[27/09/2003] Dicke Kartoffeln

Participants
– Sophie, ma belle-soeur, qui devrait éprouver un mal légitime sur un jeu de ce calibre…
– Lolive, notre traducteur anglais simultané préféré 😉
– Vincent, grand amateur de Müll + Money, qui trouve ici une alternative originale à ce jeu,
– Jérôme, qui apprécie particulièrement les jeux de gestion et qui est donc bien tenté par celui-ci,
– Ludo le gars, votre serviteur.

Déroulement de la partie
De tous les jeux que j’ai apportés pour la thématique d’aujourd’hui, sur les Vies urbaines et vies rurales, il y en avait un seul que je voulais absolument essayer, malgré ma lecture des règles anglaises en diagonale. C’était, bien entendu, ce méconnu et très attirant Dicke Kartoffeln…
Comme Lolive avait l’air de ne pas dire non à une lecture des règles, il s’y colle pendant notre partie de Medina (c’est pourquoi il a perdu à ce jeu 😉 et est tout à fait en mesure de nous expliquer les mécanismes dans la foulée. Génial !!!
Une remarque : Lolive estime que le jeu devrait être assez court, genre une petite heure… Je l’invite à rester mesuré sur le sujet, surtout que la boîte indique une durée de 120  minutes, ce qui se révélera un strict minimum 😉

Chacun d’entre nous prépare sa mise en place initiale, avec son exploitation, ses 3 vers de terre initiaux par champ, son tournesol sur chaque et son capital de 800 marks. La fiche de gestion individuelle
nous semble bien obscure, tout comme le système d’évaluation
du cours de chaque variété de pommes de terre, que ce
soit en bio ou en normal. Nous attaquons néanmoins un premier
tour de jeu.

Nous ne jouons pas la première année comme nous aurions
dû le faire, commettant de multiples erreurs (règles et/ou
choix de jeu), ruinant d’un seul coup l’intérêt de la suite
de la partie : nous avons joué visible le choix des champs à
cultiver et des variétés de pommes de terre plantées,
nous avons retiré tous les vers de terre de certains champs,
empêchant leur reproduction, …
D’un commun accord, nous terminons cette première année,
puis nous recommençons une partie du départ, afin de profiter
pleinement de ce jeu très prometteur.


Mon exploitation est constitué de 4 champs cultivés sans
engrais, avec les 3 variétés de pommes de terre : Amalie,
Biola et Chris. Mon cinquième champ, en jachère, ayant été
cutlivé avec de l’engrais au tour précédent, il est
pointé d’une tête de mort, symbolisant la pollution…

En fin de première année, chacun
fait ses comptes et on s’aperçoit vite qu’il n’est pas du tout
payant de faire comme les autres (le cours baisse). Mais il est difficile
de faire différemment d’eux, puisque l’on est tous tenté
de planter les pommes de terre les moins chères à l’achat
et les plus lucratives à la vente…
Va comprendre comment faire…


La fameuse bourse de la pomme de terre : les cubes jaunes indiquent
l’offre et la demande des pommes de terre normales, alors que les cubes
bleus concernent les pommes de terre biologiques…

Il n’est pas facile de se décider à
produire des pommes de terre avec des engrais, car, ce faisant, on ruine
complètement son champ, mais, sans le faire, on n’engrange pas
beaucoup d’argent… J’apprends à mes dépens cet état
de fait et je tente de compenser en plaçant le maximum de vers
issus de mon compost dans mes champs. Cela semble fonctionner assez bien
pour la dernière année du jeu (la quatrième), celle
où j’accumule le plus d’argent.

Comme le jeu n’est pas du tout facile à
suivre, nous commettons quelques erreurs, par moments : il n’est pas certain
que j’ai retiré à chaque fois un ver dans chaque champ cultivé,
tout comme Jérôme n’en aurait pas placé dans ses champs
non cultivés lors de la phase de reproduction des vers. Vincent,
lui, aurait reproduit des vers dans des champs désertés
par leurs congénères. Plusieurs d’entre nous n’ont peut-être
pas toujours payé les montants corrects. Bref, nous ne sommes ni
tout blancs, ni tout noirs, mais il es t vraiment difficile de penser
à tout, tout le temps…


La grande partie approche de son terme et chacun mesure vraiment combien
ce jeu est énorme…


Fin de partie : en haut à droite, le plateau de Lolive, à
droite celui de Vincent, en bas celui de Jérôme.


Aucun d’entre nous ne semble très à l’aise : c’est bien
normal lorsque l’on a eu le loisir (quel loisir..) de découvrir
ce jeu…

Lorsque nous recommençons la partie,
le jeu est tout de suite moins abscons, même si l’on se doit de
rester extrêmement concentré, notamment lors des phases de
calculs des cours et des encaissements. Bien difficile de dire comment
investir… Si l’on entame trop de champs à la fois, on produit
beaucoup de pommes de terre, ce qui occasionnera une baisse du cours (si
l’on vend tout), si l’on entame trop peu de champs, on a l’impression
de perdre du temps et de l’argent, si l’on met des engrais, on a l’impression
de rentrer dans un cycle infernal où l’on devra continuer dans
cette voie, si l’on envisage de faire du bio, on sait que les bénéfices
sont loin d’être immédiats, …
Bref, on se pose mille questions, à tout instant, et on est obligé
de calculer à n’en plus pouvoir.


