Liberté

Type de jeu Gestion
Placement
Auteur Martin Wallace
Editeur (année) Warfrog (2001)
Nombre de joueurs 3 – 6
Durée de partie De 1 heure 45 à 2 heures 30
Hasard
Mobilisation de réflexion
Reflet du thème
Qualité des mécanismes
Les + – Qualité du matériel
et des graphismes,
– Force du thème dû surtout aux cartes,
– Système bizarre de constitution du gouvernement,
– Zone de réserve de chaque joueur très difficile à
gérer et cible des attaques des adversaires,
– Multiples conditions de victoire laissant à tous les joueurs
un espoir de gagner.
Les – – Complexité rebutante
au départ,
– Certaine lourdeur dans la résolution des égalités,
– Ré-utilisation des cartes en cas d’épuisement du stock
(perte de réalisme).
Configuration idéale Vraisemblablement 4 ou 5 (contrôle du jeu diffus mais interactions
fortes)
Note subjective 16 / 20
Nombre de parties effectuées Entre 1 et 5
Illustrations Dessus de la boîte
(49 Ko)
Aides de jeu

Critique générale
S’il est un auteur prometteur aujourd’hui, c’est bel et
bien Martin Wallace qui se colle à ce rôle. Ses productions, toujours
extrêmement soignées, nous permettent d’accéder à
des mécanismes subtils et à des thèmes fortement ancrés
dans les jeux proposés.
Liberté, l’une de se dernières créations, ne déroge
pas à cette règle et celui-ci peut même se présenter
en synthèse des caractéristiques de l’auteur :
– Thème extrêmement fort et peu courant,
– Mécanismes déroutants et diablement fins,
– Qualité irréprochable des composants du jeu,
– Richesse tactique et stratégique qui ne se révèle pas
immédiatement et qui nécessite de nombreuses parties pour en explorer
les possibilités et s’en approprier la saveur.

Le thème est celui de la Révolution Française, couvrant
la période de 1789 à 1799, ce qui nous permet de disposer immédiatement
d’une règle du jeu en français (il aurait été scandaleux
qu’il en fut autrement).
Le matériel, de très grande qualité, est constitué
d’un immense plateau plié en 6, d’innombrables pions colorés (carrés
pour les factions et circulaires pour les marqueurs d’influence des joueurs)
et d’un set de cartes représentant soit des personnalités marquantes
de la période (Robespierre, Danton, …), soit des groupes politiques
(Jacobins, Cordeliers, …), soit, enfin, des événements inscrits
dans l’époque (purges, terreur, pénurie, …).
Le jeu ne dure que 4 tours au maximum, découpés en 5 phases, que
les joueurs exécutent à tour de rôle et l’on ne voit pas
le temps passer. Grosso-modo, le jeu s’organise autour de l’utilisation de cartes
pour placer des factions politiques sur le plateau (royalistes, modérés
ou aile gauche) dans des provinces du territoire. La subtilité réside
dans le fait que les joueurs ne représentent pas de bord politique défini,
mais qu’ils doivent tenter de se placer majoritairement dans les factions qui
seront présentes au futur gouvernement, voire dans l’opposition. Le jeu
est bien conçu et tente de coller à l’Histoire, puisque la composition
des cartes évolue en fonction du moment de la partie : majorité
de royalistes au départ et majorité de révolutionnaires
en deuxième partie du jeu. Il en résulte une adaptation de sa
stratégie de jeu selon le moment de la partie.
L’autre moyen pour marquer des points est de remporter des batailles légendaires
(Valmy, …) ou d’être majoritaire dans certaines provinces de la carte.
Ainsi, chacun doit faire preuve d’une grande finesse tactique pour être
à la fois présent au gouvernement et dans l’opposition, tout en
collectant des points grâce à des batailles victorieuses ou des
provinces contrôlées…

Mais ce n’est pas tout… Sachez encore, et surtout, que le jeu ne se terminera
peut-être pas de la manière conventionnelle pré-citée.
En effet, deux cas peuvent se produire qui clôturent la partie de manière
immédiate et où le vainqueur est désigné par un
autre mode de calcul.
– Premier cas : raz de marée de l’aile gauche qui totalise plus de 16
sièges au gouvernement.
– Deuxième cas : contrôle de 7 provinces clés sur 14 par
des royalistes, particulièrement importantes pour leur bord politique.
Dans ces deux cas, le vainqueur est le joueur le plus représenté
dans ce bord politique à ce moment-là. Ni plus, ni moins. Cette
facette du jeu, très novatrice et intéressante, permet à
tout le monde de rester dans la course pour la victoire, même ceux qui
sont très en retard au score. Il faut donc se montrer très vigilant
si vous êtes en tête afin que les extrêmes ne s’affirment
pas trop, ou très imaginatif et discret si vous êtes en retard
afin de préparer de fumants coups d’état…

Au final, Liberté offre un panel de choix très varié,
basés sur une mécanique originale et déroutante. Il est
difficile de maîtriser son développement et d’anticiper la composition
du gouvernement lors des première parties, mais cela doit venir avec
l’expérience.
Un très grand jeu. Novateur et passionnant.

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