[27/01/2005] Age of Steam – Italie

Participants
– Romain, joueur noir, qui n’en revient pas de notre acharnement pour pratiquer ce jeu,
– Fred, joueur rouge, qui bave devant ce fabuleux jeu et qui y jouerait tous les jours,

– Ludo le gars, joueur vert, votre serviteur.

Déroulement de la partie
L’Italie était la dernière carte d’Age of Steam qu’il me restait à découvrir. Histoire d’y jouer confortablement, j’avais pris soin d’en confectionner une version full-color nickel, en 5 pièces assemblées, et d’imprimer sur carton fort les 7 tuiles supplémentaires concoctées en couleurs par Rody (http://jeux2rody.free.fr).
Fred et Romain installent le jeu tandis que je termine une discussion avec un visiteur, puis nous attaquons la mise en place des cubes (en veillant à ne placer aucun cube noir directement sur la carte) et j’expose les importantes modifications de règles que subit cette carte : les cubes noirs font perdre des points au joueur à qui appartiennent les liaisons empruntées, on ne peut plus urbaniser et l’action permet de remplacer deux cubes noirs par deux autres, l’ingénieur permet de placer une tuile gratuitement, les
liaisons doivent être complètes et on n’est plus limitée dans le nombre de tuiles plaçables, on peut émettre des titres n’importe quand, autant qu’on veut et ceux-ci sont moins pénalisants en
fin de partie (-2 points au lieu de -3 points par titre)… On le voit, cette carte change considérablement la donne et il ne va pas être facile de s’inscrire dans cette nouvelle approche. Comme les titres peuvent être émis n’importe quand, on saute la phase 1 d’émission de titres et nous attaquons directement par la première enchère, en commençant par moi. La partie tant attendue débute…


La carte de l’Italie, toute en longueur, accueille énormément
de métropoles, principalement dans le nord du pays où celles-ci
sont très proches les unes des autres. Dans le sud, les distances
entre les villes sont conséquentes, donc coûteuses, et sont
plutôt réservées à un joueur unique (les accès
sont franchement restreints pour les 2 villes les plus en bas)…


Romain semble soucieux, alors que tout va bien pour lui, surtout depuis
que Fred a déplacé un cube noir me pénalisant seul
de 2 points…


La configuration prend sa forme qui la suivra jusqu’au bout : Romain
et Fred se battent et nord, tandis que je me retrouve absolument seul
au sud mais criblé de dettes et pas sûr du tout que j’aurai
le temps de rentabiliser ses investissements lourds et limite inconscients…


La partie est très tendue, avec une situation vraiment intéressante
: Romain est en avance car il a émis beaucoup moins de titres que
moi, il dispose de cubes au nord mais il devra les partager, tandis que
je suis seul au sud avec de belles réserves de cubes (surtout avec
les actions Production que j’ai pris tôt dans la partie) mais un
nombre de titres émis qui défie la logique…


Une vue du tableau de marque pris en même temps que la photo
en vis-à-vis, et l’on constate que je continue de flamber au début
du 8ème tour, avec à présent un total de 29 titres
émis, contre « seulement » 18 pour Fred et 16 pour Romain…
En revanche, ma progression au score est phénoménale avec
une avance de 8 cases sur Romain et 9 sur Fred. Les loco sont toujours
à mon avantage, même si je n’en utilise le plus souvent que
4 sur les 5 que j’ai acquis…


Les derniers tours sont de plus en plus tendus et Romain tentent le
coup de me placer des cubes noirs dans les colonnes de mes villes sur
le tableau de Production. Joli coup…


Le dernier tour s’apprête à se dérouler et Romain
va pouvoir déplacer l’un des cubes noirs qu’il avait mis en colonne
4 du tableau de production puisque le dé l’a désigné.
Ceci dit, il ne peut me faire perdre que 4 points et 2 à Fred,
ce qui ne m’incite pas à enchérir très haut pour
le retirer avec Urbanisation…


A l’issue du premier tour de jeu (au cours duquel Romain a joué
en premier, suivi de Ludo le gars puis de Fred), les réseaux commencent
à se positionner : Romain au plein nord, Ludo au sud mais avec
le nord en tête et Fred en embuscade de chaque côté…


Après deux tours la partie est lancée et nous constatons
que l’on peut payer fort cher pour s’assurer de jouer premier (les titres
se prennent quand on le souhaite et sont moins pénalisants, on
est donc tenté…).


