[27/04/2002] Le Lièvre et la Tortue

Participants
– Eric, rapide comme une tortue, mais chaud comme un lapin,
– Carine, initialement endormie, mais méfiez-vous de l’eau qui dort…,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Chacun son pion : le jaune pour Eric, le bleu pour Carine et le orange pour moi.
Chacun ses 68 carottes et ses 3 salades.
Chacun son carton allemand d’avancées de carottes et son aide-mémoire individuel de résumé des événements liés aux cases (voir).

Et c’est parti, sur un rythme d’une lenteur incroyable : Eric, premier joueur, avance d’une case ! Je me jette sur la première case salade et Carine temporise à l’arrière. Pendant le premier tiers du jeu, nous tentons de nous placer sur les cases chiffrées, mais chacun se bat pour empêcher les autres d’empocher les carottes en reculant si besoin. De tentatives en blocages, le jeu est particulièrement haché, avec des tours où personne n’avance : l’un sur une case salade, l’autre sur une case carotte et le dernier qui recule sur un hérisson ! En bref, personne ne se mouille et tout le monde tente d’emmagasiner des carottes pour la suite.

Je tente une percée en tête de la course, finalement vite rejoint par mes 2 amis, ce qui s’avère un mauvais choix de ma part.
Pendant ce temps, Eric termine sa troisième salade. Carine n’en a plus qu’une et il m’en reste 2.

Sur le dernier tiers du plateau, Eric tente à son tour de prendre le large, ce qu’il fait à merveille, notamment grâce à la carte lièvre lui permettant de rejouer : il parcourt 13 cases en 2 coups (4+9) ce qui lui fait économiser nombre de carottes et le place à portée de la ligne d’arrivée. Cela va être très difficile pour Carine et moi, d’autant plus que nous avons encore des carottes…

Mais… Eric commet une erreur colossale en atteignant l’une des toutes dernières cases du plateau : une case lièvre qui lui réserve la surprise de récupérer toutes les carottes qu’il vient de dépenser !!! C’est à dire 91 carottes à 3 cases du but ! Dire qu’il le prend mal est un euphémisme…
Le jeu est relancé et tour à tour Carine et moi nous plaçons en position de gagner. Mais, à notre tour, nous manquons la cible de très peu : Carine tire une carte lièvre qui lui fait récupérer ses 20 carottes et j’en récupère 20 également sur la dernière case salade car je suis deuxième, Carine venant de me doubler… Sniff, il va falloir reculer…

Eric est assez fort à ce petit jeu, puisqu’à chaque tour, il rend 10 carottes se trouvant sur la dernière case carotte du plateau.
Je décide de reculer plusieurs fois d’affilée, afin de tenter de franchir en un seul déplacement : il me faudrait 231 carottes et j’en ai… 221 ! Je vais continuer à reculer. Carine commence à faire de même et recule à son tour.

Qui va gagner ?

Décompte final
Eric gagne la partie en franchissant la ligne avec un résidu de 5 carottes. Je franchis la ligne en deuxième position avec un reste d’une seule carotte et une avancée mémorable de 25 cases (soit l’utilisation de 325 carottes) à mon avant-dernier tour. Carine terminera
troisième.

Débriefing
Quelle belle partie ! Franchement ce jeu nous a tous séduits, même si la fin de partie nous a paru surréaliste avec des optimisations calculatoires inouïes.

Sur les enseignements du jeu, j’en exposerais quatre importants :
– Il faut manger ses salades le plus vite possible, car finalement, il est très gênant d’en avoir encore dans la deuxième moitié du parcours,
– Il est très difficile de franchir la ligne avec 10 carottes ou moins, sauf, peut-être, à l’atteindre directement à partir d’une case un peu éloignée,
– Les cases lièvres sont très dangereuses en fin de parcours, car elles peuvent s’avérer désastreuses et réduire à néant votre stratégie,
– La gestion du recul de cases, lorsque l’on est en fin de parcours avec trop de carottes, est intimement liée à une particularité géométrique : jusqu’à 19 cases, on dépense moins de carottes en avançant qu’en reculant (ce qui est insuffisant. par contre, au delà de 19 cases, on en dépense plus en avançant, ce qui justifie de continuer à reculer afin d’avancer en une seule fois par la suite. Très malin, non ?

En clair, ce jeu est absolument excellent, et nous imaginons sans peine qu’il prend toute sa dimension à 5 ou 6 joueurs, avec des cases sur-convoitées, comme les cases salades de la première moitié du jeu, ou les cases hérissons, très lucratives. Bien, très
bien même.

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