[26/07/2010] Puerto Rico

Qui l’eût cru ? Franchement… Faire jouer mes gones de même pas 8 et 11 ans à Puerto Rico, le fameux chef d’oeuvre d’Andreas Seyfarth ? Qui l’eût cru, hein ? Même pas moi
en rêve… Et pourtant… Et pourtant, en ce jour de grâce du 26 juillet 2010, je me risque à proposer le meilleur jeu du monde à mes enfants ébahis. Oui, parce que, en fait, je pense qu’ils peuvent le faire. Qu’ils peuvent passer cette étape ludique pour la bonne et simple raison que ce jeu ne requiert pas ce qui est rédhibitoire, à mon sens, pour les plus jeunes :
Les jeux d’enfoirés et de négociation : savent-ils trouver les bons arguments et sont-ils crédibles face à des adultes qui n’oseront, pas, le cas échéant, les berner sans scrupule ?
Les jeux de conquête : peuvent-ils se montrer vindicatifs et agressifs au bon moment pour de bonnes raisons ?
Les jeux de bluff : est-il vraiment si naturel pour eux de mentir ou de cacher leurs véritables intentions ?
Les jeux d’enchères : sont-ils capables d’estimer le juste prix selon le moment de la partie ?
Les jeux à base de combos de cartes : peuvent-ils suffisament finement anticiper les combinaisons à réaliser tout en s’imprégnant du contenu des dites-cartes ?
A toutes ces questions, ma réponse est très clairement : NON. Et il me semble que Puerto Rico ne tombe dans aucun de ces pièges.  Tout au plus, les risques de difficultés se situeraient, selon moi, au niveau de leur capacité à bien se rendre compte s’ils n’avantagent pas plus un adversaire qu’eux-mêmes en prenant un personnage et à mesurer le degré d’urgence effective d’une action vitale pour eux. Ces deux écueils, cependant, ne devraient pas les empêcher de prendre moult plaisirs sur ce formidable jeu qu’est Puerto Rico…

 

Je me lance donc dans l’explication des règles, et, excellente nouvelle, ils percutent tout de suite, voient immédiatement l’évidence des mécanismes et s’expriment avec force sur leur envie d’attaquer la partie ! Ouhais !

 

PUERTO RICO :


La mise en place vient d’avoir lieu avec les bâtiments illustrés et francisés provenant d’internet (site de Sébastien
Pauchon
). Le premier joueur est Tristan, qui a pris une plantation d’indigo, de même que Maitena, alors que, en tant que troisième joueur, j’ai pris une plantation de maïs. Tant
mieux, j’aime bien le cultiver…

Premier tour de jeu achevé avec l’intendant choisi par Tristan pour alimenter son île en colons, le maçon choisi par Maitena pour construire à moindre coût une grande teinturerie
d’indigo, et le producteur, choisi par moi-même, afin de glaner un maïs sans que mes adversaires en profitent…

Un peu plus tard, on peut voir que je fais de la monoculture de maïs, une stratégie qui marche assez bien de mémoire, et que j’ai acquis un petit marché, histoire de gagner un petit
quelque chose auprès du marchand si je lui vends du maïs justement…

Tristan et Maitena n’éprouvent aucune difficulté pour appréhender le jeu correctement. Ils arrivent à repérer que telle ou telle décision n’est pas aussi avantageuse pour eux
qu’elle devrait l’être et qu’il vaut mieux faire autre chose ! Bingo…

Avec ce capitaine choisi par Maitena, le premier bateau peut appareiller pour la vieille Europe, chargé d’une cargaison de six maïs. Savez-vous qui les a mis ? 😉 A noter que
Tristan me paraît bien parti avec son monopole sur le tabac…

Je profite de l’arrivée de Julie pour immortaliser ce moment qu’elle n’aurait pas cru vivre aussi tôt : voir ses enfants jouer à Puerto ! A l’instant, Tristan récupère quelques
cylindres de tabac, suite à son choix de produire…

La partie progresse à mon avantage en ce qui concerne les points de victoire liés aux exportations, mais Tristan ne doit pas être très loin. A noter que je commence à diversifier
avec un indigo à présent et un possible sucre à venir. Pendant ce temps, Maitena s’est attaquée, avec brio, au café …

Etonnant de voir que le marchand n’a toujours pas écoulé ses deux premiers cylindres, placés par Tristan et moi dès le début de la partie. Sinon, on ne peut que remarquer que les
bateaux chargent encore régulièrement les mêmes denrées, au grand dam de Maitena qui n’arrive pas à conserver son café sans entrepôt…

