[29/08/2009] Vertigo

Lorsque des amis ludophiles se pointent à la maison, souvent on pense en profiter pour découvrir une nouveauté, un de ces jeux qui nous fait de l’oeil depuis quelques jours… D’autres fois, on aspire à se relancer dans un de nos bons vieux classiques, un de ces jeux qui garantissent quasi-automatiquement de passer un bon moment… Enfin, à l’occasion, la venue d’amis ludophiles invite à essayer un vieux jeu, non encore essayé, mais dont le thème ou les mécanismes interpellent justement ceux qui s’apprêtent à jouer…
Avec la venue de Franck, ce soir, on est clairement dans le troisième cas, et je ne m’y attendais absolument pas, moi qui escomptais bien jouer à Steam, la nouvelle mouture d’Age of Steam, revisitée par le prince de Manchester. A l’arrivée, extrêmement titillé à l’idée qu’il existât un jeu basé sur la pollution à l’échelle planétaire, avec des décisions à prendre au niveau international, avec le risque que la planète ne s’en sorte pas, Franck souhaite ardemment que nous nous lancions dans une partie de découverte du mythique Vertigo, sorti chez Eurogames en 1990 (19 ans déjà !).
Nous nous attaquons donc à la lecture de la règle (un modèle du genre : 4 pages de condensé explicitant tous les points de règles alors que le jeu n’est pas simple !) et nous nous y reprenons à deux fois pour notre partie : après 2 tours, nous interrompons la première, partie de travers, et nous repartons de zéro, avec le placement de nos pions de population et nos premiers universitaires…

VERTIGO :

 


Thème alléchant, règle ultra-concise, mécanismes attractifs : tout concorde pour que la partie se déroule avec le plus grand plaisir, même si l’on s’accorde, dès l’entame, à
s’inquiéter de la configuration 2 joueurs…

La mise en place consiste à positionner des pions de population (marron) et des universitaires (verts pour moi, jaune pour Franck) sur l’une ou l’autre de ses 3 régions, pour un
total maximal de 40 000 $ (trésor au centre)…

Finalement, alors que je viens de procéder à ma mise en place, Franck réalise exactement la même dans la foulée ! Il faut dire qu’avec les universitaires placés au centre des
régions, on a plus de latitude et d’effets de surprise que de les mettre directement sur des usines…

En fin de premier vrai tour de jeu, ma situation n’est guère favorable, avec 6 secteurs de pollution en tout et une seule usine en fonctionnement, polluante qui plus est (la noire à
droite)…

La situation de Franck, après le premier tour est légèrement plus favorable avec seulement 3 secteurs de pollution (mais lui aussi une seule usine, polluante aussi d’ailleurs,
voyons Mr Franck ;-)…

Le plateau central représente la situation des diplomates de chacun envoyés à l’ONU. Ils décident à la majorité du vote de nouvelles lois, mais comme nous en avons deux chacun, rien
ne passe pour le moment. A noter, autour, la situation globale de la panète, avec son niveau de pollution oscillant de 0% à 100%..

La situation de Franck devient très délicate dans sa région centrale, puisque tout ajout de nouveau secteur de pollution détruira, soit une usine, soit un pion de population…

Pire que tout pour Franck : c’est moi qui, au dé, obtient le droit de propager ma pollution chez lui ! Et je ne m’en prive pas, détruisant ainsi sa fameuse usine (la dernière de son
pays d’ailleurs)…

La vue générale en fin de 3ème tour de jeu (sur au moins 10, sauf si l’un de nous est asphyxié avant). On notera que j’ai laissé Franck prendre l’avantage à l’ONU (6 contre 4
diplomates), ce qui scellera le sort de cette partie, puisque je commets l’erreur, dans le même temps, de rester polluant : il va m’allumer la tête avec ses lois…

Bon, certes de convertis une de mes usines en usine propre, mais l’autre est purement et simplement détruite et je me retrouve en situation périlleuse avec des secteurs de pollution
nombreux et ne pouvant jamais compter sur un passage de loi qui me soit favorable (en plus, Franck gagne 10 000 $ à chaque fois qu’il fait passer une loi !)…

Le 5ème tour rend ma situation de plus en plus désespérée, surtout que Franck a fait passer pas moins de 3 lois successives et qu’il s’est enrichi à défaut d’avoir pour le moment
construit les usines, synonymes de points de victoire…

Franck cogite, ou fait mine de le faire, en tout cas il mène la partie et ni lui ni moi ne voyons comment il pourrait en être autrmeent tant sa progression semble inéluctable et mes
possibilités de retour minimes…

Fin de  6ème tour et je tente de réduire mes secteurs pollués (à raison de 10 000 $ par secteur, n’ayant jamais pu construire une usine de dépollution)…


Fin de 8ème tour et je survis plutôt que je vis, tentant de tenir la barre coûte que coûte, prenant des risques de fou avec mes usines polluantes (3 quand même !) et espérant le
salut des dés (voire le nuage avec la flèche envoyant la pollution chez mon adversaire)…

La pollution diminue, mais c’est somme toute critique quand même…


Combien de temps vais-je encore tenir, malgré des rentrées d’argent substantielles ?