La table est bien encombrée, c’est très clair…

Lolive, Sophie et Vincent se consacrent surtout
à l’agriculture intensive, alors que Jérôme et moi
tentont de faire plutôt du biologique. Jérôme va même
plus loin dans cette logique, en opérant une rotation de ses champs
mais avec toujours les 3 variétés de pommes de terre. Est-ce
que sa technique sera payante ? Je suis sceptique, même en cours
de jeu, car il ne peut pas spéculer à bon escient, se contentant
de produire un strict minimum à chaque fois.
De mon côté, je mise également sur le compost pour
faire fructifier mes vers de terre et, par suite, améliorer le
rendement de chacun de mes champs cultivés.


Mon exploitation possède 3 champs biologiques et deux tas de
compost prometteurs. Il ne me reste plus qu’à améliorer
au moins l’un des 2 autres champs…

Au feeling, il est vraisemblable que Lolive
et Vincent sont assez bien placés économiquement, alors
que Jérôme et moi sommes beaucoup mieux écologiquement.
Mais ce n’est pas très facile à estimer, car le système
de score est le plus alambiqué qu’il m’aie été donné
de tester. Vous verrez cela plus bas, dans la zone prévue à
cet effet 😉


Fin de partie : en haut le plateau de Sophie, en bas le mien.

Quel que soit le nom du vainqueur, nous avons
tous un sévère mal de crâne, couplé à
une grande impression : du grand, du beau, du bon jeu !
Etonnant ces Doris & Frank…

Décompte final
Lolive remporte cette partie avec un total de 9 points (6
pour le score économique et 3 pour le score écologique), devant
Ludo le gars avec 7 points (3+4), Vincent avec 6 points (4+2), Jérôme
avec 2 points (1+1) et Sophie avec le même score (2+0).
Le détail, type de score par type de score, est le suivant :

Score économique
Argent
Bons champs
(40 fois leur nombre)
Nombre total de vers
(50 fois leur nombre)
Total
Rang
Points
Sophie
2540
0
500
3040
4
2
Lolive
3000
120
1250
4370
1
6
Vincent
3060
80
900
4040
2
4
Jérôme
1400
40
500
1940
5
1
Ludo le gars
2180
160
1300
3640
3
3
Score écologique
Vers dans les champs
(3 fois leur nombre)
Vers dans le compost
(2 fois leur nombre)
Tournesols
(2 fois leur nombre)
Bons champs
(5 fois leur nombre)
Mauvais champs
(10 fois leur nombre)
Total
Rang
Points
Sophie
30
0
2
0
– 10
22
5
0
Lolive
75
0
16
15
0
106
2
3
Vincent
42
8
18
10
0
78
3
2
Jérôme
30
0
26
5
0
61
4
1
Ludo le gars
57
14
22
20
0
113
1
4

Notons qu’il est conseillé de soustraire
55 du score écologique (valeur initiale de l’exploitation), afin de mieux
visualiser la réussite écologique du travail. Si le score résultant
est négatif, aucun point écologique n’est marqué par le
joueur concerné (cas de Sophie).

Débriefing
Ca, c’est de la partie ! On ferait pas exploitant agricole tous les jours, mais
c’était une expérience inoubliable !!! Un jeu saisissant et incroyablement
en avance sur son temps (il est sorti il y a 15 ans…).
Il est clair que les scores ne reflètent que peu la phsysionomie de la
partie, surtout en ce qui concerne Jérôme, qui se retrouve avant-dernier
sur l’écologie alors qu’il a joué dessus toute la partie (erreur
quasi-certaine sur sa gestion de vers de terre, couplée à une
sous-exploitation de son compost). Sophie n’a jamais vu le bout du tunnel, jouant
de manière quasi-aléatoire tous les tours, mais ceci est bien
normal au fond : jeu tout en allemand ou anglais (au choix 😉 et d’une complexité
calculatoire assez déconcertante.

Au niveau de l’appréciation du jeu, Vincent a aimé le mécanisme,
sans pour autant que cela soit pour lui une révélation. La raison
réside peut-être dans le côté trop simulationiste
du système.Sophie, de son côté, n’a vraiment pas aimé,
pour les raisons expliquées ci-dessus. En revanche, Jérôme,
Lolive et moi avons beaucoup accroché à Dicke Kartoffeln. Le jeu
nous a paru démentiellement subtil, faisant la part belle aux choix secrets
(chose assez rare finalement) et aux expérimentations les plus diverses
(nombre de champs à cultiver, gestion du compost, variété
de pommes de terre à planter, vendre tout ou partie de sa production,
répartition des ventes en normal et bio, miser sur des variétés
moins demandées donc potentiellemen tmoins prisées par les autres
joueurs, …).
Bref, le jeu nous est apparu d’une très grande profondeur et d’une mécanique
qui tourne à merveille, si l’on accepte de se prendre vraiment la tête.

Avec les 3 aides de jeu en français que j’ai mis
en ligne sur la fiche de critique, il n’y a plus aucune raison de ne pas découvrir
Dicke Fartoffeln… Enfin, si, une : il faudra vous jeter sur l’une des boîtes
si vous la voyez passer. A Essen, par exemple, n’est-ce pas Lolive ;-))))

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