[27/11/2004] Reef Encounter

Participants
– Romain, poisson violet, qui a déjà essayé ce jeu une fois à 3 joueurs,
– Thierry, poisson vert, qui vient à Rochetaillée pour explorer les fonds marins,
– Sophie, poisson jaune, qui ne semble pas très fascinée par les étendues aquatiques,

– Ludo le gars, poisson orange, votre serviteur.

Déroulement de la partie
Voici un jeu magnifiquement illustré que je rêvais de tester lors de cette thématique des Ludophiles, sur les jeux sortis pour Essen cette année, au thème qui me parle vraiment (je suis un grand amateur des fonds marins et des poissons…) et aux mécanismes qui semblent prometteurs si je me base sur ce que j’ai pu lire sur le site Brett’n’ Board, à savoir que ce jeu serait un croisement entre Euphrat & Tigris et Ursuppe….
Romain ayant déjà essayé ce jeu une fois, il nous explique la règle, complexe et longue si je me base sur le livret en anglais fourni avec la boîte et sur le matériel impressionnant qui accompagne les divers plateaux de jeu. Après un temps d’explication assez important, durant lequel nous nous posons beaucoup de questions, nous pouvons attaquer la partie, avec Ludo le gars en premier joueur, qui prend 6 tuiles au hasard dans le sac, contre 7 pour Romain placé à ma gauche, 8 pour Thierry et 9 pour Sophie ! On dirait qu’il ne fait pas bon commencer, mais je me dis que ce déséquilibre doit être savamment dosé et j’entame donc la partie.

Edition du 05/12/04 : suite à la réaction sympathique d’un internaute, il s’avère que nous avons commis l’erreur suivant : il est tout à fait autorisé d’avoir plusieurs crevettes à soi sur un même plateau, à condition de ne pas les placer sur le même corail. Merci 😉


La journée s’annonce belle et ludique, avec une tripotée
de joueurs venus de tous horizons et quelques petits bouts de chou (dont
les miens) prêts à tester Akaba…


Une vue rapprochée de ma première réalisation
dans ce jeu : une zone de 4 tuiles jaunes (dont 1 gratuite en raison du
rocher et d’un placement adjacent de ma part) et la crevette que je vais
déplacer d’un cran à droite afin qu’elle protège
toutes les tuiles posées (orthogonalement)…


Un peu plus tard, la situation sur le premier plateau où je
m’étais implanté a considérablement évolué,
avec l’apparition de corail rose sur lequel Romain a installé une
crevette violette. Heureusement que le corail jaune peut s’étendre
sur le corail violet et non l’inverse…


Romain s’apprête à jouer, dans une partie qui dure longtemps
et qui nous laisse de plus en plus sceptique tout joueur en mesure de
retirer une crevette dans son tour futur est systématiquement attaqué
par les autres et lorsque son tour revient il ne peut plus le faire. Cela
est dû au fait que nous sommes 4 à jouer…


Ayant judicieusement préparé son coup, en bloquant le
lien blanc mange rose, Romain est possède un immense corail blanc
bien difficile à affaiblir…


Bingo ! Sophie a retiré les tuiles blanches en question et j’ai
pu positionner 5 tuiles jaunes en cet endroit. Au prochain tour, alors
que Romain va conclure, je pourrai donc en sauver une (car on en écartera
alors 5)…


La mise en place a eu lieu et je viens de positionner ma première
crevette rouge sur l’un des plateaux au centre. On imagine facilement
le temps nécessaire à une telle installation, mais le jeu
a l’air d’en valoir la chandelle car il semble très riche et subtil
dès le premier tour. C’est bon signe…


Une vue globale de la situation, une fois que chacun des joueurs a
introduit une crevette. Lorsque je vais jouer, dans la foulée,
je vais commencer à mesurer la difficulté de jouer en raison
de la contrainte : une seule crevette par joueur et par plateau alors
que l’on ne peu placer du corail qu’à la condition de pouvoir jouer
un cube de larve de la même couleur…