On est à présent dans le tour 11 (jet de dé = soleil = on continue) et Franck, qui sait qu’il a gagné, en a marre, mais comme je fais de la résistance, il consent à
poursuivre, parce que, pour l’instant, c’est match nul…


Je me marre : je détruis une usine propre à Franck grace à une nouveau jet de dé miraculeux et il couine. Disons-le. Comme la partie dure, dure et dure encore, et même s’il a
forcément gagné, on entre dans une phase de jeu surréaliste avec un Ludo fantasque et un Franck dépité ! Le monde à l’envers quoi …

Là, ça sent le roussi : un jet de dé malheureux ruine mon avant-dernière usine et mes avants-derniers espoirs. Vais-je aller jsuqu’à perdre par asphyxie de mon pays ?


Le dé indique le nuage et je perds simplement la partie, évitant l’asphyxie ! Bingo ! Trop fort le gars…

La vue finale de cette partie, franchement mi-figue mi-raisin, et qui aura plus valu par mes excès que par ses mécanismes et ses possibilités, quasi-inexistantes à deux joueurs, de
renversement de situation…
Bilan synthétique :

On a aimé
– Le thème du jeu et la lecture prometteuse de la règle,
– Le système d’affectation de pions de population aux usines,
– Les stratégies développables : usines propres ou polluantes, diplomates, …
– Le système de pollution globalisée à l’échelle de la planète et qui ne peut pas être abaissée localement en-dessous du taux global.

On a moins aimé
– L’impossible remontée à deux joueurs et un côté franchement linéaire et/ou déterministe,
– La place du hasard avec un dé qui influe considérablement sur le jeu,
– Le look général du matériel, en vrai bois d’arbre (mais c’est faux : tout en plastoc’ !).

Scores de la partie :

Franck (jaune) : 6 usines
Ludo le gars (vert) : 2 usines

Note du jeu (sur cette partie) : 12 / 20


Durée de la partie : 2 heures 30 minutes

 

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2 commentaires à propos de “[29/08/2009] Vertigo”

  1. En lisant ce compte rendu, j’ai eu envie de réouvrir mon propre Vertigo…

    Le remier constat que je fais : est que nous n’avons pas une version identique, car dans le miens, tout est en bois, hormis ce qui est en papier ou en carton.

    Un autre, rien qu’en reprenant l’article décoiper dans un vieux Cassus Belli, c’est que ce n’est clairement pas un jeu fait pour être jouer à 2. Selon moi, le minima est 3.

    Au vue de cet article traitant de 6 ouvertures possibles (allant de la plus polluante à la plus propres), les choix tactiques sont vastes, mais comme à beaucoup de jeux, ceux-ci ne sont pas très
    clair lors d’une première partie. Il faut une certaine reflexion pour trouver un équilibre nous permettant d’optimiser le jeu à notre manière de jouer et ainsi garder un certain contrôle sur le jeu
    et non plus être soumis à la mécanique de celui-ci.

    Je vais prendre le temps de retranscrire l’article présentant les ouvertures et le mettre en ligne prochainement.

    Bon jeu à toutes et tous, et chocolat suisse.

  2. En lisant ce compte rendu, j’ai eu envie de réouvrir mon propre Vertigo…

    Le remier constat que je fais : est que nous n’avons pas une version identique, car dans le miens, tout est en bois, hormis ce qui est en papier ou en carton.

    Un autre, rien qu’en reprenant l’article décoiper dans un vieux Cassus Belli, c’est que ce n’est clairement pas un jeu fait pour être jouer à 2. Selon moi, le minima est 3.

    Au vue de cet article traitant de 6 ouvertures possibles (allant de la plus polluante à la plus propres), les choix tactiques sont vastes, mais comme à beaucoup de jeux, ceux-ci ne sont pas très
    clair lors d’une première partie. Il faut une certaine reflexion pour trouver un équilibre nous permettant d’optimiser le jeu à notre manière de jouer et ainsi garder un certain contrôle sur le jeu
    et non plus être soumis à la mécanique de celui-ci.

    Je vais prendre le temps de retranscrire l’article présentant les ouvertures et le mettre en ligne prochainement.

    Bon jeu à toutes et tous, et chocolat suisse.

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