Black Monday

Type de jeu Prise de risque
Gestion
Auteur Sid Sackson
Editeur (année) Hexagames (1989)
Nombre de joueurs 2 – 6
Durée de partie De 45 minutes à 1 heure 30 minutes
Hasard
Mobilisation de réflexion
Reflet du thème
Qualité des mécanismes
Les + – L’esthétisme
austère du jeu : un régal,
– Le rendu du thème avec des mécanismes épurés
au maximum,
– La possibilité de conduire un type d’action en banqueroute,
– Les fluctuations maximales autorisées qui diffèrent selon
le type d’action.
Les – – La sensation d’être
beaucoup contraint par sa main de cartes (on voudrait faire mais on ne
peut pas toujours).
Configuration idéale ? pour l’instant
Note subjective 15 / 20
Nombre de parties effectuées Entre 1 et 5
Illustrations Dessus
de la boîte (62 Ko)
Aides de jeu Les documents indispensables en français !

Critique générale
Ce jeu de Sid Sackson, sorti chez Hexagames à la
fin des années 80, simule les aléas boursiers et notamment le
spectaculaire effondrement du 19 octobre 1987. Proposer un jeu de bourse, réaliste,
avec des mécanismes simples et engageants, voilà la gageure qu’a
réalisée Sid Sackson, un auteur qui nous aura continuellement
surpris par sa créativité et sa finesse d’esprit.

Dans Black Monday, les joueurs sont des investisseurs
qui essaient de réaliser les profits les plus juteux en achetant au plus
bas cours les actions qu’ils espèrent voir monter, pour les revendre
au plus haut. Histoire de rester simple, le jeu ne propose que 4 types d’action
(4 couleurs) et se limite à un système d’achat et de vente combiné
à une possibilité offerte à chaque joueur de faire varier
les taux en fonction de bornes maximales de fluctuation. Ainsi, par exemple,
un joueur peut décider d’acheter 5 actions bleues à 300 $ l’action
(total de l’investissement : 1500 $), puis de faire monter le taux de l’action
bleue à 600 $ l’action (borne maximale de hausse des actions bleues :
400 $). Il ne pourra revendre ses actions bleues que lors de son prochain tour,
en espérant que le taux en question ne s’effondrera pas. Les autres joueurs
vont procéder de même et chacun se constitue progressivement un
porte-feuille d’actions plus ou moins lucratif et risqué. Risqué
? Oui, puisque deux situations peuvent survenir :
– Si vous êtes seul sur un type d’action et que vous en avez acheté
beaucoup, les autres joueurs vont certainement tout faire pour mener ce type
d’action à la banqueroute (en amenant le taux à 0). A ce moment-là,
toutes les actions de la couleur en question sont défaussées.
Il se produit, en général, la même tendance si une grosse
majorité des joueurs ont investi sur la même couleur (les adversaires
se feront un plaisir de faire chûter les cours de manière vertigineuse).
– Le risque existe aussi en fonction du type d’action sur lequel les joueurs
investissent (de manière fixe). En effet, les actions d’assurances et
banques (rouges) ne varient que lentement (bornes de fluctuations petites) alors
que les actions dans les technologies de pointe (jaunes) peuvent varier du tout
au tout (de -500 $ à +600 $), ce qui simule assez bien l’engouement et
la défection aussi rapide sur ce type d’investissements.

Le système utilisé pour réaliser
des affaires et faire varier les taux est simplissime : la gestion d’une main
de 8 cartes. Ainsi, on ne peut investir que sur les actions que l’on a en main
et faire varier les taux uniquement à l’aide de ces mêmes cartes.
Cette facette élémentaire apporte son lot de frustrations si vous
ne disposez pas des cartes adéquates pour modifier telle ou telle chose
durant la partie. En même temps, il vous est permis, si vous ne réalisez
aucune affaire et aucune variation de taux, d’échanger jusqu’à
4 cartes avec la pioche. La main de cartes peut donc « tourner » de
moitié.
Les cartes possèdent des valeurs comprises entre 100 et 1300 $ mais pour
les 3 dernières (1100, 1200 et 1300) elles peuvent être utilisées
pour mener un type d’action en banqueroute (valeur 0). Cet aspect, assez tactique,
génère de bons moments : vaut-il mieux faire encore grimper un
type d’action (en jouant une carte 1200 $) ou ferais-je mieux de conserver ma
carte pour produire une banqueroute plus tard ? Sympathique et finalement pas
si évident que ça…

Le jeu se déroule en 2 manches, la deuxième
commençant lorsque la pile de cartes est épuisée. A ce
moment-là, on insère la (ou les dans mon jeu) carte Market Closed
de manière aléatoire dans la nouvelle pioche. Lorsque cette carte
sera piochée, la partie s’arrête imédiatement et les joueurs
vendent alors leurs actions au cours actuel.
Le vainqueur est le joueur le plus riche en fin de partie.

Très bien ficelé, Black Monday est
un modèle de simplicité et de qualité thématique.
On se croirait en train de spéculer sur telle ou telle action et de prendre
des risques en misant un gros capital sur un type d’action, certes un peu cher,
mais dont on pense le plus grand bien, ou sur un type d’action au cours très
bas, proche de la banqueroute, mais que l’on va s’efforcer de faire remonter.
Excellent jeu, Black Monday souffre cependant (et c’est ce qui le prive d’une
note qui crèverait les plafonds) d’une imperfection liée aux contraintes
de la main de cartes. Souvent, vous ne pouvez pas agir, non pas que vous ne
le souhaitez pas mais parce que les cartes que vous avez en main ne vous permettent
pas de le faire. C’est très frustrant et se trouver bloqué pour
des raisons de ce type n’est pas agréable du tout. Je vous propose donc
une variante (à télécharger en cliquant ici) qui vise à ouvrir les possibilités des joueurs.
Je vais la tester très prochainement et procéderai peut-être
à des ajustements ultérieurs. Je vous tiens au courant.
Mais, même en l’état, sachez que ce jeu est un petit bijou à
dénicher…

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