[25/05/2007] Die Macher

Le voici le voilà, le jeu poétique et enchanteur, le jeu des Bisounours politiciens : Die Macher ! Un jeu sur les élections régionales allemandes a de quoi séduire. Non ? Ben pourquoi ?
Il est vrai qu’il faut être un mordu, mais alors un vrai de vrai, pour s’intéresser à ce jeu et à son thème en particulier. Franchement, croyez-vous qu’ils soient nombreux les joueurs
« occasionnels » à se passionner pour un jeu sur les élections allemandes ? Et en plus, si je vous dis qu’il faut se taper une règle de 19 pages, gérer un matériel de malades, tout en s’embarquant pour des parties de 4 heures environ, croyez-vous que ce jeu soit fait pour tout un chacun ?
Et pourtant, sachez que depuis Essen 2006, au cours duquel je m’étais procuré Die Macher (merci Valley Games), le temps me durait de le découvrir, tant son look, son thème, sa richesse prétendue et son classement super top dans le Boardgame Geek paraissaient alléchants. Et bien, cette fois, non sans douleurs d’ailleurs, c’est chose faite : nous avons joué une partie, ou plutôt un début de partie (2 élections sur 7), afin de dégrossir la règle et de pouvoir s’engager vraiment dans une partie complète très prochainement. Au niveau de la règle, je précise que je l’avais lue sérieusement, mais avec des difficultés délirantes de compréhension et sans parvenir à aller au-delà des 12 premières pages. Du coup, je propose une partie qui se déroulera au fur et à mesure que
nous découvrirons vraiment la règle (lecture des phases simultanées à la mise en oeuvre). Cela s’est bien passé comme vous le prouve le compte-rendu ci-dessous, mais attention : nous avons joué 2 heures 30 pour finaliser la première élection (sur 7) !

DIE MACHER :

