Terra Turrium

Type de jeu Placement
Construction
Auteur Wolfgang Kramer
Editeur (année) Kosmos ()
Nombre de joueurs 2 – 4
Durée de partie De 45 minutes à 1 heure 15
Hasard
Mobilisation de réflexion
Reflet du thème Innapproprié
Qualité des mécanismes
Les + – Le matériel très
kitsch absolument époustouflant,
– Les conditions de victoire originales (1 mât par niveau de bâtiment
de 1 à 6),
– L’évolution de la configuration du plateau,
– Les possibilités de blocage des adversaires,
– Le côté grand frère du célèbre Torres.
Les – – L’absence de thème,
– L’impossibilité de savoir qui va gagner au bout de 10 tours,
puisque tout le monde le peut,
– Les sacrifices à faire pour empêcher son voisin de l’emporter
(effet de chaîne).
Configuration idéale ? pour l’instant
Note subjective 14 / 20
Nombre de parties effectuées Entre 1 et 5
Illustrations Dessus de la
boîte (17 Ko)
Aides de jeu

Critique générale
Tout le monde ou presque connaît
Torres, l’un des jeux de l’année
allemand les plus controversé de ces dernières années,
même si, en ce qui me concerne, je trouve que ce soit l’un des meilleurs
jamais primé. Et bien, figurez-vous que l’auteur, un certain Wolfgang
Kramer, n’en était pas à son coup d’essai avec son Torres
En effet, une dizaine d’années auparavant, il avait mitonné un
jeu d’empilement de blocs de construction pour le compte de l’éditeur
Franckh-Kosmos. Dans une boîte longiligne, 116 blocs de plastique marron
transparent, très lourds, permettent aux amateurs de jeu de construction
et de blocage de se disputer la suprématie d’un complexe immobilier particulièrement
majestueux. Le nom de ce jeu, méconnu aujourd’hui : Terra Turrium.
Je l’ai acquis à Essen cette année et je ne regrette absolument
pas mon achat, tant le matériel me plaît et la mécanique
du jeu est pure. Je vais tout vous expliquer…

Un plateau carré de taille 10X10 est recouvert
de 116 blocs comme suit : 1 niveau sur les 100 cases, puis empilement d’un second
bloc sur les 16 cases du centre, ce qui positionne bien les 116 blocs sus-cités.
Chaque joueur dispose de 6 mâts colorés qu’il va placer dans le
quart du plateau qui est considéré comme sa zone privilégiée.
Ces mâts s’encastrent à la perfection dans les blocs de plastique.
Puis, chaque joueur, à son tour de jeu, va réaliser la suite d’actions
suivantes :
– Retirer jusqu’à 3 blocs du plateau, en respectant une contrainte :
un seul bloc au maximum issu de l’une des zones des adversaires en utilisant
la règle de la frontière extérieure (seul un bloc situé
sur le pourtour de la zone peut être choisi). Les deux autres blocs doivent
être pris dans la zone personnelle du joueur, sans règle de frontière
extérieure. Bien entendu, aucun bloc avec un mât ne peut être
pris nul part.
– Placer les 3 blocs ainsi retirés sur le plateau où le joueur
le souhaite (aucune restriction sinon l’interdiction de recouvrir un mât
coloré).
– Utiliser 5 points d’action pour déplacer ses propres mâts. Chaque
avancée sur un bloc nécessite 1 point, sachant qu’il n’est possible
de monter ou de descendre que d’un seul niveau. Tout déplacement qui
se termine sur un mât adverse a pour effet de retirer le mât en
question du plateau, à condition que le joueur dispose de suffisament
de points d’action pour ce faire : 2 points en montée, 1 point au même
niveau, 0 point en descente. Ensuite, si ce retrait a lieu dans l’une des zones
adverses, pour le joueur actif, il doit déplacer son marqueur d’attaque
d’une case (il a droit à 5 attaques de ce genre dans toute la partie).
Si ce retrait se produit dans la zone personnelle du joueur, il ne déplace
aucun marqueur (on le considère en défense).
Le plateau va donc subir maintes modifications durant la partie, et, à
un moment donné, l’un des joueurs sera en position de l’emporter : avoir
un mât à sa couleur par niveau (de 1 à 6). La partie se
terminera alors à la fin du tour complet, pour que chacun ait joué
le même nombre de tours.

Terra Turrium est donc un pur jeu abstrait, de placement
et de construction, où il fait bon bloquer ses adversaires tout en négociant
avec les autres afin que ce soit plutôt eux qui s’en chargent… Délectable.
Ce jeu fait immanquablement penser à Torres, dans son système
d’empilement et de déplacement des mâts. Le fait que 5 points d’action
soient disponibles par tour renforce encore la ressemblance. Mais, Terra Turrium
est à la fois plus puissant que Torres (plus grande pureté, aucun
hasard, réelle abstraction) et moins réussi (difficulté
pour prendre le large, moins accessible). En ce qui me concerne, j’avoue être
en même temps séduit et un tantinet déçu par le jeu.
Plusieurs parties, avec les mêmes joueurs, doivent être nécessaires
pour bien appréhender ce jeu et voir si diverses tactiques sont payantes.
En tout cas, c’est un jeu à connaître pour tous les amoureux de
Kramer.

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