La partie est à présent véritablement lancée
avec de nombreuses tuiles de corail, de nombreuses crevettes et des liens
de prédation qui alternent de tour en tour, au gré des algues
qui sont placées par les joueurs…


Et voilà la première crevette que Romain va pouvoir retirer
du plateau, ce qui va lui octroyer 2 tuiles oranges dans l’estomac de
son poisson et 4 tuiles qui vot retourner dans le sac de pioche. A partir
de ce moment-là, Romain devient le seul à pouvoir bloquer
un lien de prédation en plaçant une algue dessus…


Il ne reste plus qu’une seule crevette à Romain et nous savons
déjà que le dernier tour est imminent et qu’il a gagné
la partie. C’est à Sophie de jouer et je pense avoir assez bien
préparé ma seconde place avec une crevette rouge sur un
ilôt jaune d’une case mais à côté de laquelle
Sophie va très certainement retirer ses tuiles blanches et où
je pourrai donc construire une grande étendue jaune (voir derrière
et devant mon paravent en bas)…

Cliquez pour agrandir !
La configuration finale du jeu, où seuls Thierry et Sophie possèdent
encore une crevette non retirée…

Décompte final
Durée de la partie : 2 heure et 45 minutes – Mise
en place du jeu : 15 minutes – Explication des règles : 30 minutes
Romain remporte cette partie avec un total de 38 points, devant Ludo le gars
avec 29 points, Sophie avec 25 points et Thierry avec 24 points.
Le détail est le suivant :

Corail Rose
Valeur : 3
Corail Gris
Valeur : 3
Corail Orange
Valeur : 1
Corail Jaune
Valeur : 4
Corail Blanc
Valeur : 4
Total
Romain
4
0
2
3
3
38
Thierry
1
4
1
0
2
24
Sophie
0
1
2
3
2
25
Ludo le gars
1
2
0
2
3
29

Notons que Romain a accumulé
12 tuiles (soit un gain moyen de 3,16 par tuile), Thierry 8 tuiles (gain moyen
: 3), Sophie 8 tuiles (gain moyen : 3,12) et Ludo le gars 8 tuiles (gain moyen
: 3,62).

Débriefing
Il est certain que Reef Encounter est un très bon jeu, mais il ne nous
a pas transcendé comme on aurait aimé l’être. La raison,
certainement, à un chaos marqué à 4 joueurs au niveau des
liens de prédation en constant changement. La raison, aussi probablement,
à une méconnaissance des techniques pour « bien » jouer
à ce jeu. On n’a pas su, par exemple, si 6 tuiles retirerables justifiait
ou non le retrait définitif d’une crevette. On s’en est rendu compte
au bout de 2 heures environ et, à partir de là, on s’est bloqué
mutuellement, jusqu’à ce que Romain bénéficie d’un concours
de circonstance favorable et d’une meilleure perception du jeu de sa part. Ensuite,
le jeu déroule, avec un retrait de crevette quasiment à chaque
tour et une obligation de courir après lui.
En revanche, je crois que personne n’a été convaincu par le système
de score : comment anticiper / miser sur la « bonne » couleur de tuile
? Franchement, on joue en fonction de ce que l’on peut et on tente d’optimiser
le prochain tour en fonction des liens de prédation actuel, mais de là
à envisager que telle ou telle couleur sera plus prédatrice au
final qu’une autre, franchement… J’ai eu l’impression d’une certaine loterie
à ce moment-là, même si les blocages successifs des liens
de prédation dessinent progressivement le visage des gains finaux.
En ce qui me concerne, j’ai beaucoup plus apprécié le dernier
tiers du jeu, c’est à dire le moment où l’on court après
un joueur et où on peut bloquer des liens, que le reste de la partie.
Les 2 premiers tiers de la partie semble avoir peu d’influence sur la suite
et pourtant on cogite ! Vraiment…

Au final, je suis certain que Reef Encounter est un vrai grand jeu, mais je
pense qu’il est bien meilleur à 3 joueurs (voire à 2 ?) qu’à
4, car il se révélera nettement moins sujet aux variations d’un
tour au suivant. A revoir, donc.

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