[26/05/2003] Eiszeit

Participants
– Julie, qui va pouvoir ré-essayer ce jeu avec une traduction française des cartes, ce qui la met en joie 😉
– Vincent, qui semble intéressé pour découvrir cette nouveauté brûlante,
– Jérôme, qui aime bien les jeux où on se tire dans les pattes : il va être servi !
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Lors des rencontres ludopathiques de Bruno Faidutti, Julie et moi avions été les
premiers à tester le nouveau jeu d’Alan Moon, édité chez le prestigieux Alea. Seule difficulté : les règles n’étaient alors disponibles qu’en anglais, ce qui ne nous avait pas permis de jouer avec beaucoup de fluidité, malgré l’excellence du niveau anglophone
de Philippe Keyaerts présent à notre table 😉
Ce soir, je voulais vraiment rejouer à ce jeu que je viens de recevoir. Jérôme et Vincent vont donc pouvoir bénéficier d’une soirée découverte assez sympa : je connais les règles,
ce qui offre l’avantage de raccourcir la durée d’explication, même si je prends garde de suivre en diagonale la traduction française de Bruno. Et d’ailleurs, j’ai bien raison, puisque par deux fois je note des erreurs lors de notre première partie :
– Dès qu’un joueur à 8 pierres ou plus, il doit jouer une carte claire au prochain tour (ce qui devrait éviter les stocks et rallonger la durée des manches),
– Si moins de 10 pierres sont en stock en fin de manches, chaque joueur en rend une, puis éventuellement une autre.
Ce ne devrait pas trop modifier le jeu, mais cela nous semble utile malgré tout.

Julie prend les chasseurs rouges, Vincent
les bleus, Jérôme les verts et votre serviteur les noirs.
Nous donnons 4 pierres à chacun et en conservons 25 dans la réserve,
puis nous plaçons nos 6 chasseurs initiaux. Enfin, chacun reçoit
5 cartes colorées.
La partie peut débuter, en commençant par Vincent (désigné
comme le plus poilu).


Les mammouths ont tendance à se faire la malle assez rapidement
ce soir…

Il n’est pas très facile de raconter
une partie d’Eiszeit tant les situations évoluent sans cesse et
les retournements de situation sont nombreux.
Je retiens de la première manche un groupe de 3 joueurs (sauf Vincent)
qui se tiennent aux scores.


Vincent joue une carte foncée et récupère des
pierres en conséquence…

Le jeu sera surtout marqué par l’absence
des mammouths, souvent positionnés à l’extérieur
du plateau plutôt que dessus.
L’autre aspect mémorable de la partie concerne Julie qui a souvent
eu le rôle de la « main de Dieu », le bras qui frappe en
quelque sorte, puisqu’en retard au score il est tentant de lui autoriser
l’action foncée… Mais ce pourrait être risqué au
final, car cela l’avantage considérablement. Et comme elle aime
bien me causer des problèmes, elle passe son temps à s’en
prendre à mes pions chasseurs. Un véritable et indiscutable
acharnement. Même qu’à un moment, je lui ai dit que pour
justifier ses actions, elle avait intérêt à gagner
la partie ! Vous imaginez l’ambiance…


Fin de la deuxième manche : le glacier, placé par mes
soins s’étend sur la gauche et recouvre une case assez éloignée
de mes pions et exclusivement peuplée par Julie. Et oui…

Cette manche dure nettement plus longtemps que les précédentes,
en raison surtout d’économies sur les pierres. Nous faisons notre
possible pour prolonger la durée de la manche car, le plus souvent,
nous ne sommes pas super bien placés lorsque c’est à nous
de jouer… Logique, puisque 3 personnes ont joué entre nos 2 tours.
Cette manche se solde par un resserrement des scores, excepté pour
Julie qui est à 3 points de l’avant-dernier.


J’aurai passé énormément de temps à me
plaindre durant cette partie. Il est vrai que lorsque Julie donna l’autorisation
à Vincent de jouer l’ultime action de la manche, cela fut jugé
démentiel par tous, aussi elle fait marche arrière et c’est
Jérôme qui réalise finalement la même action,
mais en son âme et conscience…

L’un des coups les plus intéressants
que j’ai réalisé fut de créer une zone quasiment
toute à ma couleur avec un puis deux mammouths dessus. Mon idée
était de déplacer un jeton de plus sur cette même
case afin de m’assurer de confortables points de victoire. Et, cerise
sur le gâteau, je constate que j’ai le droit de déplacer
le chasseur protégé d’une massue que Julie avait intelligemment
placé ici. Excellent !


