Le Jeu d’Albert

Type de jeu Combinaison
« Débarras » de cartes
Auteur Albert Raguenes
Editeur (année) Kerlud (2003)
Nombre de joueurs 3 – 5
Durée de partie Environ 20 minutes par manche
Hasard
Mobilisation de réflexion
Reflet du thème Inapproprié
Qualité des mécanismes
Les + – La fluidité évidente
du jeu,
– Le côté tactique du moment pour poser tel ou tel nombre,
– La quantité limitée de bases,
– La possibilité de vider 2 bases à la fois avec le système
de recollage,
– L’élimination de bases en jouant des nombres non retirables.
Les – – Le matériel peu
attractif et fonctionnel (support pour les nombres, eux même assez
laids),
– L’importance du positionnement dans le tour qui détermine vos
options.
Configuration idéale 3 ou 4 joueurs pour le contrôle sur le jeu
Note subjective 13 / 20
Nombre de parties effectuées De 1 à 5
Illustrations Dessus de la boîte
(15 Ko)
Aides de jeu

Critique générale
Albert Raguenes, le très sympathique organisateur
du défunt Festival des Jeux de Besançon, est également
un auteur de jeux, que j’ai envie de qualifier « à l’ancienne ».
Ce terme n’est pas péjoratif, il indique simplement qu’Albert est intéressé
par les jeux de chiffres, de lettres, de combinaisons diverses, qui permettent
souvent au plus grand nombre de les pratiquer. En effet, en s’inspirant de jeux
tels que le Scrabble, il est plus évident pour le joueur occasionnel
de se lancer dans des créations analogues. On est en terrain de connaissance
en quelque sorte.
Afin de prolonger cette vision de communication inter-générationnelle,
Albert Raguenes a monté sa propre boîte d’édition (Kerlud)
et il vient de sortir deux de ses réalisations dans une gamme en bois
assez typée, faisant intervenir des fabricants locaux de sa belle région
franc-comtoise.
L’un de ces 2 jeux est tout simplement baptisé « Le Jeu d’Albert »,
alors que l’autre est « Paeva » l’une de ses créations inventées
depuis un certain nombre d’années.

Qu’en est-il, donc, de ce fameux Jeu d’Albert ?
Tout d’abord, signalons que l’auteur s’est inspiré de Lotrium, pour ceux
qui connaissent, soucieux de le diffuser plus largement que ce dernier. Le principe
est très simple : une grille de 80 cases numérotées de
1 à 80 attend de recevoir des suites de 3 chiffres que les joueurs auront
constituées préalablement sur 6 bases de travail. Chaque joueur
possède un chevalet permettant d’accueillir sa « main » de nombres
(20 à 3 ou 4 joueurs, 16 à 5 joueurs).
A son tour, un joueur doit déposer l’un de ses nombres sur l’une des
bases en respectant l’ordre numérique. Ainsi, par exemple, si sur l’une
des bases il y le nombre 13, il peut y ajouter soit le nombre 12, soit le nombre
14. Il peut aussi décider de placer un nombre de son choix sur une base
vide. Puis c’est au tour du joueur suivant de procéder de même.
Bien entendu, au bout d’un certain temps, les bases vont se remplir et l’une
d’entre elles contiendra une suite de 3 nombres. A ce moment-là, le joueur
ayant posé le dernier nombre prend la suite réalisée et
la place sur les cases correspondantes de la grille principale. Il rejoue alors
l’un de ses nombres sur l’une des bases, pouvant ainsi initier la base qu’il
vient de vider. Il peut aussi, s’il est fort 😉 réaliser une ou plusieurs
autres suites d’affilée, lui permettant de rejouer à chaque fois,
et le rapprochant de plus en plus de la victoire. Dès qu’un joueur n’a
plus aucun nombre sur son chevalet,ou que plus personne ne peut jouer, on fait
les comptes, comme suit :
– Celui qui n’a plus aucun nombre marque 10 points + le total des nombres restants
aux autres joueurs,
– Les joueurs marquent, en négatif, autant de points qu’il leur reste
de nombres sur leur chevalet,
– Si le jeu s’est arrêté par impossibilité de poursuivre,
le (ou les) joueur ayant le moins de nombres restants marque autant de points
que le nombre de nombres restants aux autres joueurs, ces derniers marquant,
en négatif, autant de points qu’il leur reste de nombres. Aucun bonus
de 10 points dans ce cas.
Le jeu se déroule en autant de manches qu’il y a de joueurs autour de
la table. Le vainqueur est celui qui a le plus de points à l’issue des
manches jouées.

Le Jeu d’Albert n’est pas un jeu très innovant,
son matériel est assez mal conçu (les nombres ne cessent de tomber
sur les chevalets et cela est fort pénible lorsqu’il est cricial que
vos adversaires ne sachent pas votre main) et il peut rebuter par son apparence
mathématique. Très bien. Mais…
Vous passeriez à côté d’un jeu très sympa si vous
vous arrêtiez à ces quelques défauts, certes importants,
mais qui demeurent mineurs au regard du plaisir ludique que ce jeu procure.
Albert réussit dans l’entreprise qu’il s’était fixé, à
savoir de proposer un jeu inter-générationnel, convivial et simple
d’accès. Aucune prise de tête douloureus, mais un jeu diablement
tactique, avec quelques coups à tenter de temps à temps, et des
erreurs commises dans les premières parties, qui se corrigent par la
suite, lorsqu’on a le sentiment d’avoir progressé. On peut donc jouer
au Jeu d’Albert à plusieurs niveaux, et je pense sincèrement que
son jeu est en parfaite adéquation avec sa cible.
La question que je sens poindre : suis-je dans la cible ? Je dois dire que j’étais
sceptique avant d’essayer le jeu, car je craignais que celui-ci soit hasardeux,
trop peu inventif et peut-être ennuyeux. Le fait de l’avoir mis sur la
table et de l’avoir pratiqué me fait dire que « oui je corresponds
à la cible » et que ce jeu est plaisant. Vous y jouerez avec bonheur
avec vos grands-parents, comme avec vos enfants. C’est pas mal, non ?

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