenter les 3 villes que j’ai reliées. D’où un gain
d’argent substantiel à ce moment de la partie et une défausse
de cartes à prévoir en moins…


En seconde période, Sylvain achète bien cher une centrale
écologique de capacité d’alimentation de 4 alors qu’il possédait
à ce moment-là, en valeurs inférieures, une centrale
de capacité d’alimentation de 3 villes (pétrole/charbon)
et une autre écologique. Résultat : il doit se défausser
de l’une des deux, ne pouvant légitimement pas écarter sa
centrale de puissance 6, pour une amélioration d’une seule unité…


L’autre moment délirant de Sylvain : après m’avoir vu
payer 61 élektros pour effectivement acquérir la carte n°46
devant Sébastien qui laisse tomber, il veut à tout prix
s’adjuger la carte n°38 pouvant alimenter elle aussi 7 villes. Il
en proposera d’un coup 100 élektros, nous laissant tous sans voix
et particulièrement Sébastien qui ne se bat plus pour de
tels montants…


Une autre vue de la même situation cauchemardesque : mes 3 centrales
pourraient théoriquement alimenter 18 villes, mais, après
le coup de Trafalgar de Sébastien, qui fait gagner Romain, je ne
pourrai en alimenter que 13, ce qui me fera passer, par la même,
de premier à dernier. Et tout ça, à cause d’une pénurie
de ressources émanant d’un joueur qui ne pouvait plus rien espérer.
Très, très, très frustrant…


La positon à l’issue du premier tour de jeu : seul Sylvain a
relié 2 villes, malgré une capacité d’alimentation
limitée à une seule, alors que les 3 autres joueurs n’ont
placé qu’une seule ville. A noter les grandes possibilités
d’expansion de chacun, à l’exception de Sylvain (bleu) qui se trouve
près de la côte…


La situation en fin de première période, moment où
je décide d’accélérer le mouvement et de me révéler
: Romain (jaune) prenant un ascendant sur la partie, je construis 4 maisons
ce tour et accède à la 8ème ville reliée,
tout comme lui. Néanmoins, je devrai réussir à rester
second, puisque sa carte de centrale la plus élevée dépasse
les miennes, ce qui me garantit de meilleures opportunités pour
le tour suivant. Pendant ce temps, Sébastien et Sylvain, respectivement
3ème et 4ème joueurs, vont pouvoir s’étendre de manière
forte sur le plateau, eux qui ont pu se sentir un tantinet cloisonné,
puisque trop mis en avant dans l’ordre du tour et perdant, par la même,
des positions cruciales sur le plateau…


La situation au moment où nous accédons à la troisième
et dernière période : 15 villes reliées pour Ludo
le gars et Romain, 12 pour Sylvain et 9 pour Sébastien. Selon toute
vraisemblance, à ce moment de la partie, le vainqueur sera Romain
ou Ludo, sachant que Romain n’a pas besoin de cartes complémentaires
pour atteindre les 17 villes fatidiques et que, de mon côté,
je possède plus de 200 élektros dans les caisses pour acheter
la carte n°46 pouvant alimenter 7 villes pour 3 charbons ou pétrole,
ce qui, potentiellement, m’autorise à rêver des 18 villes
alimentées…


THE MOMENT : bien que distancé de manière inéluctable
au score et n’ayant pas d’objectif précis à ce moment de
la partie, Sébastien décide de me pourrir la vie en achetant
suffisamment de charbons pour que je ne puisse pas alimenter toutes mes
centrales. Il argumentera sa décision en disant que je n’avais
qu’à pas le bloquer en début de seconde période,
ce qui est clairement inexact : il avait joué avant moi et avait
décidé de s’étendre vers le sud et non vers le nord,
ce qui m’avait surpris à cemoment-là (je lui en avais parlé
!). S’il avait joué comme ceci en étant certain que, ce
faisant, il ne serait pas dernier, pourquoi pas, mais ce ne fut pas le
cas, puisqu’il passa près de 10 minutes au moment de sa construction
de villes pour atteindre les 14 villes reliées (me passant ainsi
devant avec seulement 13 villes alimentées)…