Etant assez enfermé au nord et ne voulant pas me retrouver à
la lutte avec les deux autres, je décide d’opter résolument
pour un monopole sur le sud et je commence ma descente vers les villes
éloignées. Du coup, j’émets titre sur titre et je
prends 3 fois l’action de production pour alimenter les villes du sud
sur le tableau, en cubes violets et jaunes, prêts à les envoyer
pour 4 loco au nord (je n’ai pas encore les 4 loco mais je mise sur le
long terme)…


Une vue du tableau de marque permet d’apprécier les positions
: Romain possède 2 points d’avance sur moi et 4 sur Fred au début
du 6ème tour, alors que j’ai émis la bagatelle de 22 titres,
contre 13 pour Fred et Romain. Il faut dire que je suis le seul à
4 locomotives pour le moment et que cela se paie cher (je ne le regretterai
pas car mes 2 adversaires se battront plus tard pour en acheter ou devront
restreindre certains mouvements de denrées)…


La photo prise en même temps que le tableau de marque de gauche
permet de voir combien ma réserve est importante en Sicile (métropole
jaune en bas à gauche) et à Brindisi (métropole violette
en bas à droite). Il faut noter que je viens de doubler ma liaison
entre la ville 3 bleue et la 4 rouge, afin d’éviter que mes camarades
ne prennent idée de tenter une incursion au sud. Bien m’en a pris
: Romain allait s’y mettre juste après ma phase de construction
!


Une vue du nord de l’Italie, alors que les réseaux s’enchevêtrent
dans un joyeux mic-mac. Ces instants de jeu, aussi tendus soient-ils,
deviennent un tantinet gênants, avec Fred qui déplacent plusieurs
fois des cubes noirs pour pénaliser Romain, croyant qu’il était
en position avantageuse. Or, depuis un tour ou deux, je suis persuadé
que je vais gagner cette partie. A la décharge de Fred, je pense
que ce ne sont pas ses déplacements pénalisants qui font
perdre la partie à Romain (mon avance au score, alliée à
des réserves importantes de cubes, me place hors de portée).
En plus, cela peut l’aider à accrocher la seconde place…

Cliquez pour agrandir !
Une vue de la configuration finale de la partie…

Décompte final
Durée de la partie : 3 heures et 30 minutes – Mise
en place du jeu : 15 minutes – Explication des règles : 10 minutes
Ludo le gars remporte cette partie avec un total de 100 points, devant Fred
avec 57 points et Romain avec 51 points.
Le détail est le suivant :

Piste de revenus
Liaisons
Titres émis
Total
Romain (noir)
27 (soit 81 PV)
22 (soit 22 PV)
26 (soit -52 PV)
51
Fred (rouge)
31 (soit 93 PV)
26 (soit 26 PV)
31 (soit -62 PV)
57
Ludo le gars (vert)
44 (soit 132 PV)
30 (soit 30 PV)
31 (soit -62 PV)
100


Débriefing
Cette partie m’a rappelé celle jouée en Scandinavie lors des Rencontres
du Web Ludique 2004, dans le sens où elle a été démesurée
: très tendue, avec des difficultés importantes (31 titres émis,
cela me scie !) et des contraintes très fortes sur la carte. En plus,
on est souvent à la merci des déplacements négatifs des
autres (un peu comme en Scandinavie avec le Ferry).
Globalement, cette carte est à mon avis l’une des deux moins intéressantes
car elle pêche par au moins 3 défauts majeurs :
– Les cubes noirs sont vraiment trop puissants en fin de partie et le joueur
qui les déplace fait beaucoup de mal à un autre (surtout si lui-même
est hors course pour la victoire) : si Romain avait pu déplacer un cube
noir sur 6 liaisons m’appartenant, il me faisait perdre 18 PV, mais comme c’est
Fred qui l’a fait transité par 4 de ses liaisons, il a perdu 12 PV !
Je ne vous cache pas que des écarts pareils en fin de partie, ce n’est
pas la joie… même quand cela vous conforte dans votre avance.
– Les contraintes liées à la géographie sont trop lourdes
: une carte aussi étroite ne peut pas accueillir des réseaux très
finement construits et on a tôt fait de se marcher dessus. En plus, je
pense qu’autoriser uniquement des liaisons complètes mais de longueur
non limitées est une fausse bonne idée, car couplée à
l’émission surprise de titres, on peut traverser la carte du nord au
sud en une fois si cela nous chante. Je ne suis pas convaincu par cette manière
de construire.
– Le troisième défaut est le plus important à mes yeux
: l’une des principales qualités du jeu de base est d’offrir un jeu de
gestion fine où il faut prendre des risques mais aussi assurer ses arrières
pour ne pas tomber en banqueroute. Ici, on éprouve un sentiment de liberté
qui ne convient pas très bien avec ce jeu : émettre des titres
n’importe quand, en quantité illimité et avec une pénalité
moindre en fin de partie, cela vous tue l’ambiance calculatoire du jeu et je
le regrette. En plus, comme il n’y a pas d’impôts dans cette version du
jeu, on a vraiment l’impression que l’argent est jetable par les fenêtres
(du train ?).

Attention, ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit : cette carte
est tout à fait intéressante et jouer une partie d’Age of Steam
est toujours un moment exceptionnel. Mais, lorsqu’on est habitué à
la qualité des 7 autres cartes (je mets la Scandinavie avec celle-ci),
on ressent un peu de déception après une partie sur l’Italie.
Mais je vous rassure, on oublie vite la déception pour savourer la qualité
ludique absolument phénoménale de ce jeu…

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