Maitena axe alors sa stratégie sur les bâtiments et elle acquiert le premier grand bâtiment du jeu : la Résidence. Celle-ci lui rapportera 7 PV lorsqu’elle aura complété entièrement
sa zone de culture et qu’elle sera activée. Ne ratez pas la Manufacture à gauche, car elle lui fait gagner 3 doublons à chaque fois qu’elle produit la coquine…

Ca y est, je produis à présent trois denrées différentes (2 maïs, 1 indigo et 2 sucres) et je m’offre la Manufacture dans le même tour d’achat que ma fille. Il ne faudrait pas se
laisser piéger par sa marmaille, non mais des fois…;-)

Tristan ayant aussi construit un gros bâtiment, la Douane, pour marquer 1 PV par tranche de 4 PV collectés en cours de jeu, je ne veux pas être en reste et je me rabats sur la
Forteresse, laquelle me rapportera 1 PV par tranche de 3 colons sur mon plateau…

La partie est bien tendue à présent et Maitena commence a dire qu’elle a du mal à bien voir ce qu’il faut faire maintenant, me disant hésiter entre deux choix. Je lui dis que c’est
normal de ne pas savoir exactement, que c’est le sel du jeu et que c’est pareil pour les adultes…

Comme il ne reste plus que 4 PV en jeu et l’impossibilité de remplir entièrement le navire des colons dès que le précédent sera pris (via l’intendant), on peut légitimement
supposer que le dernier tour se profile à l’horizon. Une erreur sur le bâtiment du Dispensaire (lire planteur et non intendant) m’a permis de prendre plus de colons que prévus, mais
ce n’est pas si grave…


Vue générale au même moment, avec la grosse avance de bâtiments que possèdent Maitena et moi-même (2 chacun, 1 seul pour Tristan). Il semble que les derniers points à prendre le
seront sur une ultime exportation, voire une construction chacun. Mais Maitena surprend son monde en tentant le coup de construire un Quai (pour y exporter ses 8 cylindres de
café)…

Finalement nous jouons donc deux tours ! En effet, Maitena a fait le pari de ne pas clore le jeu en exportant de suite ses cylindres de café. Ici, on voit le plateau de Tristan une
fois la partie achevée, sachant que les colons présents à San Juan n’ont pas été affectés suite à mon ultime choix d’intendant pour ne pas fausser la lecture de nos
plateaux…

Le plateau final de Maitena. Grosse et payante stratégie de bâtiments, même si elle n’a pas pu rentabiliser assez largement ses productions de café qui auraient dû la mener loin,
très loin… Dommage également de ne pas avoir placé une fumerie de tabac car elle avait les plantations pour ça et la Manufacture qui va bien…

Mon plateau final est assez chouette, avec les 12 cases de bâtiments remplies et des plantations optimisées. Je suis bien content de mes deux carrières, clairement rentabilisées,
surtout que, dans le même temps, Maitena n’en a construit qu’une et Tristan aussi (mais beaucoup trop tard). Pour ce dernier, il a aussi manqué de discernement, ce qui est tout à
fait normal, pour véritablement profiter de son monopole sur le tabac et ne pas se retrouver envahi de plantations de café sans Brûlerie de café opérationnelle…

Vue générale post-partie, une fois révélés les jetons de points de victoire. On a d’ailleurs remplacé nos derniers gains d’exportation par des pièces de valeur équivalentes pour en
garder trace. A noter que les trois conditions de fin de partie sont intervenues successivement : épuisement des PV d’abord, remplissage de mes 12 cases de bâtiments ensuite, et
enfin épuisement des colons ! Quel équilibre et timing quand même…
Bilan synthétique :

On a aimé
– Le thème ultra-immersif (Tristan : « Je m’y voyais ! ») et la logique évidente des règles rendant le jeu limpide et très simple à apprendre (Maitena : « C’étai
t trop bien ce jeu ! »),
– L’impression de vraiment développer quelque chose (Maitena et Tristan : « On avait l’impression de faire ce qu’on voulait avec le temps de le faire »),
– La possibilité, donc, d’y jouer avec bonheur avec les plus jeunes, contre toute attente ! Oubliez les idées préconçues sur la complexité de ce jeu…

 

On a moins aimé
– ?

Scores de la partie :

 

Tristan : 55 (33 de PV + 14 de bâtiments + 8 de bonus)
Maitena : 52 (14+24+14)

Ludo le gars : 70 (37+22+11)

 

Note du jeu (sur cette partie) : 20 / 20

 

Durée de la partie : 2 heures 30 minutes

 

 

 

 

 

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