La situation finale du jeu, alors que j’ai choisi de relier effectivement
mes 18 villes prévues et que Sébastien a réussi à
en relier 14…

Décompte final
Durée de la partie : 3 heures 15 minutes – Mise en
place du jeu : 10 minutes – Explication des règles : 20 minutes
Romain remporte cette partie avec un total de 17 villes alimentables (sur 17)
et un capital avant paiement du dernier tour de 73 élektros, devant Sylvain
avec un total de 17 villes alimentables (sur 17) et un capital de 16, puis Sébastien
avec 14 villes alimentables (sur 14) et un capital de 12 et Ludo le gars avec
13 villes alimentables (sur 18) et un capital de 91 élekro.

Débriefing
3 heures de bonheur et un quart d’heure d’incompréhension ! C’est à
peu près ce qu’il faut retirer de cette partie qui s’est déroulée
à Rochetaillée ce soir. En effet, alors que j’avais fait le plus
dur en économisant de l’argent tout au long de la partie, en ayant défaussé
un minimum de centrales et en ayant réussi à acheter la carte
qui me permettait d’alimenter 18 villes, je ne pouvais rien craindre de la part
de mes adversaires et notamment de Romain qui était vert de rage lorsqu’il
s’était aperçu que je jouerai avant lui dans le dernier tour…
Il faut dire qu’il avait déjà réussi une pénurie
sur le charbon le tour précédent, m’empêchant d’alimenter
mes 13 villes reliées, et qu’il s’était préparé
à faire de même au dernier tour, si je n’avais pas construit que
2 villes pour ne pas le dépasser au nombre de villes reliées (il
possédait une carte de centrale plus élevée que les miennes).
Dans ce contexte, le coup de théâtre Sébastien a eu un retentissement
assez important auprès de l’ensemble des joueurs de la table, même
si c’est effectivement moi qui en ait ressenti la plus forte amertume…
Funkenschlag est toujours un très bon jeu, je vous rassure 😉 et je
n’en veux pas plus que ça à Sébastien, qui, j’espère,
comprendra que je ne lui en aurais pas voulu du tout s’il avait calculé
qu’il me dépassait au score AVANT de faire son coup malsain…

Si j’analyse la situation avec un peu de recul et que j’en tire quelques enseignements,
je dirais que :
– Ce jeu n’est pas exempt de Kingmaker, puisqu’un joueur peut en faire gagner
un sans lui-même être impliqué pour l’emporter,
– Je ne pense pas avoir commis la moindre erreur dans cette partie et, si je
creuse à mort, je pourrais peut-être imagienr que je n’aurais pas
dû devenir tributaire de ressources dans le dernier tour. Mais ce n’était
pas facile de faire mieux, puisque Romain avait déjà occasionné
une pénurie à l’avant-dernier tour, m’empêchant d’acquérir
du charbon pour 2 tours consécutifs. La solution aurait peut-être
été de ne pas acheter la carte 46, mais devant mettre une carte
en vente, laquelle aurais-je dû acheter ? Je précise que la séduisante
carte 38, alimentable en déchets et achetée par Sylvain n’était
pas encore proposée à la vente… Je précise également
que la carte 20 nécessitant 3 charbons pour fonctionner et que j’avais
devant moi ne pouvait pas être défaussée (pas le temps).
J’aurais dû, en fait, acheté beaucouo plus tôt une carte
nuclaire ou déchets élevée afin d’écarter ma carte
20 qui me plante au final. Mais comment aurais-je pu décemment m’en douter
?????

Funkenschlag est un grand et bon jeu, un de ceux où on en apprend à
chaque partie. Ce soir, je retiens la notion de pénurie de ressources
! Merci Sébastien 😉

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