Mystère à l’Abbaye

Type de jeu Déduction
Parcours
Auteur Bruno Faidutti, Serge Laget
Editeur (année) Days of Wonder (2003)
Nombre de joueurs 3 – 6
Durée de partie De 1 heure à 2 heure 30 minutes
Hasard
Mobilisation de réflexion
Reflet du thème
Qualité des mécanismes
Les + – L’esthétisme
général du jeu,
– La complexité extrême des déductions à faire,
– la difficulté pour trouver des questions pertinentes.
Les – – Le désarroi pour
noter efficacement les informations qui fusent,
– Le mal de tête à l’issue des parties,
– La durée trop importante du jeu.
Configuration idéale ? pour l’instant
Note subjective 14 / 20 (première
impression)
Nombre de parties effectuées De 1 à 5 parties
Illustrations Dessus de la
boîte (61 Ko)
Aides de jeu

Critique générale
Mystère à l’Abbaye est la réédition
du jeu « Meurtre à l’Abbaye » sorti voici de nombreuses années
et épuisé depuis belle lurette. Le jeu a été remanié
par les auteurs, Serge Laget et Bruno Faidutti, les illustrations ont été
complètement refaites, le plateau a été sensiblement modifié
et l’équipe de Days of Wonder a réussi à sortir un produit
absolument superbe qui devrait toucher un public de joueurs et de non-joueurs
épris de jeux de déduction à la Cluedo.

Disons le tout net : je n’aime guère les
jeux de déduction, qui me font souffrir la tête bien plus que n’importe
quel jeu de stratégie. Et oui, c’est un fait, et je ne m’en porte pas
plus mal. En ce qui concerne Mystère à l’Abbaye, je dois dire
que le thème m’accroche immédiatement, en vrai fan du Nom de la
Rose. Au passage, je tiens à saluer le travail irréprochable des
illustrateurs Julien Delval et Emmanuel Roudier, qui nous livrent des dessins
très réalistes et en même temps qui rappelleront les personnages
mythiques du film, Sean Connery en tête.

Dans ce jeu, les joueurs interprètent donc
des enquêteurs qui sillonnent l’Abbaye pour identifier le coupable du meurtre
de Frère Adelme, retrouvé mort au pied de la falaise. Chacun des
suspects potentiels est un moine résidant dans l’Abbaye et possédant
5 caractéristiques précises, offrant 24 identités différentes
:
– Ordre : hospitalier, franciscain, bénédictin,
– Rang : père, frère, novice,
– Capuche : avec, sans,
– Visage : barbu, glabre,
– Carrure : maigre, gros.
Il ressort donc de ses caractéristiques des profils précis particulièrement
difficiles à consigner sur papier. Lorsque vous enquêtez pour découvrir
l’une des caractéristiques du coupable, vous éprouvez maintes
difficultés à poser la « bonne » question et à
saisir la réponse de manière efficace.
Par exemple, si vous demandez à un joueur : « Combien as-tu de moines
barbus qui ne soient pas des bénédictins ? », comment noter
que le joueur en question en ait 4 ? De même, si l’un de vos adversaires
demande à un autre : « As-tu coché plus de frères maigres
que de pères gros ? », comment allez-vous pouvoir interpréter
une réponse à cette question ?
Heureusement, le jeu ne se limite pas à l’identification précise
du coupable. Il est très important de découvrir, au fur et à
mesure de la partie, les caractéristiques du coupable, sans pour autant
en avoir le nom. Par exemple, vous pouvez deviner que le coupable est « gros »
alors que vous ne savez pas du tout le repérer parmi les 7 ou 8 gros
qu’il vous reste à cerner. Enoncer des révélations rapporte
des points lorsque celles-ci sont exactes et en fait perdre sinon. La fin de
partie attribuera les points en question.

Lorsque l’un des joueurs pense avoir identifier
le coupable, il peut se rendre dans la salle du Chapitre afin d’accuser le moine
en question. Si aucun des joueurs attablés ne le disculpe en montrant
sa carte, le coupable sera donc forcément le moine pointé du doigt
et le joueur victorieux marquera des points de victoire. S’il se trompe, il
en perdra immédiatement car on n’accuse pas impunément, non mais
des fois…
Le cumul des points acquis avec les révélations et l’accusation
désignera le grand vainqueur du jeu (ce n’est donc pas nécessairement
celui qui aura identifié le coupable).

Mystère à l’Abbaye est un très
joli jeu, servi par une présentation idéale (tableau de notes
individuel en couleur sur papier glacé et paravent), qui en fait, à
mon avis, le summum des jeux de déduction. Il se place bien au-dessus
de son grand frère le Cluedo,
même s’il n’en possède pas la relative légèreté.
En effet, l’un des problèmes majeurs de Mystère à l’Abbaye
se situe dans sa qualité première : sa très grande richesse
liée aux 5 caractéristiques des moines génère une
complexité sans nom, une durée de partie qui peut être démesurée
et, surtout, de fortes douleurs dans la tête des enquêteurs-joueurs.
Un magnifique jeu, à réserver aux amateurs de jeux de déduction,
qui y trouveront un chef d’œuvre du genre. Des mécanismes novateurs,
une profondeur de jeu marquée et une présentation soignée.
Bravo Days of Wonder !

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