Chacun des 4 plateaux assemblés représente une élection régionale et il y en aura 7 dans le
jeu. La prochaine à venir est connue en totalité, la suivante aux 3/4, la suivante à 1/2 et enfin, la quatrième, au 1/4 (nombre de cartes d’opinions publiques face
visible). Beaucoup de matériel, pour une lecture du jeu pas facile facile, mais on s’habitue assez vite…
Une vue rapprochée du plateau régional de l’élection à venir. Les 4 cartes d’opinion publique
sont les suivantes : 1: hausse des aides sociales, 2: pour l’énergie nucléaire, 3: baisse des taxes, 4: hausse du salaire minimum. L’idée est de parvenir à placer en adéquation sa
plateforme politique à ces opinions régionales (quitte à retourner sa veste !)…
Une vue des plateaux d’organisation (en bas) et national (en haut). Sur le plateau d’organisation
figure notamment une zone d’échange des cartes d’opinion, qui peuvent remplacer telle ou telle carte affichée dans telle région. Sur le plateau national, notamment, on retrouve le
nombre d’adhérents de chaque parti au niveau national (poids politique)…
Une vue de ma plateforme politique (les verts) en début de partie, de gauche à droite :
baisse du salaire minimum, contre les manipulations génétiques, hausse des taxes, hausse des aides sociales et, enfin, renforcement de la lutte contre le terrorisme. Soit, avec la
région accueillant l’élection : 1 opinion commune et 2 opposées…
Cette photo présente ce qui se passe dans la région n°3, encore loin d’être le lieu d’élection :
j’ai mené 7 meetings ici-même, je recueille 6 intentions de vote et 3 cartes de cabinet fantôme (=agissements avec dessous de table) sont d’ores et déjà jouées par les joueurs ! A
noter que nous nous emballons pour cette région car elle donne de gros objectifs en nombre de sièges (42) et qu’elle n’est pas la première de la liste (nous ne connaissons pas le
jeu donc on se dit que peut-être on s’en sortira mieux à la troisième)…
L’ambiance est très studieuse lorsqu’une nouvelle phase se présente, mais elle dégénère assez vite
lorsque nous réalisons combien nous n’arrivons pas du tout à anticiper quoi que ce soit ce soir. Ceci est parfaitement normal, surtout que la lecture progressive de la règle,
nécessaire si l’on veut voir les tenants et les aboutissants de chaque acte, génère une partie très hachée où l’on tente juste de comprendre les enchaînements des phases de jeu…
Pétage de plomb ! Normal, vu les possibilités du jeu et notre ignorance totale de ce qui est censé
arriver dans les 5 minutes qui suivent …
L’élection de la première région est achevée et c’est le joueur jaune (Vincent) qui remporte
l’élection avec 9 votes contre 5 à au joueur noir (Romain). Du coup, ils engrangent 5 sièges chacun (tranches de votes .= nombre de sièges)…
Remise en place du plateau n°1, après encaissement des cotisations de nos adhérents de parti
(élections 1, 3 et 5), avec, entre autres, tirage de la tuile de région n°5 et retournement d’une carte cachée par région… A noter la présence de 3 marqueurs médias, dont 2 verts,
dans la région où se tiendra la nouvelle élection : le contrôle des médias permet de manipuler les sondages…
Vincent ajoute des marqueurs de meetings dans la région n°3, celle où devrait se tenir la
troisième élection. A noter que nous décidons de jouer cette élection avant d’arrêter notre partie de ce soir et que nous le faisons dans le respect de ce que nous ferions si nous
jouions toute la partie…
Petit cours de calcul de votes. Nombre de votes = nombre de meetings X (popularité + adéquation
des opinions publiques). Ainsi, en ce qui me concerne, j’ai recueilli 7 X (0+3) = 21 votes. Comme j’en avais déjà 6, mon total de votes dans cette région s’élève à 27. La
deuxième élection est remportée in-extremis par Sylvain à mes dépens (2 votes d’avance : 29 à 27). …
Pour finir, voici les impacts sur le plateau national du haut : les cartes 1 et 2 ont été
ajoutées par Vincent (vainqueur de la première élection), les cartes 3 et 4 par Sylvain. Ces cartes d’opinion publique proviennent des régions où se sont jouées les 2 élections et
elles indiquent les opinions tenues au niveau national. En fin de partie, une bonne adéquation avec cette zone est requise pour marquer beaucoup de points…
Fin de partie pour ce soir (après 2 élections sur 7, je le répète) : nous avons mis 2 heures 30
pour la première et seulement 40 minutes pour la deuxième. Nous avons observé une bien meilleure maîtrise de la règle pour la seconde et sommes convaincus de pouvoir jouer chaque
élection en 30-45 minutes à l’avenir, d’où une durée de jeu globale de 3 heures 30 à 5 heures environ. Tout à fait jouable ! Au niveau des scores temporaires ce soir, Vincent s’en
tire mieux, devant votre serviteur, Romain et Sylvain. Mais bon, cela ne veut rien dire du tout !
Bilan synthétique :

On a aimé
– La très bonne simulatio du thème : on se sent vraiment dans l’ambiance politicienne, roublarde et n’hésitant ni à retourner sa veste ni à manipuler les sondages, tout en
procédant en sous-marins…
– La connaissance progressive de la situation dans chaque état et la possibilité de s’impliquer dans d’autres régions avant même que ne s’y tiennent les élections
– La richesse diabolique du jeu, juste entrevue ce soir !

On a moins aimé
– L’aspect imbitable de la règle, rédigée avec un français non européen et bourré de fautes (exemples : « Chaque joueur a comme tâche de menez leur parti dans 7 élections
régionales
 » ou encore « Le joueur actif ramasse sa main de cartes de plateforme politique à face cachée« ).

Scores de la partie (après 2 tours sur 7) :

 

votes médias adhérents au parti adéquation opinions nationales Total
Romain (noir) 8 0 22 + 6 35 71
Vincent (jaune) 9 25 18 57 109
Lucarty  (rouge) 7 0 19 27 53
Ludo le gars (vert) 7 0 30 + 10 35 82

Note du jeu (sur ce début de partie) : 17 / 20

———————————————————————————————————————————————–

3 commentaires à propos de “[25/05/2007] Die Macher”

  1. Enfin un site ludique français qui parle de ce jeu si plébiscité outre-manche et outre-rhin ! Félicitations pour avoir pu motiver des joueurs pour cette partie, et merci pour un compte-rendu une fois de plus réussi… A quand une partie entière ?

  2. Salut Ludo,
    Pour ta partie de Die Macher, où tu signales la dfficulté du français de la traduction, as-tu utilisé le matériel disponible sur le site de Reixou : la traduction, la FAQ, l’aide de jeu ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


− 4 = quatre