La fameuse case qui m’appartient presque, malheureusement désertée
par les grosses bêtes et pas encore pourvue d’assez de jetons…


L’une des vues les plus courantes de la partie : la balade des mammouths
abandonnés…


La configuration initiale du jeu, après placement de nos 6
chasseurs respectifs…

La première manche permet à
chacun de découvrir les mécanismes du jeu, comme toujours,
et de comprendre assez vite la subtilité de faire jouer l’action
foncée par un autre joueur…


Fin de la première manche : la première tuile de glace
vient de sabrer un terrain lucratif où j’étais fort bien
installé…

La seconde manche ressemble à la
première, même si je réussis moins bien mes coups
et que, cette fois, c’est Vincent qui se distingue un peu plus que les
autres.
Les coups d’enfoirés commencent à se succéder,
et il n’est pas rare qu’un mammouth sitôt posé soit immédiatement
déplacé, si ce n’est retiré, par un autre joueur.
Il faut donc savoir les jouer au bon moment : ni trop tôt (ils
ne resteraient pas), ni trop tard (la fin de manche peut arriver très
vite parfois).


L’une des cartes que j’adore permet de déplacer un jeton d’une
case à une autre, ce qui peut réduire la capacité
d’une case et en renforcer une autre. N’ayant aucun chasseur sur la
case surpeuplée du mammouth, devinez ce que j’ai fait…

La troisième manche fait monter le
jeu en puissance : les coups sont tordus (ils le seront encore plus
dans la 4ème) et les tours sont très tendus. Chacun est
bien conscient maintenant de l’importance d’avoir du cash en pierres
pour pouvoir faire ce que l’on veut. Mais, en même temps, chacun
sait qu’à trop prendre de pierres, la réserve va s’épuiser
et que l’on n’aura pas le temps de s’en servir… Cruel dilemme !


Ca cogite grave dans les têtes, surtout lorsque les pierres
viennent à manquer dans les caisses mais que l’on ne veut pas
perdre un tour pour en récupérer…

La quatrième et dernière manche
demeurera un moment ludique inouï, avec des tours et des tours
qui s’enchaînent, alors que chacun était convaincu de jouer
son dernier coup !
Les actions deviennent de plus en plus vicieuses et rares sont les mammouths
qui restent plus de 2 minutes sur le plateau.
Nous avons même connu une éradication de l’espèce,
c’est pour dire !


Fin de la troisième manche : le glacier progresse à
nouveau sur la droite…

Cette manche dure, dure et dure encore.
Les actions sont maintenant savamment pensées et peu de choses
sont laissées au hasard : prise de risque d’acquisition de pierres
(aura-t-on le temps de s’en servir ?), utilisation ciblée de
celles-ci (placement de 3 mamouths successifs dans le même tour
!) et utilisation de cartes peu onéreuses ou puissantes (déplacement
de jetons, cartes Kult pour refaire l’une des 2 actions, …).

Le jeu est vraiment plaisant et nous le
soulignons à qui mieux mieux pendant cette mémorable manche,
qui finira quand même par la désignation d’un vainqueur
alors que tout le monde aura eu sa chance dans cette phase.


La configuration finale du jeu

Décompte final
Julie remporte cette partie avec un total de 47 points,
devant Ludo le gars avec 46 points, Vincent 44 points et Jérôme
43 points.
Le détail est le suivant :

Manche 1
Manche 2
Manche 3
Manche 4
Total
Julie
13
10
8
16
47
Vincent
9
17
10
8
44
Jérôme
15
10
10
8
43
Ludo le gars
14
9
11
12
46

 

Débriefing
Quelle splendide partie ! Et particulièrement le final : une troisième
et plus encore une quatrième manche d’anthologie, avec des tensions énormes
et des coups mesquins à n’en plus pouvoir (faire jouer un sale coup par
un autre joueur est une délectation qu’il faut connaître…).
Jérôme a beaucoup aimé, notamment en raison de ce côté
très indirect du jeu et les chamailleries qu’il génère.
Vincent a aimé également, même si son avis serait plus mitigé,
il reproche en effet au jeu son incontrôlabilité notoire et le
fait que l’on joue près de 3 heures pour que le vainqueur soit désigné
à l’ultime instant. Il n’a pas tout faux, mais on s’est bien amusé
et cela fait aussi partie du jeu.

Les techniques pour marquer des points ne sont pas évidentes à
identifier, surtout que l’on n’est jamais sûr de rien, vos adversaires
ayant à se liguer contre vous si vos objectifs sont trop visibles ou
votre avance trop marquée. Il est clair qu’il vaut mieux être aux
aguets dans ce jeu qu’exposé à la lumière…
Il me semble, malgré tout, qu’une gestion pointilleuse de son capital
de pierres peut offrir de belles perspectives et qu’une analyse attentive du
capital de vos adversaires peut aussi permettre des anticipations.
Il n’est pas forcément utile de terminer soi-même la manche, car
on offre un ultime avantage à ses adversaires, mais il vaut mieux ne
pas avoir joué trop longtemps avant le joueur qui va la clore. Résultat
: l’idéal c’est lorsque votre voisin de gauche occasionne le décompte.

Un jeu très sympa, marrant et tendu, un vrai régal ! A déconseiller
si vous recherchez un jeu de grande stratégie, mais pour se détendre
il est idéal et me convient personnellement très bien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


quatre − = 3