Dicke Kartoffeln

Type de jeu Gestion
Optimisation
Objectifs secrets
Auteur Doris Matthaus, Frank Nestel
Editeur (année) Abacus Spiele (1990)
Nombre de joueurs 2 – 6
Durée de partie Environ 30 minutes par année (le jeu
en comporte de 4 à 6)
Hasard
Mobilisation de réflexion
Reflet du thème
Qualité des mécanismes
Les + – Le système ultra-réaliste
du jeu,
– La quasi-absence de hasard,
– Le jeu caché (fiche de gestion individuelle),
– Le système demande-cours de la pomme de terre extrêmement
intéractif,
– La complexité du jeu,
– Les 2 types de gagnants : économique et écologique.
Les – – L’enchaînement
un peu lourd des phases,
– La complexité calculatoire du jeu,
– Après des calculs phénoménaux, les scores sont
trop simplifiés (frustrant).
Configuration idéale Certainement le maximum (à valider).
Note subjective 17 / 20 (première
impression)
Nombre de parties effectuées Entre 1 et 5
Illustrations Dessus de
la boîte (53 Ko)
Aides de jeu Les fichiers (en VF)

Critique générale
Dicke Kartoffeln est l’une des très (trop ?) nombreuses
curiosités que le monde ludique réserve pour ceux qui creusent
un peu plus loin que les jeux les plus universels ou les nouveautés du
moment. Sorti en fin des années 80, ce jeu est le premier édité
de deux auteurs bien connus aujourd’hui, voire incontournables : Doris &
Frank ! Et bien oui, les fameux parents de Ursuppe, Urland ou encore Zoff im Zoo ! Alors, ils ont vraiment fait un gros jeu de gestion il y a 15 ans
? Vite, vite, je vais tout vous dire…

Dicke Kartoffeln est un
jeu de simulation agricole, dans lequel les joueurs incarnent des exploitants
qui essaient de rentabiliser au mieux leurs fermes, sachant qu’ils sont tous
des producteurs de pommes de terre, mais qu’il est possible de se spécialiser
dans l’une ou l’autre des 3 variétés, tout en choisissant sa méthode
de culture : plutôt écologique ou plutôt à outrance.
Chacun dispose d’un plateau individuel, représentant son exploitation,
constituée de 5 champs cultivables et d’une zone réservé
à la constitution de 2 tas de compost. Un capital de départ est
alloué à chaque fermier, lui permettant d’investir comme bon lui
semble pour mener à bien son travail.
La partie se déroule sur une période allant de 4 à 6 années,
chacun étant fractionnée en un certain nombre de phases :
– Placement de vers de terre issus dans un tas de compost,
– Mise en culture de certains champs et de la variété de pommes
de terre sur chaque (choix réalisé secrètement),
– Utilisation ou non d’engrais (choix réalisé secrètement),
– Ré-évaluation de la qualité du sol (symbolisé
par des tournesols, une accumulation permettant de cultiver des produits biologiques),
– Calcul des productions obtenues par chacun et répartition des ventes
entre normale et biologique (choix réalisé secrètement),
– Détermination du nouveau cours de vente et paiement à chaque
joueur,
– Ré-évaluation de la qualité du sol (appauvrissement pour
les sols cultivés et ceux ayant subi l’agression des engrais),
– Utilisation des vers de terre issus du tas de compost le plus ancien (vente
ou intégration à des champs),
– Transit des vers du tas de compost n°1 vers le n°2 avec doublement
des effectifs.
– Remboursement des éventuels emprunts ou des intérêts de
ceux-ci.

On le devine à l’énumération
des phases ci-dessus : le jeu n’est pas du tout un jeu léger. Il est
même particulièrement prise de tête, voire même un
tantinet fatiguant. Mais, il est surtout d’une richesse rarement égalée,
avec un système de jeu très réaliste et des possibilités
qui semblent assez puissantes.
En effet, si vous mettez le paquet au niveau engrais et insecticides, vous engrangerez
certainement beaucoup d’argent, mais vous serez alors dans un cycle sans fin
: toujours plus polluer pour produire plus. Vous marquerez, n’en doutons pas,
beaucoup de points en fin de partie (score économique).
D’un autre côté, si vous jouez plutôt écologique,
vous ne pourrez pas facilement changer de tactique, car un champ écologique
est très long à créer (3 tournesols dessus). Vos revenus
seront moindres, mais vous aurez des champs propres, qui vous apporteront des
points en fin de partie (score écologique).
Puisque le vainqueur réel de la partie devra être bien classé
dans les deux types de scores, il conviendra de bien doser comment faire évoluer
la globalité de son exploitation et peut-être répartir ses
techniques selon les champs et en fonction de la manière de jouer des
autres participants…

Pour un jeu des années 80, Dicke Kartoffeln
passe pour un véritable OVNI, avec une mécanique globale très
en avance sur son époque. On reconnaît la patte des Doris &
Frank, mais on se demande pourquoi ce jeu a pu être « oublié »
de la sorte parmi leurs productions.
Sans plaisanter, tout amateur de jeux de gestion se doit d’essayer cette perle
ludique, difficile à appréhender certes, mais ô combien
satisfaisante pour celui qui apprécie ce type de jeu. A côté,
Müll+Money est vraiment un
jeu léger et basique… Si, si…

Une grosse remarque : comme le jeu n’existe qu’en
version allemande, bilingue anglaise, je vous ai concocté des aides de
jeux pour pouvoir jouer tout en français :
– La bourse des pommes de terre (en VF) : système de demandes/cours très réaliste,
– La fiche individuelle de gestion agricole (en VF) : modification de la fiche originelle (ajout des choix sur le compost et du calcul du score),
– Le résumé d’une année de jeu (en VF) : modification du résumé originel pour plus de clarté (permet d’éviter un recours à la règle de jeu).

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