[26/02/2010] Hansa Teutonica

L’un des jeux sortis pour Essen, parmi les plus appréciés par les joueurs amateurs de jeux assez denses, figure ce Hansa Teutonica, un jeu édité par Argentum Verlag, déjà éditeur de Wind River sorti pour Essen 2008. Ce jeu, à la douce ambiance bavaroise et/ou simplement germaine (merci de me dire ce que vous en savez 😉 est un jeu quelque peu  à l’ancienne, avec une forte interaction, des routes déjà tracées (aucune modularité du plateau) et un look global (et des choix possibles) assez classiques. On n’est pas dans de l’innovation, là. Clairement. Mais on n’est pas, non plus, dans un sempiternel jeu à l’allemande pur, dans la lignée de beaucoup de jeux sortis entre 2000 et 2010. On est dans un jeu ayant repris le meilleur des jeux à petits cubes sans sacrifier les luttes farouches et sévères entre joueurs (via l’utilisation de jetons, d’ailleurs chèrement acquis).
Ca marche comment ? Ben, lisez la suite…

 

HANSA TEUTONICA :

 


Chacun représente un entrepreneur teuton qui tente sa chance dans la baie de la Hanse. Le but est de marquer un maximum de points de prestige, ceux-ci résultant autant de l’étendue
de son empire commercial (les comptoirs créés sur le plateau) que de l’amélioration des compétences de ses commerçants et négociants…

Sur son plateau individuel, chaque joueur enregistre la progression de ses compétences : nombre de points par comptoir installé, nombre d’actions par tour de jeu, couleur des
comptoirs constructibles, nombre de personnages déplaçables, ou encore nombre de personnages pouvant être basculés du stock à la réserve…

Le plateau représente le pays dans lequel chacun va essayer d’étendre son influence commercial. Les zones urbaines indiquent combien de comptoirs peuvent y être construits (avec une
couleur mentionnée), les zones les reliant étant des routes sur lesquelles vont être placés les personnages (commerçants carrés ou négociants ronds) avant d’en placer un dans l’une
des villes (éventuellement) quand l’une d’elles sera complète et d’une seule couleur…

A la table, 4 ludophiles cannois en puissance (nous allons en effet tous les 4 à Cannes une semaine plus tard !). Pierre joue les personnages rouges, Romain les bleus, Jacques les
violets (ça commence par V mais ce ne sont pas les verts 😉 et enfin votre serviteur les verts (je les ai pris juste avant que Jacques s’en aperçoive ;-)))…

Ce jeu est un jeu qui fait bien réfléchir et qui est très interactif. Ainsi, étant 4ème joueur au premier tour, j’ai chosi d’aller embêter Pierre (rouge) afin de l’empêcher de
terminer trop facilement sa route du nord. Et visiblement, cela sera monnaie courante…

Sur la route au premier plan, je possède deux cubes et Pierre un. Du coup, si je veux terminer cette route, je vais devoir commencer par éjecter Pierre d’ici (en défaussant un cube
de ma réserve et en en plaçant un à la place du sien) en lui autorisant un replacement de son cube (+ un de son stock)  sur l’une des routes adjacentes à l’une des villes
reliées par celle-ci. Ainsi, se faire éjecter est plutôt une bonne chose : on fait fructifier ses personnages en jeu…

Lorsq’on termine une route où figure un jeton, on l’empoche. Ici, Pierre vient de s’adjuger le premier jeton de la partie, offrant une action supplémentaire (retrait de 3
personnages placés sur les routes au choix). Plutôt hyper fort comme truc…

Finalement, mes camarades ayant opté pour l’amélioration de leurs compétences en terminant des routes (majoration d’actions, déplacement amélioré de personnages), je suis le premier
à placer un vrai comptoir sur le plateau. Je choisis celui de la ville du nord attaché à la bonification de la compétence « couleur des comptoirs ». Ne doutant pas que mes camarades
vont venir l’améliorer, j’engrangerai un point de victoire à chaque fois…

Le jeu est extrêmement bien pensé et il est très frustrant de ne jouer que deux actions à son tour de jeu, alors qu’on voudrait en réaliser au moins 5 ou 6 à chaque tour ! Ce n’est
pas une vaine remarque, car dans ce jeu c’est vraiment incroyable comme on n’en fait pas assez du tout…

Petite vue générale avec la piste des points de victoire qui commence à être parcourue par nos pions. A noter que la partie s’arrêtera (suivie d’un décompte final) lorsque l’un de
nous y atteindra 20 points OU lorsque l’on ne pourra plus remplacer un jeton pris sur le plateau OU lorsque la dixième ville sera remplie de comptoirs…

