Amun Re

Type de jeu Gestion
Placement
Mise cachée
Combinaison
Auteur Reiner Knizia
Editeur (année) Hans Im Glück (2003)
Nombre de joueurs 3 – 5
Durée de partie De 1 à 2 heures
Hasard
Mobilisation de réflexion
Reflet du thème
Qualité des mécanismes
Les + – Un esthétisme
très plaisant,
– Les multiples tactiques de jeu,
– Le fait de laisser les blocs de pierre en place entre les 2 périodes,
– Les tarifs de plus en plus élevés si plusieurs éléments
du même type sont achetés en même temps,
– L’ambiance sérieuse autour de la table,
– L’ambivalence de la séance de sacrifices,
– La carte – 3 dans les offrandes.
Les – – La part de hasard dans
la pioche des cartes,
– Le manque d’équilibre à moins de 5 joueurs,
– La multiplicité non comparable des possibilités d’acquisition
des points de victoire,
– Le faible nombre de tours de jeu (6 !).
Configuration idéale 5 sans hésitation (pout que l’ensemble des provinces soit vendu)
Note subjective 16 / 20
Nombre de parties effectuées De 1 à 5
Illustrations Dessus de la boîte
(41 Ko)
Aides de jeu

Critique générale
Amun Re est le jeu de Reiner Knizia attendu
depuis bientôt 6 ans par les fanatiques de Euphrat
& Tigris
! C’est peu dire que sa sortie fut guettée par tous
les amateurs du genre et les boîtes se sont d’ores et déjà
arrachées outre-Rhin.
Schmidt Spiele, l’heureux acquéreur d’Hans Im Glück au début
des années 2000, a décidément le chic pour sortir de bons
jeux, après les excellents Medina,
Samurai, Capitol,
Morgenland, Lumberjack,
Müll + Money, Attila,
… de 2002, pour n’en citer que quelques uns ! Excusez du peu…

Alors, cet Amun Re, est-il
à la hauteur des espoirs mis en lui, et Reiner Knizia est-il toujours
aussi bon pour créer des jeux fins et bien dosés, où l’on
n’a jamais assez de coups pour réaliser ce que l’on souhaiterait faire
? A vrai dire, le jeu est costaud. Costaud, pour de multiples raisons, dont
la première qui me vient à l’esprit est la multiplicité
des moyens pour gagner des points de victoire. Le jeu est également costaud
au niveau de la lisibilité du plateau et de la gestion de l’anticipation
d’un tour à l’autre. Il s’avère très difficile à
maîtriser sur deux autres points : le montant à verser pour les
offrandes à Amun-Re et l’acquisition de cartes d’objectifs.
Mais laissez moi vous conter le jeu en quelques lignes…

Tout d’abord, il faut savoir
que chaque joueur essaie d’optimiser la gestion de provinces qu’il va acquérir
aux enchères (similaires à Evo
avec, en plus, l’impossibilité de revenir sur la même table de
mise), en y plaçant des paysans (source de revenus lucratifs si Amun-Re
rend les récoltes abondantes) et des blocs de pierre dans l’idée
de construire des pyramides par la suite (3 blocs = 1 pyramide). Le joueur peut
acquérir, en outre, des cartes spéciales qui seront de deux types
essentiels : action particulière (autorisation de revenir dans une enchère,
placement d’un paysan supplémentaire, …) ou objectifs de fin de période
(configurations à atteindre pour remporter des points de victoire supplémentaires).
Ensuite, Amun-Re doit être honoré à chaque tour par une
offrande monétaire (mise cachée) et il récompensera les
3 mises les plus élevées (cartes, paysans, blocs). Le total des
mises fixe également le montant de revenus liés aux paysans (abondance
des récoltes). Cette phase de jeu est particulièrement intéressante
à jouer car il faut juger du montant à placer en fonction de ses
intérêts propres : beaucoup d’argent pour gagner des éléments
et augmenter le revenu lié aux paysans, ou peu d’argent pour économiser
ses capitaux ou réduire le revenu des autres joueurs, ou encore une mise
de -3 symbolisant que le joueur dérobe des offrandes faites au Dieu…
Enfin, chaque joueur récupère les revenus liés aux paysans
et un nouveau tour peut commencer, à moins que l’on soit à la
fin du troisième ou du sixième tour auquel cas on procède
à un décompte de points de victoire. Et c’est là que le
jeu risque de déplaire à certains car il faut avoir misé
sur les bons vecteurs de gains :
– Nombre de pyramides,
– Construction homogène de pyramides entre ses provinces,
– Plus grande construction dans une province,
– Provinces avec temples,
– Bonus liés aux cartes objectifs (configurations du type : toutes les
provinces du joueur sur les berges du Nil, ou du même côté,
ou du même empire, ou avec beaucoup de paysans, ou autorisant l’achat
de beaucoup de cartes),
– Plus forts capitaux (en fin de partie).
Ouf ! Effectivement, cela fait beaucoup de paramètres à gérer
en même temps, surtout que plusieurs s’opposent ou, tout du moins, ne
sont pas liés…

Au final, le jeu est très
riche et sa grande force est d’autoriser de multiples manières de jouer.
On se délecte à tenter d’acquérir des provinces que d’autres
convoitent, on achète beaucoup de cartes dans l’espoir d’avoir beaucoup
d’objectifs secrets pour anticiper les décomptes, on essaie de deviner
combien vont miser les autres joueurs lors des sacrifices à Amun-Re histoire
de ne pas sous ou sur-évaluer sa propre offrande… Bref, on ne s’ennuie
jamais.
Le seul défaut du jeu, corrigeable certainement, même si personnellement
je n’ai pas envie de retoucher un jeu de Knizia, réside dans la pioche
unique des cartes spéciales. Il pourrait être judicieux de séparer
les cartes en 2 paquets : l’un pour les cartes d’actions et l’autre pour les
cartes d’objectifs, avec des critères de pioche à définir.
Ainsi, chacun contrôlerait mieux son jeu en fonction de ce qu’il souhaite
faire. A tester.
Quoi qu’il en soit, Amun-Re est un jeu très intéressant et j’avoue
avoir un petit faible pour lui, même s’il n’atteint pas le niveau d’un
E&T malheureusement… Une grande satisfaction tout de même !

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