Jacques joue très bien le coup et son écritoire prouve que ses compétences se développent considérablement : il peut construire des comptoirs oranges, il déplace 3 personnages à
chaque fois et il dispose (surtout !) de 4 actions par tour de jeu. Voilà pour ses distinctions, et cela est encore renforcé par la prise du jeton au premier plan : améliorer une
compétence d’un cran…

Romain, toujours en phase avec ce type de jeu, est en train de se casser trois neurones à réfléchir comme çà ! Sur le plateau, alors qu’on a l’impression d’être encore en début de
partie et que celle-ci va durer 5 heures, on commence à se rendre compte que les jetons en sont pas inépuisables et qu’on risque fort d’assister à une fin de partie prématurée ! Du
coup, on réfléchit encore plus…

Petite vue de mon écritoire, où j’ai toutes les peines du monde à améliorer des compétences pourtant essentielles comme le renforcement du nombre d’actions…


A l’aide du jeton ci-dessus, j’ai pu ajouter un comptoir dans la ville Quedemburg, à gauche du comptoir le plus à gauche. C’est plutôt fort car, sans avoir le droit de construire
sur les emplacements violets, j’ai réussi à m’implanter ici, ce qui est très utile pour le décompte final et mon plus grand réseau de comptoirs…

Le plateau : vue générale. Sur la droite, on voit que j’arrive bientôt à l’angle du plateau où figure le 20ème point fatidique… Les temps sont à l’optimisation de ses propres
points de victoire, car il ne va pas rester lourd en nombre de tours de jeu (dernier jeton posé)…

Romain, mais surtout Jacques, ricanent, eux qui semblent vraiment bien placés pour la gagne, avec Pierre probablement pas loin. Quant à moi, certes je suis le plus avancé sur les PV
et j’ai un réseau correct, mais je ne pense pas être dans la course. Enfin, c’est dur à dire…

Jacques rejoue, et moi aussi du coup, et comme Jacques tente un coup qui lui en demandera deux, il compte donc rejouer encore une fois, ce qui devrait m’en donner également
l’occasion. Du coup, je viens le gêner un peu en plaçant un de mes cubes sur la route qu’il comptait finir. Grave erreur, on le verra, car Jacques aura l’opportunité de faire
autrement…


Au sud/est du plateau, je mise sur la réalisation de la rouite menant à la compétence d’amélioration des PV par comptoir de son plus grand réseau. Cela est conditionné par le fait
que je rejoue. Et comme Jacques s’en rend compte et que mon cube placé sur sa route le dérange, il décide de ne pas poursuivre et de clore la partie en jouant ailleurs (aïe, j’en
couine encore !)…

L’écritoire de Pierre, une fois la partie terminée…


L’écritoire de Romain, une fois la partie terminée…

L’écritoire de Jacques, une fois la partie terminée…


L’écritoire de Ludo le gars, une fois la partie terminée…

La partie est à présent terminée et nous allons entrer dans la phase de décompte final, celui-ci étant certes logique mais ô combien difficile à calculer en cours de partie. C’en
est presque dommage car on a du mal à évaluer la position de chacun comme en témoigneront les scores…
Bilan synthétique :

On a aimé
– Le look des composants du jeu, dans des tons et des formes que j’apprécie beaucoup,
– Le grand nombre de possibilités de jeu : on n’est pas du tout enfermé dans une tactique simple, on doit sans cesse la revoir et parfois se montrer opportuniste,
– La très grande interaction directe du jeu, assez rare dans un jeu à l’allemande
.

 

On a moins aimé
– Le presque trop grand nombre de possibilités : on ne peut pas tout faire mais c’en est presque exagéré, comme le fait, ce soir, que personne n’ait augmenté la valeur de ses
comptoirs,
– La trop grande rapidité pour changer les choses par endroits : éjection de personnages et donc replacement brutal ailleurs de deux ou même 3 cubes,
– L’impossibilité, sauf à calculer sans cesse, de connaître la position exacte de chaque joueur (voir ci-dessous ma suggestion)
– Une relative froideur générale.

 

Suggestion

Pour mieux savoir où en est chaque joueur, je suggère de prendre un deuxième cube par joueur et de le faire progresser sur la piste des PV selon son effective progression en PV
acquis (autrement dit, réaliser le décompte final de manière progressive, quitte à revérifier le tout à la fin). Et tant pis si cela génère un peu d’Analysis Paralysis, cela aidera
chacun à s’y retrouver malgré tout et à mieux anticiper…

Scores de la partie :

 

Piste Comp Jetons Route
du
prestige
Comptoirs Réseau Total
Pierre (rouge) 12 4 6 0 8 3 33
Romain (bleu) 7 0 1 9 8 3 28
Jacques (violet) 7 12 6 0 6 2 33
Ludo le gars (vert) 15 0 3 0 10 4 32

Note du jeu (sur cette partie) : 15 / 20

 

Durée de la partie : 2 heures 30 minutes

 

 

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